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face des ruines de l’ancienne Ninive; la seconde s’étendit sur les bords de l’Euphrate, et sa capitale, l’ancienne Amida les Grecs, prit le nom de Diar-Békir; les deux autres, Diar-Modhar, capitale Racca, et Diar-Rabiah, capitale Nisibe , comprirent l’ancienne Oshroène, et les districts si- ;ués entre l’Euphrate et le Tigre supérieur. La population irabe de ces contrées embrassa l’islamisme; les Taghlibites seuls gardèrent la foi chrétienne, en payant un impôt considérable ; les Benou-lyad, n’ayant pu obtenir du faible Hé- ’aclius un asile en Cappadoce, se firent musulmans, et à la tin de l’année 640 toutes les tribus arabes sans distinction se trouvèrent réunies en un seul corps de nation , sous la domination du même chef.
L'Arménie et l'Asie mineure sont menacées; guerre maritime; siège de Constantinople; fausse politique des empereurs grecs à l'égard des lia rd aï tes.
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À la suite de la réduction de la Mésopotamie, les Arabes attaquèrent l’Arménie, qui semblait ne pas devoir s’opposer à leurs armes * mais dans ce pays de hautes montagnes, ils rencontrèrent une population fière et belliqueuse qui avait toujours gardé une sorte d’indépendance à l’égard de ses puissants voisins. Habitués à se défendre eux-mêmes , sans compter, comme les Syriens, sur les armées grecques , les Arméniens soutinrent courageusement l’invasion des sectateurs de Mahomet, et peut-être avec plus d’union les auraient-ils repoussés, si les seigneurs du pays avaient su, lu moment du danger, sacrifier leurs rivalités personnelles; ils n’eurent pas ce patriotisme, et les Arabes profitèrent de leurs divisions intestines pour surmonter toutes leurs résistances et s’avancer jusqu’au Caucase à travers l’Ibérie et la Géorgie. Là seulement ils se trouvèrent face à face avec les Turcs Khozars, devant lesquels ils furent contraints de s’arrêter. L’Arménie toutefois resta leur tributaire (646), et les avantages qu’ils avaient obtenus de ce côté leur permirent de pénétrer dans l’Asie Mineure par la Cappadoce et la Phrygie. C’était s’ouvrir le chemin de Constantinople. Ils tirent de vains efforts pour le franchir. Une seule fois, ils
parurent en Galatie et s’emparèrent d’Amorium sans pouvoir la conserver (667), et ce ne fut qu’un demi-siècle plus tard qu’ils renouvelèrent leurs incursions de ce côté. La mer leur offrait une voie plus directe vers la capitale de l’empire grec. Moawiah, chargé du gouvernement de la Syrie, se créa ; bientôt une marine redoutable. Dès l’année 647, il avait imposé à l’île de Chypre un tribut qui égalait la moitié de ses ; revenus; en 649, il s’était emparé des îles de Crète, de Cos | et de Rhodes1; en 655 il osa se mesurer contre la marine s grecque et détruisit une partie des vaisseaux de l’empereur | Constantin II dans le golfe Issalucke , sur les côtes de la Lycie , au pied du mont Phénix. Encouragé par ce succès, j il résolut d’équiper une flotte considérable, et de l’envoyer devant Constantinople; il était maître du khalifat, lorsque! l’entreprise fut mise à exécution.
Au printemps de 672, une troupe considérable d’Arabes fut débarquée sur les rives de la Propontide (mer de Marmara) , et vint camper vers le couchant de Constantinople, à la base du triangle que forme la place, tandis que les deux autres côtés et le sommet qui regarde le Bosphore étaient occupés par i une flotte nombreuse. Les musulmans combattirent avec laj plus grande ardeur; ils étaient stimulés par la présence de trois compagnons du prophète, qui, malgré leur âge avancé, avaient voulu contribuer à une si belle conquête; un d’eux, nommé Abou-Aïoub, l’hôte de Mahomet à Médine au temps ; de l’hégire, ayant été tué en combattant, fut enseveli par les Arabes au lieu même où il avait succombé; plus tard on éleva sur son tombeau une mosquée, et c’est là que les sultans ottomans viennent ceindre l’épée lorsqu’ils prennent possession du trône. Le siège dura six ans : chaque année, au mois de novembre, la flotte se retirait dans le port de J Cyzique, dont elle s’était emparée; puis elle revenait au] commencement du printemps; les Grecs qui avaient eu le tempsderéparerleurspertes, se défendaient avec bravoure ?| ils étaient alors gouvernés, contre la coutume, par un empe- 1 reur babile et courageux; c’était Constantin IV, surnommé j;
i. OElsner, p. 70, d’après Théopb., p. 285, et Bizava, Ber/, pers. Bist., p. 207.
