de J. C.). — 137-232 (de l’hégire
UNDEUR DES ABBASSIDES; HAROÜN-AL-RASCHID ; ALMAMOUN. — LES ABBASSI- DES SE PRÉOCCUPENT EXCLUSIVEMENT DE LA CIVILISATION DE L’ORIENT. — GOUVERNEMENT; FINANCES. — TRAVAUX PUBLICS; ADMINISTRATION INTÉ- RIEURE. — AGRICULTURE; INDUSTRIE. — LETTRES, SCIENCES ET ARTS. — MAGNIFICENCE DES ABBASSIDES. — PREMIERS GERMES DE DÉCADENCE.
randeur des Abbassides; Haroun-al-Raschid ; Almamoun.
Le règne des premiers Abbassides est l’époque de lajilus rande splendeur des Arabes d’Orient. Le temps des conuêtes est passé; celui de la civilisation commence. Aboulbbas n’avait régné que deux ans ; son frère, Abou-Giafar lmanzor, ouvre la série de ces khalifes éminents, dont le om, resté toujours populaire en Asie, l’est devenu égalelent dans nos pays par le recueil célèbre des Mille et une
Nuits. 11 avait combattu, jeune encore, avec les chefs de sa famille , et il mérita le surnom de Victorieux ; mais son principal titre de gloire est d’avoir créé un système de gouvernement qui atteste la profondeur de ses vues. Dans les riches provinces de son vaste empire, les gouverneurs disposaient de la force militaire et des finances; ils appliquaient une partie du produit des impositions aux besoins des localités, et n’envoyaient que le surplus aux khalifes. Almanzor, n’osant modifier un état de choses si favorable aux administrés , érigea en principe d’opérer de fréquents changements dans le personnel des délégués de la puissance souveraine et d’écarter les familles distinguées du maniement des affaires; la plus dangereuse de ses maximes fut de se jouer de la foi donnée et de perdre, sans égard pour d’anciens services , tout homme dont la grandeur devenait suspecte ; Abdallah , le destructeur des Ommïades, Abou-Moslem lui-même, et plus tard, sous Harounal-Raschid , les Barmécides furent sacrifiés à une politique ombrageuse et impitoyable.
Almanzor employa une partie de sa vie à augmenter ses j richesses; il amassa un trésor immense, que quelques, historiens ont évalué à sept cent cinquante millions de francs. Ce défaut ne l’empêcha pas de se montrer libéral à l’égard des gens instruits; il donna lui-même l’exemple; d’un amour éclairé des sciences et des lettres, et nous le retrouverons lorsqu’il sera question de l’histoire de l’astronomie chez les Arabes.
On s’habitua , sous son règne , à considérer le khalife, comme l’image de la Divinité sur la terre. Il exigea toujours de ses sujets le respect le plus profond, et il l’obtint. L’autorité absolue de ses successeurs ne rencontra; pas plus d’opposition; la génération qui les entourait était façonnée à l’obéissance. Le seul écueil qu’ils eus-, sent à éviter, c’était l’excès de leur propre despotisme^ Les premiers successeurs d’Aboul-Abbas qui, sous bien) des rapports, ont été, à juste titre, comparés aux Antonins et aux Médicis, ne font servir leur suprême puissance! qu’à l’amélioration intellectuelle et au bien-être des Arabes
Respectés de leurs voisins, à l’abri des troubles que le fanatisme a si souvent excités, ils cherchent par une administration active et libérale, par des entreprises grandes et utiles, à mériter l’estime de tous. A côté de Bagdad, d’autres cités s’élèvent; on construit des routes, des caravansérails, des marchés, des canaux, des fontaines ; on forme un *rand nombre d’établissements d’instruction et de bienfaisance ; le gouvernement excite et protège l’étude des lettres, e commerce et tous les arts de la paix. — Les règnes i’Àlmahadi et d’Alhadi (775-786), dont la magnificence a îté si vantée, furent effacés par celui d’Haroun-al-Raschid du Haroun le Juste (786-809).
