CHAPITRE III
CONQUÊTE DE L’EGYPTE ET DE LA PERSE 5 INVASION j DE L’AFRIQUE ET DE LA TRANSOXIANE (658-680).
LES ARABES ENTRENT EN ÉGYPTE ; ÉTAT DU PAYS A L’ ARRIVÉE D’AMROU. — PRISE D’ALEXANDRIE (640).— EXPÉDITION EN NUBIE ET DANS LA CYRÉNAÏQUE f LES ARABES S’AVANCENT JUSQU’A SUFÉTULA. — NOUVELLE INVASION DE L*A- FRIQUE SEPTENTRIONALE; BEN-HADIDJE ; AKBAH. — ÉTAT DE LA PERSE; CON- QUÊTE DE CE PAYS. — IEZDEDJERD VEUT PRENDRE L’OFFENSIVE; BATAILLE DE CADESIAH. — FONDATION DE KOUFAH ET DE BASSORAH; PRISE DE CTÉSIPHON; BATAILLE DE DJALULAH ET DE NEHAVEND ; FUITE D’iEZDEDJERD ; RÉSISTANCE DU SATRAPE HERMOZAN. — SOUMISSION DE LA CARAMANIE ET DE LA GÉDRO- S1E ; INVASION DU KHORASAN ; FIN DE L’EMPIRE DES PERSES ; LES CONQUÊTES DES ARABES SE TROUVENT INTERROMPUES A LA FIN DU VIIe SIÈCLE.
lies Arabes entrent en Kgypte ; état du pays à l’arrivée d’Amrou.
Ce n’était pas seulement en Syrie que les Grecs, en proie aux dissensions religieuses, se faisaient des ennemis de ceux dont l’alliance leur était le plus nécessaire. Chacune de leurs provinces avait sa secte, son hérésie particulière ; on y voyait toujours en présence deux partis irréconciliables. Ces partis n’étaient souvent, comme à Constantinople, que de simples factions cachant des projets d’ambition sous le voile des controverses théologiques; mais ils avaient un tout autre caractère dans les pays que la force des armes avait soumis aux Romains , et qui transformait leur dissidence en une question de nationalité. L’Égypte donnait, en 632, ce singulier spectacle : d’un côté se trouvaient les Grecs conquérants, presque tous orthodoxes; de l’autre les descendants de l’ancienne population maîtresse du sol sous les Ptolémées, qui avaient généralement embrassé l’hérésie d’Eutychès ou des monophysites. A la voix de Jacques Baradée, mort évêque d’Édesse en 578, ils s’étaient organisés et armés pour résister à leurs adversaires, sans que les empereurs de Constantinople eussent compris la portée politique de cette association, et ils avaient été assez loin pour se choisir un chef dans la personne de Mokawkas, homme habile et rusé, qui avait été gouverneur de l’Égypte au temps de l’in-
vasion de Chosroës, et qui s’était approprié le tribut tout j entier de la province, au lieu de l’envoyer à Constantinople H ou à Ctésiphon. Possesseur de richesses considérables, il ; s’était montré très-libéral envers ses compatriotes, et sa gé- | nérosité avait accru son influence. Nul ne lui contestait le droit de représenter la race entière des Coptes, Al-Copti I* (nom que donnèrent les Arabes aux Égyptiens, par une altération évidente du mot grec AiyuTmoi). Mahomet lui avait j envoyé un ambassadeur et n’avait pas dédaigné ses pré- j sents; les Arabes devaient trouver plus tard en lui un utile allié.
Omar, après la prise de Jérusalem, avait détaché de l’armée de Syrie Amrou qu’il se proposait de diriger contre j ' l’Égypte. Amrou, poète et guerrier, s’était illustré dans les premiers combats de l’islamisme; il avait pris une part ac- j tive à la conquête de la Syrie, et c’était combler ses vœux que de le charger d’une entreprise pleine de périls, mais glorieuse ; sur un ordre équivoque du khalife, il part de Gaza I à la tête de quatre mille hommes et s’avance sur Péluse.
Les Grecs n’avaient pas eu la précaution de mettre la province sur un pied de défense respectable. Leur fierté s’était révoltée à l’idée de payer le tribut auquel s’était engagé en leur nom le patriarche d’Alexandrie Cyrus ; aucun acte n’avait, il est vrai, suivi et légitimé leurs paroles arrogantes; l’empereur s’était contenté de nommer un nouveau gouverneur de l’Égypte. Quand Amrou parut, les Grecs n’étaient pas en état de tenir la campagne ; battus dans un premier combat non loin d’El-Misr, à l’entrée de l’isthme de Suez , ils durent se retirer dans les places fortes qui n’étaient pas suffisamment approvisionnées.
Amrou, ne rencontrant pas de résistance, traversa l’isthme de Suez et se présenta devant la ville de Famiah, l’ancienne Péluse, qui commande l’entrée du delta. Malgré l’inexpérience des Arabes dans l’attaque des places, la ville ne tint qu’un mois : au bout de ce temps, elle se soumit et ils eurent accès dans la plus belle partie de la province. Famiah prise (639), deux routes s’ouvraient aux musulmans.
