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CHAPITRE IV

HISTOIRE INTÉRIEURE DUKHALIFAT DEPUIS L’ AVÈ- NEMENT DES OMMIADES (660-706).

LE PARTI DES ALIDES SUCCOMBE.— SOULÈVEMENT D’ABDALLAH PROCLAMÉ KHA- LIFE A LA MECQUE ; NOUVEAUX PRÉTENDANTS ; HÉGIAGE RÉTABLIT LA TRANQUILLITÉ DANS L’EMPIRE MUSULMAN. — CONSÉQUENCES DES GUERRES I CIVILES.

le parti des Alides succombe.

Déjà, à la mort d’Othman, le sang avait coulé pour uii autre but que le but sacré de la propagation du Coran ; le khalifat d’Ali n’avait été qu’une longue série de guerres intestines ; les Coréischites, ces fiers rivaux de Mahomet, que sa clémence avait ramenés à la cause de l’islamisme , formaient , parmi les Arabes , une sorte de noblesse généralement acceptée et s’étaient rendus maîtres insensiblement de toutes les avenues du pouvoir ; contenus par Omar, ils > avaient contribué à l’élévation d’Othman , s’en étaient délivrés dès qu’il avait voulu se soustraire à leur influence ;

puis, sous prétexte de venger un meurtre qui était leur ouvrage, ils avaient prêché la révolte sur tous les points de l’empire, et ne pouvant triompher d’Ali que personne n’égalait en bravoure et en magnanimité, ils l’avaient, vaincu par la ruse et l’avaient désigné au poignard d’un fanatique.

Le fds d’Àbou-Sophian, une fois maître de l’autorité souveraine, devint un excellent chefd’État; il récompensa Amrou de l’appui qu’il lui avait prêté, en lui rendant le gouvernement de l’Égypte; sans crainte du côté d’Hassan, fils aîné d’Ali, qui avait abdiqué solennellement en 661 et dont l’ambition se bornait à jouir d’une retraite paisible à Mé- I dine, il réprima la secte turbulente des Kharégites, et fit, de la Syrie, le siège de son empire; jusque-là le khalifat avait été électif; Moawiah voulut le rendre héréditaire dans sa famille; il trouva une opposition constante dans son frère adoptif, Ziad, qui faisait planer sur l’Orient une sombre terreur. La mort de ce tyran cruel leva tous les obstacles, 1 et Yézid fut reconnu comme héritier du trône; mais son j J avènement (679) devait être le signal de nouveaux troubles. Il

Les Ommïades avaient trouvé dans l’Hedjaz et dans l’Irak . une opposition qu’ils avaient eu grand’peine à surmonter. Les habitants de la Mecque et de Médine prétendaient conserver le droit de proclamer les khalifes, droit qu’Abou- Bekre, Omar, Othman et Ali avaient respecté; ceux de Koufahi et de Bassorah arguaient de leur nombre, de leur courage|4 et du séjour d’Ali parmi eux, pour s’attribuer ce privilège I qui constituait une véritable suprématie. Ces deux partis!! avaient vu avec peine Damas devenir la capitale de l’empire; comprimés par Ziad et son lieutenant Sambah, qui, ! durant l’espace de moins de six mois, avaient fait périr plus de huit mille personnes dans la seule ville de Bassorah; terrifiés par l’exécution sanglante d’Hejer, le plus vertueux i citoyen de Koufah, dont le seul crime était de vénérer la mémoire d’Ali , par la mort violente de Hassan , empoisonné à Médine en 661 , d’Ayestha, mise à mort par trahison en 675, d’Abderrahman, fils de Khaled, que son mérite faisait redouter, etc. ; ils se continrent pendant le règne de Moawiah , et n’éclatèrent qu’au moment où il s’agit de lui