Cet homme célèbre, en qui peut se personnifier le génie ie la race arabe parvenue à son plus haut développement, nérite une mention particulière dans l’histoire des vicaires de Mahomet. Doué des meilleures qualités, brave, généreux, magnanime, il eut souvent la force de résister aux întraînements du despotisme pour n’écouter que la voix de a raison. Chargé de gouverner, sans aucune espèce de conrôle, un empire immense dont les habitants exécutaient sans murmure les moindres décisions de sa volonté, il ne 'ut pas écrasé du fardeau des affaires publiques, et sut faire lu bonheur de ses sujets le principal mobile de ses actions. Vmi sincère de la vertu, prêt à reconnaître ses torts, cherchant toujours à s’assurer par lui-même de la situation et les vœux de ses peuples, il ne négligeait aucune occasion do aire le bien. S’il se montra si différent de lui-même en )rdonnantle meurtre des Barmécides, il faut croire qu’il fut rompé par de faux rapports sur cette famille, qui lui avait lonné ses meilleurs ministres, Fadhl et le grand vizir Giafar. Les Barmécides, d’origine persane, avaient brillé pendant >rès d’un siècle auprès des khalifes , d’abord comme précurseurs des Abbassides, ensuite comme promoteurs dumouement littéraire et scientifique des Arabes. Ce fut principalement à leur instigation qu’Haroun-al-Raschid protégea es arts, le commerce et l’industrie; il reconnut plus tard eur innocence, et regretta sa cruelle décision. Aussi chaitable que religieux , Haroun accomplit scrupuleusement
tous les devoirs d’un musulman sincère; ses qualités supé- i^ rieures firent une profonde impression sur les Arabes, et sa gloire brille encore en Orient du plus vif éclat1. Par un singulier contraste, Amin, fils aîné d’Haroun, n’avait aucune des vertus paternelles. Dès les premières années de son règne, il s’aliéna les esprits, tandis que son frère, Al-j mamoun, montrait la plus grande sagesse dans le gouverne-! mentduKhorasan.Levœu unanime des musulmans porta ce dernier au khalifat, et Amin, en 813, dut résigner l’autorité.j
Almamoun, surnommé l’Auguste des Arabes, surpassa le$| espérances qu’il avait fait concevoir. Moins brillant qu’Ha-| roun, il lui fut supérieur par les connaissances et lahauteuïl de son génie. La seule faute politique qu’on ait à lui reJ procher fut un acte de reconnaissance et de bonté ; il donné à Thaher, en récompense des services qu’il en avait reçus! le gouvernement héréditaire du Khorasan ; ce fut le premier démembrement du khalifat d’Orient, non pas que les Thahérites dussent abuser de leur indépendance et méconnaître les bienfaits que le chef de leur famille avait reçus des I Àbbassides; mais un funeste exemple avait été donné, et l’or vit les gouverneurs des provinces chercher à se soustraire! insensiblement à l’autorité de leur souverain légitime.
Almamoun considérait l’instruction comme le vrai salui des peuples; il ne voulut pas que le progrès des lumières dépendît de la munificence accidentelle du chef de l’État et mit la dignité des lettres à l’abri des événements par des dotations permanentes ; de tous côtés des écoles furent ouvertes, « et l’on vit, pour la première fois peut-être dansa l’histoire du monde, un gouvernement religieux et despotique s’allier à la philosophie, préparer et partager ses triom phes. » Pénétré des idées d’une sage tolérance, et réunissan autour de lui des savants grecs, persans, coptes, chaldéens il ne voulut pas admettre de distinction en matière de reli-j gion. Il fut établi que chaque fois qu’il y aurait dix chefs d< famille, chrétiens, juifs ou mages, ils pourraient se constituer en Église ; tous furent déclarés susceptibles d’exerce|jj
l. L'Arabie , de M. N. Desvergers, i847,p. 681 et suiv.
GRANDEUR DES ABRASSIDES (752-846).
3S fonctions publiques, et les préjugés qui repoussaient s dissidents de la société des fidèles parurent un instant ■ effacer. Ils devaient renaître plus violents que jamais sous khalife Motawakkel , troisième successeur d’Almamoun. Lui-même ne fut pas toujours à l’abri d’injustes attaues. Les théologiens de Bagdad avaient déjà provoqué des i srséeutions contre le zendikisme, qui, né dans le Khoran , n’offrait en réalité qu’un amalgame d’idées mages et ilamites. Almanzor s’était servi de leurs écrits pour ren- ’e odieuse la mémoire d’Abou-Moslem , et Alhadi avait 'donné de sanglantes exécutions contre les novateurs. Alamoun fut accusé de zendikisme ; pour réduire ses adverj ires au silence, il aggrava les peines portées contre les paratistes, et fidèle cependant à ses principes de tolénce il évita soigneusement de les appliquer.