Ils pouvaient suivre le littoral, emporter toutes les places
jusqu’à la ville d’Alexandrie, puis alors seulement pér dans l’intérieur du pays, dont les communications a mer eussent été coupées. C’était la voie la plus raîlle ; ils en adoptèrent une autre qui leur eût été fai’ils avaient marché au milieu d’une population enne- Prenant leur direction par les déserts qui s’étendent 1 à l’isthme de Suez, ils s’avancèrent vers la capitale de yenne Égypte , et en commencèrent immédiatement je. Memphis avait deux sortes de défenseurs : d’une les Grecs maîtres du château , de l’autre les Coptes, îbitaient la ville et qui s’étaient rangés sous les ordres okawkas. Tant que les deux partis furent d’accord, u s’épuisa en vains efforts, et pendant sept mois il vit ies assauts repoussés ; mais Mokawkas , par des raptrompeurs, fit abandonner aux Grecs la forteresse et aussi avec Amrou. De la négociation il résulta que Dptes durent reconnaître dans toute l’étendue de l’Éjypte la domination musulmane, qu’ils payeraient chaque innée deux ducats par tête \ et pourraient pratiquer librenent leur religion. Quand tout fut réglé, Amrou entra dans a ville qui devint le siège de son gouvernement (640).
Prise d'Alexandrie (640).
Cet habile capitaine savait que dans une guerre d’invaion, l’activité est le premier élément du succès; aussi s’emiressa-t-il de reprendre les hostilités. De Mesrah il revint ’ers le nord, défit à Kéram’l-Shoraik les Grecs qui s’étaient in instant ralliés, et les rejeta dans Alexandrie. Sans se mettre m peine des hautes murailles de cette capitale , il n’hésita )as à l’assiéger. Les habitants de leur côté ne négligèrent au- ;un moyen de défense, et quoique abandonnés à leurs seules ’essources, ils tinrent quatorze mois (640-641). Enfin le faîatisme l’emporta, et une attaque furieuse permit aux musulmans de prendre la ville le 21 décembre (641). Les Grecs aincus se réfugièrent sur leurs vaisseaux ; un parti cepen-
1. Ce tribut produisit, la première année, douze millions de ducats; un recenseront de tous les Coptes avait donné six millions d’individus, parmi lesquels l’étaient comptés ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants au-dessous de ' eize ans.
dant se retira dans l’intérieur des terres, et tenta encore une d fois la fortune; Àmrou ne lui laissa pas le temps de se for- q tifier ; il quitta sa nouvelle conquête et courut l’écraser. A son retour, il trouva Alexandrie entre les mains des Grecs (il débarqués, qui avaient massacré la garnison musulmane. Un dernier assaut les obligea d’abandonner pour jamais la capi- .{* taie de l’Egypte. Sitôt qu’il se vit maître de la province, Amrou écrivit au khalife pour lui demander s’il devait livrer \t la ville au pillage et à la destruction ; Omar lui reprocha Sa d’en avoir eu un seul moment l’idée, et un système de sage j$ et prudente administration fut aussitôt mis en pratique. L’impôt établi d’abord sur les Coptes fut étendu à tous les habitants : puis en sus de cette capitation uniforme, ceux qui possédaient des fermes et des métairies furent soumis je à une taxe proportionnelle à la valeur de leur fonds. La perception fut confiée aux Coptes eux-mêmes, mieux placés que les musulmans pour diriger ces diverses branches de l’administration sous le rapport des relations et du lan- I' gage. Les impôts rapportèrent bientôt des sommes considé- f> râbles dont le khalife employa la plus grande partie à des travaux utiles pour le pays. C’est par ses ordres qu’on ré- fj tablit l’ancien canal de Colzoum qui joignait le Nil à la mer Rouge. Amrou aurait voulu percer l’isthme de Suez, mais Omar s’y opposa pour ne pas ouvrir aux Grecs le chemin ji des villes saintes. Mesrah se releva sous le nom d’Al-Fostat i (aujourd’hui l’ancien Caire). Lorsque les eaux du Nil, au moment de sa crue périodique, n’atteignaient pas une cer- Æ taine hauteur, le peuple s’effrayait, et l’ordre était souvent troublé ; Amrou fit changer la longueur des coudées du nilomètre, de manière à pouvoir toujours présenter un chiffre rassurant, et les esprits ne se laissèrent plus aller à de vaines frayeurs. Sous un gouvernement éclairé, de grands travaux furent entrepris, et en quelque temps l’Égypte se | trouva entièrement régénérée L