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‘ogonat. II se servit avec avantage d’une invention nouvelle» 3 feu grégeois \ qui embrasait les vaisseaux ennemis d’un icendie qu’on ne pouvait éteindre. Irrités de cet obstacle, ontre lequel la vaillance ne pouvait rien, épuisés par des ravaux inutiles, assaillis par des maux de toute sorte, les .rabes abandonnèrent enfin leur entreprise (679). Les trou^ es, ramenées à Cyzique, revinrent, non sans peine, en yrie , continuellement harcelées par l’armée que Constanin avait mise à leur poursuite. Quant à la flotte, battue iar la tempête en entrant dans le golfe d’Antioche, elle e perdit presque complètement sur les côtes de la Pam- >hylie.
Quelques auteurs (Théopbane, Cédrénus, etc.) prétenlent qu’à la suite de ce désastre Moawiah aurait été réduit implorer la paix, et se serait engagé à payer à la cour de lyzance un tribut de dix mille pièces d’or, à rendre cent 'sclaves, et à fournir cinquante chevaux de la meilleure ace. Mais dans cette circonstance, la vanité grecque a transormé en contribution de guerre les présents que le khalife vait envoyés à son nouvel allié.
Constantinople , aussi bien que l’Asie Mineure , se trouva lès ce moment à l’abri de l’agression des Arabes; on ne it pas davantage leur marine inquiéter les possessions grecques de la Méditerranée. Les empereurs byzantins vouurent profiter des querelles intestines qui troublaient le dialifat pour recouvrer une partie de la Syrie. Ils se montrent, vers 686, sur les frontières des musulmans. Abd-eldalek, quatrième successeur de Moawiah, qui se trouvait )ressé par trois rivaux , aima mieux acheter la retraite de ’ennemi que de s’exposer à une action douteuse. Justinen II accepta ses offres, au lieu de saisir habilement une )ccasion qui ne devait plus se représenter. Il ne tarda pas à i’en repentir, car dès qu’Abd-el-Malek eut consolidé son
‘ 1. Du feu grégeois, des feux de guerre et des origines de la poudre à canon, d’a-
ÜilUt très MM. Reinaud et Favé, Histoire de l’artillerie, 1845, 1. 1, p. 89-97, 201 et 211 ; t. de Humboldt, dans son Cosmos, t. II, p. 269 et 536, ne discute pas les questions oulevées dans ces derniers temps. Voy. aussi M. Quatremère, p. 65, sur le feu gréçeois. Journal asiatique, 1 850, t. XV, p. 214.
autorité , il oublia ses engagements , et se montra plus fiei que jamais.
Les Grecs avaient perdu la Syrie ; avec une politiqne moins aveugle, ils auraient pu en conserver une partie. Quelques chrétiens fervents, irrités de voir le triomphe d’une religion nouvelle, s’étaient retirés, sous le nom de Mardaïtes, dans les montagnes du Liban , où ils essayaient de sauver leur indépendance, et de rappeler à leur première foi les Syriens qui l’avaient abandonnée. De l’asile qu’ils avaient choisi, ils harcelaient continuellement les Arabes et s’avançaient même jusqu’à Damas. Incapables, quoi qu’en aient dit certains chroniqueurs, de faire une guerre ouverte aux Arabes et de forcer les khalifes de payer tribut , ils pouvaient, en s’aidant des localités, leur causer beaucoup de mal. Leur refus de suivre la même communion que les! Grecs, et leur rapprochement de l’Église latine, irritèrent les empereurs de Constantinople, qui, loin de s’en servir comme d’utiles auxiliaires, s’appliquèrent à les détruire.! Justinien II y parvint en employant la ruse et la trahison.! Un de ses généraux, feignant d’entrer en négociation avec leur chef, l’assassina au mépris des lois de l’hospitalité. Ce crime épouvanta les Mardaïtes, qui se laissèrent surprendre; douze mille d’entre eux furent enlevés de la Syrie et con-i duits par les Grecs en Asie Mineure. Dès lors le pays qu’ilsl occupaient fut ouvert aux musulmans et reconnut leur au-l torité (690).