I Les deux successeurs d’Almamoun , Motassem (833-842) i Wathek (842-846), furent dignes du trône; le premier, * ince charitable et généreux, eut le seul tort déformer sa *.■ irde particulière de jeunes Turcs qui devaient plus tard re- 1 niveler, auprès des khalifes, les excès des prétoriens de t ome auprès des empereurs. Pour Wathek , son règne ne j t troublé que par des querelles de doctrines. La diver- ;nce des opinions religieuses était grande, puisque l’on j| compté chez les Arabes jusqu’à soixante-treize sectes incipales; ajoutez à cela les cent treize sciences cora- ? ques , et vous aurez une idée de la confusion où devient tomber souvent les esprits. Wathek , pour avoir k >précié avec les lumières de sa raison le dogme de iternitédu Coran, soutenu avec véhémence par le docteur imed-ben-Nassar, se vit au moment d’être détrôné et implacé par ce rude adversaire. Jugé très-sévèrement jjir des historiens prévenus, il fut cependant un excellent ince; protecteur des lettres qu’il cultivait lui-même, il icouragea l’industrie, et sous son gouvernement il n’y lit pas de mendiants dans ses États; brave et rempli de jenveillance pour tous, il mourut avec la résignation pieuse un caractère ferme et éclairé.
Ce qui distingue surtout les règnes des premiers Abbassi-
des , c’est l’absence complète d’expéditions entreprises dans des vues d’agrandissement. Ces princes soutinrent plusieurs fois la guerre contre leurs voisins, mais sans songer à de nouvelles invasions. Ce fut surtout avec les Grecs que, durant cette époque, les Arabes d’Orient eurent des démêlés. La ligne de frontières qui les séparaient était fréquemment le théâtre de collisions sanglantes. Les Grecs regrettaient la perte de leurs plus belles provinces, et d’un autre côté ils étaient fiers d’avoir opposé, à Constantinople et dans l’Asie Mineure, une heureuse résistance à l’islamisme. Leurs gé-i néraux , souvent battus , cherchaient cependant une occasion de gloire au milieu d’hostilités partielles. Un succès flattait à tel point la vanité de ces Grecs dégénérés, que celui qui l’avait obtenu était presque sûr de la couronne. Cette guerre d’escarmouches se prolongea sous la plupart des successeurs d’Aboul-Abbas.
Pendant le règne d’Almanzor , les empereurs de Byzance perdirent Mélitène , ville très-importante de la Cappadoce ; ils eurent la douleur de voir toute la Cilicie ravagée et une de leurs armées vaincue sur les bords du Mêlas, en Pamphylie. Le khalife Almahadi leur fit éprouver de nouveau*' revers (775-785). Ils avaient cru d’abord un instant que kl fortune allait favoriser leurs armes ; l’ennemi s’était présenté devant Dorylée, ville de Phrygie, et après une attaque de plusieurs semaines, il avait été forcé de se retirer (771)!'! L’année suivante, il avait été chassé de toutes les places fortes qu’il occupait en Cilicie. Mais les Arabes, irrités de ces défaites successives , se préparèrent à prendre une re vanche éclatante. Ils organisèrent une expédition sur uni plus grande échelle , entrèrent dans l’Asie Mineure par 1; Cappadoce, battirent toutes les troupes qu’Irène, tutrice d< Constantin Copronyme, envoya contre eux, et paruren devant les murs de Constantinople. Réduite aux abois l’impératrice aima mieux se soumettre à un tribut qui d’exposer sa capitale aux horreurs d’un siège. Elle rendi les villes de Cilicie ' et s’engagea à payer annuellemen soixante mille dinars. C’était Haroun-al-Raschid que soi père Almahadi avait mis à la tête de l’armée ; il rentra ei
yrie avec un butin considérable et traînant à sa suite plus e six mille prisonniers.