1. Aboul-Farage, Ilist. dynast., p. 112. 114, 170, 185; Voyage de Norden, t. III; I notes et éclaircissements de Langlès, p. 240 : d’Herbetot, Biblioth. orient.; Gibbon, Kl t. X, p. 262 ; Heeren, Geschichte der studiums der classischen litteralur. f. I, ! p. 44 et 72: Abdellatif, Relation de l'Égypte, trad. par S. deSacv, p. 240; Partbey, ri der A 1er un Irinisrhc w uieutn, p. 106 . ci de Humbnldt, Cosmos, II, p. 262 et 529. J \
Suivant quelques auteurs1, la prise d’Alexandrie aurait té suivie de l’incendie de la fameuse bibliothèque du Sé-
apion ;
mais si l’on songe que la ville même ne fut pas
accagée dans le premier élan de la victoire, on croira dificilement qu’un tel acte de barbarie ait été ordonné de ang-froid. Cependant on ne saurait passer sous silence une necdote dont la plupart des écrivains modernes ont fait isage, et qui semble au premier abord acquise à l’histoire; .n suppose qu’Amrou ayant consulté le khalife sur la desination à donner aux livres trouvés dans la ville, Omar ré- »ondit : « Si ces livres sont contraires au Coran, ils sont nuiibles; s’ils lui sont conformes, ils sont inutiles; ainsi létruis-les. » Or, aucun historien contemporain ne raonte ce fait, qui, fût-il vrai, n’aurait porté que sur un peit nombre de livres , la bibliothèque ayant été détruite n 390, sous Théodose. Il n’y eut à Alexandrie que les muailles de sacrifiées; et encore Amrou ne les fit abattre qu’à
suite d’un soulèvement des habitants. Il avait été rappelé l’Égypte par Othman aussitôt que ce dernier avait pris en nain les rênes du khalifat , et sa disgrâce avait irrité les égyptiens dont il s’était fait aimer. Sur ces entrefaites, es Grecs s’étant présentés devant Alexandrie reprirent le hâteau, et cherchèrent à rétablir leur autorité sur une ;rande partie de la contrée. Les Coptes, qui craignaient l’avoir à rendre compte de leur lâche conduite , si jamais es empereurs de Constantinople recouvraient leur puisance, demandèrent à grands cris le rappel d’ Amrou. Othnan l’accorda, et le grand capitaine revint assiéger une ille que déjà deux fois il avait prise de vive force. Furieux le voir répandre à l’attaque de ces hautes murailles le sang e plus généreux de l’Arabie , il jura alors de les renverser * de ne pas laisser une seule pierre debout. Il tint sa paole, mais en même temps il fondait une mosquée sur l’emilacement où il avait arrêté ses soldats ivres de vengeance, t donnait à cette mosquée le beau nom de Djami-el-Rahmet mosquée de la miséricorde).
i. Aboul-Farage , qui vécut de 1226 à 1286 de l’ère chrétienne, et Aboul-Féda , e 1273 à 1331.
Expédition en lubie et dans la Cyrénaïque; le» Arabes s’avancent jusqu’à Sufétula.
Rien ne montre mieux l’ardeur des Arabes dans ces guerres terribles que la rapidité avec laquelle ils poursuivent leurs expéditions aventureuses; maîtres des pays les plus riches et les plus fertiles, ils méprisent les tranquilles jouissances que leur offre la paix , et courent àj de nouveaux succès , le Coran d’une main et le sabre de l’autre.
L’Égypte est à peine subjuguée que déjà une armée musulmane descend en Nubie (643) et impose un tribut au] souverain de cette contrée L Amrou renforce ses troupes d’esclaves noirs d’une vigueur peu commune, et voulant montrer à ses successeurs le chemin qu’il vient de leur ouvrir, il pénètre dans la Cyrénaïque. Cette province était bien déchue de son ancienne splendeur. Jadis, sous le nor de Pentapole , elle avait mérité d’être distinguée au milier des déserts de l’Afrique ; la destruction de ses grandes cités lui avait fait rendre celui de Libye, sous lequel elle était comprise dans le diocèse d’Égypte. Le chef arabe n’eul qu’à imposer un tribut à la ville de Barcah pour pouvoir s( dire maître de toute la contrée. Il n’alla pas plus loin, parer qu’avant d’entrer dans la Tripolitaine, il lui aurait fallu des approvisionnements suffisants pour une longue et difficile campagne. Il revint en Égypte avec l’intention de disposer tout pour que l’islamisme se répandît rapidement dans l’Afrique septentrionale ; mais la jalousie d’Othman devail l’enlever du poste qu’il occupait si bien, et confier à d’autres généraux le soin d’opérer de ce côté de nouvelles conquêtes (644).