donner un successeur. Tandis que les musulmans de Syrie reconnaissaient son fils Yézid, en faisant ressortir les avantages qui devaient résulter pour l’émpire d’une succession héréditaire , l’Irak dévoué aux intérêts des Alides s’appuyait du même principe pour réclamer la couronne en faveur des enfants de Fathime comme étant les vrais héritiers de Mahomet; le gouverneur nommé par Yézid fut repoussé, et Hossein, second fils d’Ali, appelé par les hommes les plus considérables de la province , quitta le fond de l’Arabie, comptant se mettre à la tête des mécontents ; il était digne du poste élevé qu’on lui offrait; il avait la bravoure et le courage de son père ; plus ambitieux que son frère Hassan qui, en abdiquant, avait porté aux siens un coup funeste, il avait su garder sa dignité, même dans l’abaissement. La seule chose qui lui manquait, c’était l’esprit d’intrigue qui caractérisait les enfants d’Ommïah ; pendant qu’il s’approchait du désert, le lieutenant d’Yézid, Obeidollah, avait étouffé dans son germe, par des mesures vigoureuses, l’incendie qui, de Koufah, menaçait de se propager dans toute la contrée; Hossein arriva sur les bords de l’Euphrate, ignorant encore ces fâcheux événements ; toute sa famille l’avait accompagné. Sa caravane se composait en tout de soixante-dix personnes. Grande fut son inquiétude quand, au lieu des auxiliaires qu’il attendait, il rencontra, près de Kerbelah, une armée ennemie tout entière.” Le farouche Schamer avait reçu l’ordre de ne faire aucun quartier; toute résistance était impossible ; le petit-fils du prophète voulut pourtant imposer ses conditions; il demanda trois choses : d’être conduit en sûreté devant Yézid, de retourner à Médine, ou d’être employé dans une ville de la frontière opposée aux Turcs; sur le refus de Schamer, il préféra dans un sublime désespoir la mort à la captivité. Enveloppé de toutes parts, il tomba couvert de blessures sur les corps de ses amis expirants. Ses sœurs, et un de ses fils qui n’avait pas encore la force nécessaire pour combattre, furent seuls épargnés , et le khalife les renvoya en Arabie. Les Koufiens furent indignés du meurtre d’Hossein, dont leurs avances directes et leur lâcheté avaient été pour-

tant l’unique cause; ils crurent racheter cette tache ineffa- I çable en rendant à sa mémoire les plus grands honneurs. Encore aujourd’hui c’est pour les Schiites le plus vénéré des martyrs de l’islamisme; chaque année, au 10 du mois de moharrem , ils célèbrent sa mort par une fête funèbre , où leur haine contre les Sonnites s’exhale dans de tristes lamentations. Cette terrible catastrophe ne détruisit pas le parti des Alides qui essayèrent encore de saisir le pouvoir; mais elle les priva pour longtemps d’un chef capable et les força d’ajourner leurs espérances (680).

Soulèvement d'Abdallah proclamé khalife à la Mecque ;

nouveaux prétendants; Hcgiage rétablit la tranquillité

dans l'empire musulman.

L’Hedjaz ressentit profondément l’impression pénible que la journée de Kerbelah avait produite dans le cœur des mahométans sincères. A la voix d’Abdallah , déjà renommé pour son éloquence et ses talents militaires, et dont le père, Zobéir, avait été l’adversaire d’Ali , les Coréischites se sou- j levèrent; Médine l’appela dans ses murs, et chassa le gou- 1 verneur que lui avait envoyé Yézid ; la Mecque et les villes voisines suivirent son exemple, et Abdallah se crut autorisé à prendre le titre de khalife; Yézid dirigea aussitôt contre j lui un corps de troupes qui battit les Coréischites, força l’entrée de Médine et mit le siège devant la Mecque. C’était une entreprise bien hardie, car il était à craindre qu’un tel sacrilège ne soulevât tous les esprits. Quoi qu’il en soit , la prise de la ville était imminente, lorsque la mort d’Yézid, arrivée le 4e jour de rébi 1er, 64 de l’hégire (683 de J. C.) à Hauwarin, sur le territoire de Hems, changea tout à coup la face des choses. L’armée assiégeante se replia vers la Syrie, .. tandis que l’Arabie, l’Égypte, l’Irak et le Khorasan se déclaraient pouf Abdallah. C’en était fait du khalifat ommïade de Damas, si le fils de Zobéir était venu réclamer les armes à la main l’obéissance des Syriens, mais il ne voulut pas quitter l’Hedjaz ; il laissa à ses ennemis le temps de se concerter pour choisir un chef. Le fils d’Yézid, Moawiah II, refusait le pouvoir, et malgré les instances de sa famille, il