Le premier qui en fut chargé, Abdallah-ben-Saad, n’étail pas en état de supporter le parallèle avec son prédécesseur] Secrétaire de Mahomet, il ne s’était signalé dans sa jeunesse que par son esprit rusé, reproduisant d’une manière pei fidèle les versets du Coran que le prophète lui faisait écrire] et les altérant de sa propre autorité pour se donner ensuit
I. F.l-macin, Hist. Sarac., t. T, p. 23; Eutych ., t. II, p. 318.
e droit de railler leur origine divine, et de mépriser la crélulité des fidèles. Plus tard, il avait reconnu sa faute ; mais ;e souvenir avait porté une atteinte profonde à sa considé- ’ation, et s’il n’eut été beau-frère du nouveau khalife, il l’eût jamais été nommé gouverneur de l’Égypte. Sous ses irdres, les Arabes parurent dirigés bien moins par l’ardeur lu prosélytisme que par la cupidité. Leur marche vers 'ouest fut d’abord incertaine; ils assiégèrent Tripoli, puis dabès, et levèrent le siège de ces deux villes (647); ils ^trouvèrent bientôt, en présence de l’ennemi, leur ancienne valeur, et à la voix d’un vrai musulman , nommé ùibéir, auquel Abdallah avait cédé le commandement, ils uarchèrent contre le patrice Grégoire, qui s’avançait avec jne armée considérable. Cette armée, qui aurait monté suivant quelques récits jusqu’à cent vingt mille hommes , n’était pas exclusivement composée de Grecs; les naturels du pays, Maures ou Berbères, en formaient la plus grande partie. Grégoire gouvernait toutes les possessions grecques de l’Afrique occidentale, la Byzacène alors menacée, le proconsulat ayant pour capitale Carthage, laNumidie, les Mauritanies césarienne et sitifienne qui comprenaient les provinces actuelles d’Alger et de Tlemcen, et enfin la partie de la Mauritanie Tingitane qui n’était pas occupée par les Wisigoths d’Espagne. Depuis le désert de Barcah jusqu’au détroit de Gibraltar, il n’y avait pas une ville qui ne dût j obéir à ses ordres, et lui envoyer l’impôt fixé parl’empejreur. En revanche, il protégeait les habitants contre les excursions des Maures indépendants, qui descendaient tout à coup de l’Aurasius, s’élançaient dans la plaine, pillaient les places ouvertes, massacraient les soldats isolés, emportaient les moissons et les troupeaux , et retournaient ensuite dans leurs montagnes , où les généraux grecs ne pouvaient les suivre. En vain les successeurs de Bélisaire s’étaient-ils efforcés de mettre obstacle à ces invasions périodiques ; après d’inutiles combats ils avaient préféré les négociations pacifiques à ces luttes éternelles, et avaient cherché à se faire des alliés de ceux qu’ils n’avaient pu soumettre. Aussitôt que le patrice Grégoire apprit l’arrivée des Arabes, il
ordonna à toutes les troupes dont il disposait de se réunir au plus vite, afin de chasser les insolents barbares qui venaient troubler son repos. Il ne s’inquiéta pas s’il valait mieux placer ses soldats dans les forteresses et se contenter de harceler ses adversaires par de perpétuelles attaques ; sa présomption , malgré tant d’échecs éprouvés par les Grecs,: ne lui permettait pas de croire que vingt mille Arabes triompheraient de cent mille hommes rangés sous ses étendards On en vint aux mains près d’Yacouba ; comme sur les rives de l’Yermouk, le combat dura plusieurs jours , et il se termina à l’avantage des Arabes, grâce à Zobéir, dont la bra voure et l’habileté excitèrent l’admiration générale. L’aus tère musulman ne montra pas moins de désintéressement il avait tué le patrice Grégoire, et dédaigné sa fille, prix de la victoire , ne voulant pas laisser supposer que ses action; eussent un autre mobile que le désir de faire triomphe] la foi musulmane. Après la bataille, toutes les villes de li Tripolitaine et de la Byzacène ouvrirent leurs portes. Sufétula seule pouvait à l’aide de ses fortifications essaye quelque résistance; la fortune lui fut contraire; les Ara bes y entrèrent en vainqueurs et s’emparèrent des im menses richesses qu’elle contenait ; chaque cavalier eu pour sa part trois mille pièces d’or, et chaque fantassi mille. A la nouvelle de ce désastre l’effroi se répandi dans toutes les provinces grecques de l’Afrique. Les Arabe envoyaient déjà des éclaireurs sur la route de Carthage On ouvrit des négociations; Abdallah s’engagea à ne pa s’avancer plus loin si les Grecs lui payaient deux million cinq cent mille dinars. La somme fut immédiatement comp tée , et l’Arabe , fidèle à sa parole , se hâta de rentrer ei Égypte , sans même occuper les pays qu’il avait envahis Il sembla prouver par cette conduite qu’il n’avait eu d’autr but que de recueillir un riche butin. Ce n’était pas ains qu’auraient agi Khaled, Amrou et Zobéir lui-même ; mai ce dernier n’était déjà plus à l’armée ; il avait été envoyé Médine pour annoncer le succès de l’expédition. Othma voulut qu’il proclamât lui-même du haut de la chaire d prophète les détails du combat , acte impolitique qui de
vait exalter plus tard l'imagination de Zobéir, et le porter à prétendre au khalifat.