rentrait dans la vie privée, six semaines après avoir été proclamé. Merwan Ier, fils de Hakem , le remplaça, à la condition qu’il désignerait pour son successeur, Khaled, autre fils d’Yézid, jeune prince de grande espérance. Sans perdre un instant, il attaqua les partisans d’Abdallah, et annonça par ses victoires qu’on avait trop tôt compté sur la chute de la maison d’Ommïah. Ayant reçu la soumission d’Émèse et d’une partie de la Mésopotamie, il se tourna du côté de l’Égypte, battit le gouverneur de cette province, la réduisit, et chargea un de ses fils de recevoir les contributions du pays. Les villes saintes se trouvèrent privées du blé qu’on leur envoyait par le canal de Colzoum , et la position d’Abdallah fut complètement changée. Son frère Musab s’étant avancé avec une armée contre Damas, fut mis en déroute et revint à Bassorah.

Merwan venait de consolider sa puissance par ce nouveau triomphe, mais ce fut son dernier succès; une mort subite l’enleva en 684. Abdelmalek, son fils, méprisant les droits de Khaled fils d’Yézid, s’empara du gouvernement de la Syrie et de l’Égypte, et fut inauguré khalife le 3 ramadhan, 65 de l’hégire (avril 685). Voyant la Mecque fermée à ses partisans, il ordonna que le pèlerina'ge se ferait à Jérusalem, et s’occupa activement de réunir l’empire arabe sous sa seule domination. Ses premiers efforts se portèrent sur l’Irak où régnait le plus grand désordre depuis la mort d’Hossein. Les uns avaient reconnu Abdallah, les autres restaient obstinément fidèles aux Alides et refusaient d’obéir à quiconque n’avait pas été accepté par les chefs de cette famille, appelés imans. Un parti avait à sa tête Soliman, fils de Sorad, qui avait repoussé Obeidollah, fils de Ziad; un second était dirigé par Almoktar, qui après avoir défendu à la Mecque la cause d’Abdallah, mécontent de voir ses services mal récompensés, s’était jeté au milieu des rebelles, espérant profiter des événements et s’élever à la puissance souveraine. Enfin , des sectes religieuses contribuaient encore à diviser les habitants de l’Irak et à leur ôter cet esprit d’ensemble qui avait toujours fait la force des premiers musulmans. Abdelmalek laissa ces factions se combattre et s’entre-détruire. Soliman s’étant porté in-

considérément sur les frontières de la Syrie , fut taillé en pièces par Obeidollah. Al-Moktar rassembla les débris de l’armée vaincue, prit le titre de khalife et vengea la mort d’Hossein par le massacre de tous ceux qui s’étaient signalés à la funeste journée de Kerbelah; Schamer entre autres, tua Obeidollah, qui fier de sa récente victoire, s’avançait vers Koufah et resta maître de tout l’Irak babylonien. Mais Musab commandait toujours à Bassorah au nom de son frère Abdallah ; il reparut alors sur la scène , et plus heureux qu’Obeidollah, vainquit Al-Moktar. Celui-ci se retira dans le château de Koufah et après une défense héroïque périt de la mort des braves (686). Sespartisans au nombre de sept mille, s’étant rendus à discrétion, furent passés au fil de l’épée. Tristes effets des guerres civiles! Al-Moktar, indépendamment des hommes tués dans les combats, avait immolé près de cinquante mille personnes, sous prétexte de venger la mémoire d’Ali et de ses fils.

Abdelmalek voyait avec joie les divisions des partis qui assuraient son prochain triomphe; il venait de punir à Damas la rébellion d’Amrou , fils de Saïd , et n’avait plus qu’un seul ennemi devant lui. Vainqueur de Musab à la bataille de Masken, il fut reçu à Koufah sans opposition. On lui apporta, dans le château de la ville, la tête du frère d’Abdallah qui avait préféré la mort à une fuite honteuse. « Chose! étrange, dit un des assistants, j’ai vu dans cette forteressej la tête d’Hossein présentée à Obeidollah; celle d’Obeidollah à Al-Moktar; celle d’Al-Moktar à Musab; celle de Musab àj Abdelmalek. » Le khalife, frappé de cette sinistre coïnci-i dence, ordonna que le château serait rasé de fond en comble.

Les lieutenants que Musab avait laissés à Bassorah, à Mauselj et en Perse, firent leur soumission. L’un d’eux, Al-Mohalled, hommede courage et d’expérience, dispersâtes Azarakites ennemisjurésdetoutgouvernement établi, spirituel et temporel,; qui s’étaient répandus dans tes environs d’Ahwaz ; et dès ce moment l’autoritéd’Abdelmalek fut reconnue dans toutes les) provinces orientales de l’empire musulman. Toutefois son! ambition ne pouvait être satisfaite tant qu’il n’aurait pas| entre tes mains tes villes saintes occupées par Abdallah;

envoya donc dans l’Hedjaz le meilleur de ses généraux, légiage, fils de Joseph, dont l’éloquence persuasive devait xercer sur les esprits une salutaire influence. Hégiage ut bientôt réduit Abdallah à se renfermer dans la Mecque, t il n’hésita pas à en commencer le siège. Le fils deZobéir avait placé toutes ses ressources. La ville était bien approisionnée, ses murailles réparées, ses défenseurs braves et abiles. Hégiage avait peine à calmer les scrupules de commence de ses soldats, qui n’osaient attaquer les portes de i cité sainte. Il y réussit cependant, et après huit mois de ége, la Mecque fut emportée d’assaut. Abdallah et ses rincipaux officiers périrent sur le seuil même de la Kaaba; î vainqueur s’empressa d’envoyer leurs têtes au khalife, uis il s’occupa de rétablir l’ordre dans la Mecque. Il avait itérêt à montrer, par des actes solennels, que la piété des îusulmans était toujours respectée ; aussi le vit-on réparer vec le plus grand soin tous les dégâts que les machines de uerre avaient causés dans la ville. Pendant le premier siège i ue la Mecque avait soutenu en 683 , la Kaaba avait déjà

i té renversée, et Abdallah avait dû la réédifier compléte- ! îent. Hégiage, en la relevant une seconde fois, imprima ■ n nouveau lustre à sa gloire. Maître absolu de l’Arabie, il

• î montra barbare à l’égard des habitants de Médine, qui e étaient les premiers soulevés contre les Ommïades. De e ouveaux mouvements provoqués par les azarakites déterli ùnèrent Abdelmalek à le rappeler et à lui confier le gou-

ii Brnement de l’Irak, du Khorasan et du Sedjestan. Dans

• îs nouvelles fonctions, Hégiage servit puissamment la cause > b l’islamisme, en resserrant les liens si faibles qui exis- >1 tient entre ces diverses provinces ; il sévit avec une ex- 1, 3ssive rigueur contre les habitants de l’Irak , sans cesse i- isposés à se révolter, et il enveloppa dans ses sanglantes I, œcutions les Coréischites qui avaient pris part au meurü| e d’Othman. Les azarakites reparurent en force. Deux 3$ îarégites, Shébib et Saleh, tinrent longtemps la campa- % ne ; à la tête de leurs partisans appelés safriens, ils livré» as nt près d’Amide une bataille qui resta indécise, et se i;f gnalèrent par plusieurs actions d’éclat. Bientôt après

Saleh fut surpris et tué près de Mausel. Shébib, plu heureux, s’empara de Koufah pendant qu’Hégiage était s Bassorah ; mais, assailli par des troupes supérieures en non bre, traqué de retraite en retraite jusque dans la Perse e le Kerman, il finit par succomber près de Dojail-el-Ahwfj (696). A partir de cette époque, l’empire arabe ne v plus qu’un dernier soulèvement, provoqué en 701 p£ un ennemi d’Hégiage, Abderrahman, fils de Mohammeo Un instant l’Orient fut en feu. Abderrahman , vainqueii dans un premier combat, s’empara de Bassorah et a Koufah ; puis la fortune se déclara contre lui et il se donp la mort pour ne point tomber vivant entre les mains de sc rival.

Conséquences des guerres civiles.