La cour de Constantinople apprit avec étonnement de quelle taxe énorme les Grecs d’Afrique avaient payé la retraite des Arabes. Elle se dit trahie par ses lieutenants et résolut d’exiger des contributions plus fortes. Vers 663, Constant II fit réclamer du gouverneur de la province une somme égale à celle qu’ Abdallah avait obtenue. Le gouverneur ne put ou ne voulut pas obéir, se retira auprès de Moawiah , devenu khalife , et l’excita à faire la conquête de l’Afrique, lui montrant d’un côté la faiblesse des Grecs, de l’autre la richesse et la fertilité du pays. Moawiah savait avec quelle ardeur les Arabes accueillaient les guerres saintes. Il n’était pas fâché de donner un aliment à leur activité guerrière, et d’entourer son administration de quelque gloire, afin d’assurer le pouvoir dans sa famille. L’expédition fut donc résolue.
Nouvelle invasion de l’Afrique septentrionale; Ben-Hadidje ;
Akbah.
Le nouveau gouverneur de l’Égypte, Ben-Hadidje, se mit en marche pour la Byzacène ; l’entreprise n’eut pas de trèsgrands résultats : elle se borna à l’occupation de tout le littoral, jusqu’à El-Korn, à la défaite d’une armée grecque, qui se rembarqua précipitamment après une courte apparition, et enfin à la prise de plusieurs places , Djeloula, entre uitres, dont le pillage rapporta trois cents pièces d’or à chaque soldat. Ce ne fut pas toutefois une simple incursion ; 'es Arabes s’établirent dans le pays, marquant par là leur 7erme volonté de ne pas abandonner l’Afrique avant de ’avoir entièrement subjuguée (665).
On donna un chef aux nouvelles provinces, moins pour l’occuper de l’intérieur que pour arborer aussi loin que îossible dans les villes grecques et chez les Maures l’étenlard des croyants. Akbah-ben-Nasi , auquel cette mission ut spécialement confiée, avait toutes les qualités désirables : >ravoure à toute épreuve , désintéressement , générosité , 1 grandeur d’âme. Il avait de plus une foi inébranlable. Aussi
osa-t-il, à la tête d’un faible corps d’armée, traverser toute } l’Afrique septentrionale et s’avancer jusqu’à l’Atlantique, au milieu de peuples ennemis, Lançant son cheval au milieu de I la mer : « Dieu de Mahomet, s’écria-t-il dans son enthousiasme, I si je n’étais retenu par les flots, j’irais porter la gloire de' ton nom jusqu’aux confins de l’univers. » Les Berbères! étaient étonnés de tant d’audace; Akbah leur paraissait un être supérieur; ils admiraient sans la connaître encore cette j religion qui faisait entreprendre de si grandes choses. Nul ne résistait aux armes du courageux musulman. Pour contenir; les tribus dont il redoutait l’inconstance, Akbah crut nécessaire de bâtir une ville ; il choisit, à quelques lieues de la mer, non loin de Carthage, un emplacement favorable, et posa les premières pierres de Cairowan , qui succéda à la rivale i de Rome comme métropole de l’Afrique. Une fois maître de t ce point d’appui, il recommença ses incursions, et sous ses! puissants efforts l’œuvre de la conquête avançait rapidement, lorsqu’une trahison enleva aux Arabes le fruit de ses! victoires. Akbah revenait d’une longue expédition; son*; armée avait pris les devants; lui-même, plein de sécurité,lï était à l’arrière-garde avec ses principaux officiers, et une petite troupe d’environ trois cents hommes. Tout à coup; il voit apparaître une nuée de Berbères, commandés par! un chef autrefois son prisonnier et dont il avait irrité l’orgueil ; enveloppé de tous côtés , il cherche à sauver quel- ! i ques-uns des siens : une chance leur est offerte , mais ils abandonneront leur chef prêt à se dévouer pour eux; tous; veulent partager son sort et mourir martyrs de la foi; ils récitent donc la prière, tirent leurs épées, en brisent le fourreau, se précipitent tête baissée dans les rangs ennemis! et y trouvent la mort.
A la nouvelle de ce désastre les Arabes perdirent courage; les Maures, au contraire, exaltés par le succès , vinrent assiéger Cairowan. Ils furent assez heureux pour en chasser leurs ennemis démoralisés, qui se retirèrent jusqu’à Bar- j cah (681).
Malgré cet échec, les expéditions d’Akbah n’en furent jj pas moins très-utiles à la cause de l’islamisme; il avait fait
retentir le nom du prophète jusque sur les bords de l’Atlantique ; il avait tracé la route pour la conquête de l’Afrique ;
I enfin il avait détruit toutes les ressources des Grecs qui devaient uniquement leur salut aux Maures soulevés. Ceux-ci devaient plus tard reconnaître chez les Arabes leurs mœurs, leurs habitudes, leurs idées même et devenir les auxiliaires d’un vainqueur généreux.
Etat de la Perse 5 conquête de ce pays.
Pendant que l’islamisme se répandait ainsi vers TOcci- [ I dent , il avait fait à l’Orient de grands et rapides progrès. 1 En 634 il n’avait pas encore dépassé les bords de l’Euphrate ; quarante ans ne s’étaient pas écoulés que déjà le Gihon TOxus) et l’Indus le voyaient triompher sur leurs rives.
On put croire un moment après la prise de Hira et l’Anbar que les Arabes n’attaqueraient pas l’empire des ; 3erses , dont Mahomet avait pourtant prédit la chute ;
. vhaled avait bien écrit à la cour de Ctésiphon une lettre nenaçante ; mais appelé au siège de Daumat-Djandal, et de à en Syrie, il avait été obligé de ne laisser dans l’Irak qu’un >etit corps de troupes sous le commandement de Mohanna , fils de Haritha.
En Perse l’anarchie était au comble ; depuis la mort du >arricide Siroës, plusieurs princes s’étaient succédé sur le rêne; l’un d’eux, Schahriran avait envoyé vers Hira dix aille hommes qui avaient été taillés en pièces par les Arabes ur l’emplacement de l’ancienne Babylone ; les troubles qui • vaient suivi l’avénement des deux filles de Chosroës, kikht-Zenan et Arzemidokht, avaient empêché les Perses e tenter de nouveaux efforts pour enlever aux musulmans 'urs conquêtes ; Mothanna n’ayant pas de ressources sufsantes pour garder le vaste territoire envahi par Khaled, illicita des renforts à Médine, au moment même de la mort ’Abou-Bekre.
' La première province qui s’offrait aux yeux des Arabes, ancienne Assyrie ou Chaldée , réunissait dans son sein •utes les richesses de l’Asie que les Séleucides et les Per- T îs s’étaient plu à y accumuler; arrosée par des fleuves
majestueux pour lesquels ils ne trouvaient dans leur paysj aucun terme de comparaison, elle frappait leurs sens par son: faste, et leur imagination par les ruines immenses qu’elle: étalait à leurs regards. Mais s’ils étaient victorieux cettei impression ne devait pas durer longtemps. En marchant vers l’Indus le pays change entièrement d’aspect; au lieu de plaines fertiles, de vallées délicieuses et de jardins riants,! on ne rencontre plus qu’un terrain ingrat, des populations clair-semées , des montagnes inhabitables et des sables» arides.
A peine Omar a-t-il été proclamé khalife, qu’il imprime à la guerre de Perse une activité sans égale ; par ses ordres!; Abou-Obeid se met à la tête de l’armée, et, guidé par Mothanna, il obtient des avantages signalés à Nemarik, t Saccatîyà et à Cosyatha ; Roustem, tout-puissant à la cour de Ctésiphon, lui oppose Bahman ; un terrible combat s’engage à Coss-Ennatif ; Abou-Obeid, confiant dans sa fortune! passe l’Euphrate à la vue de l’ennemi qu’il attaque dan:, une position désavantageuse; après des prodiges de valeur il est écrasé sous les pieds d’un éléphant, et les Arabe;1 sont mis en pleine déroute; Mothanna sauve avec peine le; débris de l’armée, et il n’échappe à de nouveaux désastre; que par suite de troubles survenus parmi les seigneur; perses. Roustem , qui exerçait l’autorité au nom de Bou-| rah , autre tille de Chosroës Parviz , voit son influence s’affaiblir , il est obligé de partager la souveraine puis-! sance avec son collègue Firouzan ,et pendant ce temps Mothanna reprend l’offensive; vainqueur de Mihran, près df l’emplacement où fut élevée depuis la ville de Koufah , i rentre à Hira, passe l’Euphrate, pénètre en Mésopotamie et défait devant Tekrit les tribus de Namir et de Taghlil restées fidèles aux Perses, tandis que ses lieutenants dé vastent la contrée en tous sens. Ses succès provoquent um réaction violente ; Roustem et Firouzan , accusés de sacrifier à leurs passions l’intérêt de leur patrie, oubliem leurs divisions et reconnaissent pour roi Iezdedjerd 111, fik de Schahriar, fils de Chosroës Parviz ; les factions s’éteignent, | l’unité est rendue à l’empire; des mesures vigoureuses soni
prises pourchasser les Arabes de l’Irak, et Mothanna se retire vers le désert , où il prend une position défensive *.
Iezdedjerd veut prendre l’offensive 5 bataille de Cadesiah.
Ces événements avaient lieu en 634; Iezdedjerd qui devait faire remonter son avènement *au 16 juin 632, jour initial de l’ère qui porte son nom , ordonne à Roustem de marcher contre les musulmans, et cent vingt mille hommes sont placés sous son commandement. Saïd , fils d’Abou-Wacas, avait été nommé par le khalife général en chef des troupes de l’Irak ; privé des conseils de Mothanna qui venait de mourir de ses blessures reçues à la journée de Coss-Ennatif , il avait réorganisé l’armée et pris position près de Cadesiah ; c’est là que devait se décider le sort de l’empire des Perses. Trois batailles sont livrées coup sur coup : la première, appelée journée &’ Armât, reste indécise; la seconde, ou journée d ’Aghwat , se termine à l’avantage des Arabes ; dans la troisième, ou journée d 'Amas, Roustem est tué et les Perses sont mis en pleine déroute.