Hégiage 1 avait assuré le triomphe des Ommïades , do+i l’autorité ne fut plus contestée. La Syrie conserva une sort de supériorité sur toutes les autres provinces ; Damas res| la capitale des États musulmans, et l’Arabie rentra daf une obscurité que le pèlerinage de la Mecque venait sefc interrompre par ses solennités. Les habitants du Nedjed|ij de l’Hedjaz commencèrent à reprendre leur ancienne m indépendante , et cessèrent de former l’élément princip des armées de l’islamisme.

Ce ne fut pas là le seul résultat des guerres civiles. El# modifièrent , sinon la nature , du moins la forme du pof voir des khalifes. Ce pouvoir resta bien ce qu’il avait a dès l’origine , un despotisme à la fois civil et religieuo Mais en séjournant à Damas, les successeurs de Mahoafl prirent les goûts et les mœurs des souverains qu’ils avaiqb vaincus; la bassesse de leurs nouveaux sujets leur inspi l’orgueil des empereurs byzantins et des rois de Perse, » même temps qu’elle fit perdre aux Arabes leur fierté natH

On peut encore attribuer à ces guerres l’atténuation quif manifeste déjà dans le respect des peuples pour les précep s

1. Hégiage a été jugé très-différemment par les historiens arabes ; voy. Ockg p. 84i, 492 et suiv. L’ouvrage d’Ockley s’arrête à la mort d’Abdelmalek, en l’anHf

J Je Mahomet. Le Coran est toujours invoqué, il est toujours ; e code unique des musulmans, et cependant l’on ne craint ; )as de violer ses commandements. Les khalifes eux-mêmes > m donnent l’exemple : Yézid boit du vin malgré la défense expresse du prophète ; Abdelmalek frappe des monnaies où 1 est représenté ceint d’une épée.

SI Ces penchants exagérés par les courtisans furent suivis ; lu plus grand nombre ; on en vint à mépriser des prati- ; ques trop sévères, et l’exaltation religieuse qui avait été un nobile si puissant dans les armées, devint le partage de quel- ; jues sectes qui prétendirent ramener les musulmans au i1 véritable esprit de l’islamisme. Parmi celles qui se signai èrent pendant cette période, on peut citer les kbarégites, es motazélites ou séparatistes , les cadoniens, les azarakites ît les safriens. Les hommes qui en faisaient partie se distin- ; puaient tous par une grande énergie ; ils voulaient le bien, lisaient-ils, et souffraient plus que personne des troubles qui : lésolaient l’empire. Prêts à donner leur vie pour leur foi,

: ls poussèrent le fanatisme jusqu’à chercher dans Passasinat les moyens de faire triompher leurs idées.

Ali avait été poignardé par un kharégite qui croyait par là assurer la paix du monde; les motazélites s’annoncèrent :orame les vengeurs du khalife Othman ; les azarakites, aure secte de séparatistes, exercèrent les plus affreuses cruaués, sans distinction d’âge ni de sexe, en invoquant toujours e nom de Dieu. Les autres musulmans se sentaient sans orce contre ces hommes audacieux pour qui la mort n’était ien ; ils les voyaient souvent au nombre de cent ou de deux :ents, défier au combat des milliers d’ennemis et quelquefois ortir vainqueurs de ces luttes disproportionnées. Un tel pectacle excitait l’admiration, mais ne faisait point accepter lies réformes qui se présentaient sous un jour aussi sombre. |)e part et d’autre on se livrait aux plus terribles excès; Héi;iage, dont les historiens arabes vantent la grandeur et le j'énie, la bienveillance et la libéralité, avait fait égorger cent [ ingt mille personnes, et à sa mort, plus de cinquante mille languissaient encore dans les prisons.

I C’était surtout dans la Mésopotamie, l’Aderbidjan , l’Irak

Adjemi, qu’affluaient les sectes dont nous venons de parler leur persistance et leur indomptable courage expliquer les arrêts cruels portés par les lieutenants des khalifes de Damas, qui s’efforçaient à éteindre dans des flots de sang l’in cendie qui les menaçait. En Occident au contraire, rien d( semblable ne s’était manifesté , et là le prosélytisme ravive marchait déjà à de nouveaux succès.

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