Le butin fut immense ; Saïd , après en avoir réservé le cinquième pour le trésor public, donna la valeur de six mille dirhemsàchaque cavalier et celle de deux mille dirhems i chaque fantassin ; Omar voulut que tout fût distribué aux vainqueurs , et accorda une part plus considérable à ceux qui pouvaient réciter de mémoire de longs passages du oran.
Fondation de Konfah et de ISassorali; prise de Ctésiphon; bataille de Djalulali et de Kehavend ; fuite d'iezdcdjerd ; résistance du satrape Hermozan.
Saïd, poursuivant ses succès, prit possession de Hira, ui allait déchoir de son importance ; les musulmans , un 11 plus tard, élevaient, à trois milles de distance vers le ud-est, la ville deKoufah, qui devint le chef-lieu de la rovince et le siège du gouvernement ; d’un autre côté , tba, fils de Ghazwan, s’étant emparé d’Obollah, voisine du
1. Nous trouvons, sur les affaires de Perse, la même incertitude que pour les tsrelatifsà laguerre de Syrie; M. Caussin dePerceval, t. III, p. 456, 465, etc., a sayé de soulever uu coin du voile qui couvre encore cette obscure période.
golfe Persique, avait jeté à quatre lieues de là les fonde!, ments de Bassorah, qui prit de rapides accroissements eu servit d’entrepôt au commerce de l’Inde et de l’Asie orien|
Cependant Saïd soumettait tout le pays situé en deçà d Tigre; maître de Babel, de Sabât et de Nahr-Chir, il vir» mettre le siège devant Ctésipbon.
Iezdedjerd avait pris la fuite à la nouvelle de la batailli de Cadesiah et s’était retiré à Holwan, prêt à rentrer daqi sa capitale si elle résistait courageusement aux Arabes! mais Ctésiphon 1 ouvrit ses portes et livra aux musulmaEt j toutes les richesses qui s’y trouvaient accumulées ; la vilJjt i fut détruite de fond en comble : c’était une rivale de moirjii pour les deux nouvelles colonies (637). Le khalife reçut 1é i couronne du grand Chosroës et l’étendard de l’empire.
Le malheureux Iezdedjerd avait réuni une armée à 1 hâte pour arrêter la marche des Arabes; vaincu à Djalulalji i à l’est du Khat-el-Arab (nom du Tigre et de 1’Euphraj | réunis), il va s’enfermer à Istakhar, l’ancienne Persépoli*] tandis que le vainqueur, maître de la Babylonie ou Iran] Arabi, envahit l’Assyrie ou Kurdistan le long du
s’empare de Tekrit, de Mossoul et enfin d’Holwan, . conduisait de Madaïn dans la Médie ou Irak-Àdjemi par I défilé du mont Zagros ; le jeune prince fait un appU désespéré aux défenseurs de son trône et veut tenter encopjj une fois la fortune des armes; une bataille sanglante et dit' cisive est livrée à Nehavend, au sud d’Ecbatane ; la toire des victoires , c’est le nom que lui donnent les Arabe est suivie de la conquête de l’Irak-Adjemi et de l’Aderbidji ou Médie atropatène, sur la côte sud-ouest de la mer Ca pienne; Ispahan, Hamadan, Caswin et Tauris sont pris! successivement. L’Albanie ou Khi rwan et l’Arménie voie h] leurs frontières envahies. Les Arabes se trouvent arrêt • par la concentration de la population chrétienne émigr de la Syrie dans l’Arménie romaine, et au nord de l’Ade
l. Les Arabes appelaient Ctésiphon, Madaïn ou les deux villes, parce qu’ils co \ prennent sous ce nom Ctésiphon et Séleucie , séparées seulement par le Tigr J f’cst de l’ancienne habylone.
taie.
bidjan par les Khozars, qui ont détruit les fortifications du Caucase et dévasté la Géorgie et l’Arménie persane ; ils reviennent vers le Kurdistan, franchissent le Tigre à Mossoul et donnent la main à l’armée de Syrie qui , victorieuse des Grecs, avait achevé de son côté la conquête de la Mésopotamie ou Djezireh. Ainsi renforcés , ils pénètrent dans la Suziane ou Khouzistan et dans la Perside ou Farsistan , s’emparent d’Ahwaz , au sud-est des ruines de l’ancienne Suze, de Chouster et de Djondischabour ; Iezdedjerd, chassé de Persépolis, renonce à défendre ses provinces occidentales, et, après quelques tentatives, s’enfuit à Mérou dans le Khorasan, où il porte le feu sacré.
Le satrape Hermozan s’était montré le digne adversaire des Arabes; ayant habilement distribué ses troupes dans les places fortes de la Suziane , il avait longtemps soutenu tout le poids de la guerre; réduit enfin à la dernière extrémité, il se rendit et embrassa l’islamisme. Conduit à Médine, il trouve le khalife endormi parmi les pauvres de la ville, sur es marches de la grande mosquée ; surpris de cette simplicité de mœurs associée à la puissance royale et n’attendant lucune grâce du vainqueur, il se plaint de la soif et cherche i profiter de la coutume des Orientaux, qui placent sous la •auvegarde de l’hospitalité celui dont les lèvres ont touché eur coupe. Omar devine son dessein et lui déclare que sa ie ne sera en danger que quand il aura pris le breuvage [ui lui est présenté ; aussitôt le rusé Perse brise le vase, et e khalife , observateur scrupuleux de sa parole, respecte es jours du prisonnier. La résistance de ce satrape avait eule tenu les Arabes en échec; sa soumission décida la onquête de l’empire des Perses; les lieutenants d’Omar ’eurent plus à compter qu’avec des peuples disposés à acepter sans murmurer le tribut qui leur était imposé.
oumissiott de la Caramaniê et de la Gédrosic; invasion du Hliorasan; fin de l'empire des Perses; les conquêtes des Arabes se trouvent interrompues à la fin du vuè siècle.
Ne voulant point laisser d’ennemis derrière eux, les muilmans, avant de se diriger vers le nord , commencent par
réduire à l’obéissance les habitants du Kerman (Caramanie)j du Mekran (Gédrosie), le long de la mer des Indes, et re-| jettent au delà du Sind les Indiens venus au secours des provinces menacées. Libres de ce Côté, ils se dirigent alors vers Reï, considérée avec raison comme la clef du Khora san, c’est-à-dire de l’Arie, de l’Hyrcanie, de la Margianei de la Bactriane, du Paropamisus et de l’Àrachosie ; Iezdedjercj s’était porté de Persépolis dans le Kerman , et de là dans h Sedjestan (ancienne Drangiane) ; l’alliance des Turcs de la Transoxiane lui avait permis de reprendre un moment l’offensive; Taï-Tsong, premier empereur desTang, régnai | alors en Chine, et son empire s’étendait jusqu’à la mer Cas | | pienne; il était reconnu par les hordes du Turkestan, qu’i mit au service du roi des Perses ; cinquante mille homme vont s’opposer aux progrès de l’islamisme; mais la fierté de Turcs s’irrite de la vanité présomptueuse d’Iezdedjerd, il se laissent corrompre et battre; le Sedjestan est occupé! Mérou , Hérat , Balkh, Nischabour tombent au pouvoij i j d’Ahnaf, chargé par le khalife de la conquête du Khorasanf d et une lutte de deux mois suffit pour achever la ruine d<i l’ancienne religion des Perses et du dernier Sassanide(652)j b I lezdedjerd se rend auprès de Taï-Tsong; sur les bordi : du Margal , il est mis à mort par un hôte perfide, et, ave< lui , finit la dynastie d’Ardeschir, fils de Babek, qui avai régné trois cent vingt-neuf ans. La Perse tout entière re| connaît l’autorité des khalifes1.
Jusqu’alors, la marche des Arabes n’avait à peu près éti qu’une suite de victoires; leurs progrès allaient devenir plu difficiles. Le passage de l’Oxus fut vivement disputé, et les musulmans , vainqueurs des cavaliers turcs dans leur premières rencontres, traversant les plaines de la Bokhari et de la Sogdiane, aperçurent Bokhara et Samarcande, il n’occupèrent qu’une très-faible partie du pays, et une seul ; ville, Tarmud , tomba en leur pouvoir (673-674).
Ils furent plus heureux à l’ouest de la Transoxiane
i. L’itinéraire des Arabes dans leur conquête de la Perse est fort bien indiqu par M. Duruy dans son Précis géogr. du moyen âge. 11 faut aussi consulte Guniber Wahl, Ailes, neues Vorder und Mittel-Àsien, S. 725.
iitis
sur les bords de la mer Caspienne, dans le Kharizme ou Khowaresm. La capitale de cette province et les villes de | Cath et de Zumakshar furent mises à contribution (680) , et les Arabes occupèrent le Djordjan et le Mazandéran ; mais ces derniers avantages devaient passer inaperçus en présence des magnifiques triomphes qui les avaient précédés ; ce ralentissement dans la marche envahissante des musulmans I l apparut d’une manière plus frappante encore, lorsqu’en 681, à l’autre extrémité de leur empire , ils furent chassés de j i Cairowan par les Berbères et réduits à se concentrer en deçà de la Tripolitaine ; c’est que, dans la moitié du vne siècle, U les Arabes avaient dépensé, dans des guerres civiles, cette activité qui , portée au dehors,, leur avait valu de si éclatants succès.