Irène, en 792, se crut assez forte pour pouvoir rompre \ 3 traité et se soustraire à ses obligations ; des deux côtés n se prépara aux hostilités. Haroun était devenu khalife. Il e se contenta pas d’envoyer des troupes dans l’Asie Mieure, il fit équiper des vaisseaux pour ravager les îles de t Méditerranée. Irène paya cher ses velléités belliqueuî 3S. D’abord la Phrygie, la Bithynie, la Lydie furent déastées; puis la marine grecque fut entièrement détruite ans le golfe de Satalieh. Les Arabes, maîtres de la mer, allè- 3nt ravager l’Archipel, qu’ils mirent à feu et à sang. En résence de ces revers, qui constataient si évidemment son npuissance, Irène se résigna de nouveau à payer le tribut; \ lie stipula de plus un échange de captifs. Cet échange eut eu sur les bords d’un petit fleuve de Cilicie, et dans la suite 3t usage prévalut toutes les fois qu’une trêve avait lieu entre ;s parties belligérantes. Irène avait reçu de trop dures içons pour songer désormais à recommencer la lutte, icéphore son successeur, se fiant à son courage, n’héta pas à tenter de nouveau la fortune. Il adressa une mis- \ve orgueilleuse au khalife, qui lui fit cette courte réponse : Au nom du Dieu clément et miséricordieux, Haroun-alaschid, commandeur des croyants, à Nicéphore, chien de omain. J’ai lu ta lettre, fils d’une infidèle ; tu n’entendras as ma réponse , tu la verras ; » et il l’écrivit en caractères e feu dans les plaines de l’Asie Mineure. Non-seulement icéphore ne put se dégager du tribut imposé, mais encore exposa ses provinces à des invasions réitérées qui leur entèrent leurs dernières richesses. On ne peut toutefois léconnaître ses grandes qualités, comme l’ont fait les istoriens grecs. Il y a quelque chose de noble et de touhant dans la conduite de cet empereur qui, toujours battu, e voulut jamais reconnaître son infériorité , et qui , réduit lusieurs fois à la dernière extrémité, ne déposa jamais les rmes. On l’a accusé d’avarice et d’avidité ; les blessures u’il reçut en s’exposant dans les combats le montrent sous n jour plus avantageux ; ses efforts, du reste, furent inu-
tiles; Haroun demeura constamment vainqueur. Le Pont fut dévasté , et la ville d’Héraclée assiégée , prise et réduite en cendres. Les côtes de la Pamphylie, de la Mysie , de la Lydie furent saccagées; l’ile de Rhodes eût passé tout entière sous la domination musulmane, sans la vigoureuse résistance de la capitale. Ces guerres prouvent d’ailleurs que si les Arabes n’avaient pas encore perdu leur science militaire, ils étaient loin de ces temps d’héroïsme où le moindre revers excitait l’ardeur enthousiaste de la nation tout entière; les généraux d’Omar ne se seraient arrêtés qu’à Constantinople.
En 829, la guerre recommença sous un singulier prétexte. Almamoun , qui aimait avec passion les mathématiques, ayant appris qu’il existait à Constantinople un savant nommé Léon auquel nul ne pouvait être comparé , désira le voir à Bagdad. L’empereur, refusa de laisser partir Léon. C’en fut assez pour déterminer le khalife à reprendre les armes ; il ne poussa point, il est vrai, la guerre avec activité. Quelques avantages obtenus par les Grecs enflèrent le cœur de Théophile; il crut le moment venu de ressaisir tout ce qui avait été enlevé à Constantinople au delà des anciennes limites, et il prit l’offensive (833). Motassem ve-j nait de monter sur le trône ; il était capable de repousser vigoureusement son ennemi. Les succès furent longtemps balancés; l’empereur s’étant emparé, en 836, deSozopetra, ville natale du khalife, la traita, malgré les représentations de ce prince, avec la plus grande rigueur; il détruisit tous les monuments, passa les habitants au fil de l’épée et réduisit les femmes et les enfants en esclavage. Motassem jura de tirer de cet acte de barbarie une vengeante éclatante. A la tète d’une nombreuse armée, il marcha contre Amorion. patrie de Théophile , l’emporta d’assaut et lui fit subir le même sort que Sozopetra(840). Pendant deux ans encore, il resta sous les armes sans vouloir écouter aucune proposition de paix : il entrait chaque année sur les terres de l’empire, mettait à contribution les villes ouvertes (840-842, et revenait chargé de butin. Wathek, son successeur, se j montra moins acharné; mais ce furent les Grecs qui voulu-
GRANDEUR DES ARBASSIDES (752-846).
ent alors continuer la lutte. Commandés par l’empereur iasile, ils furent plus heureux, et recouvrèrent en Cilicie Miles les places qu’Haroun leur avait enlevées (842-846). Les Arabes eurent encore, pendant cette période, à reousser les incursions des Turcs khozars. Ce peuple envait l’Arménie pendant le khalifat d’Haroun-al-Raschid , et nleva près de cent mille captifs (787). Les Arabes se conmtèrent de fermer à l’ennemi les défilés du Caucase l.
lies Abbassides se préoccupent exclusivement de la civilisation de l'Orient.
Les Abbassides ne firent point voir une sollicitude trèsve pour leurs provinces occidentales; c’est à peine s’ils lerchèrent à rattacher l’Espagne à leur empire, et ils abanannèrent l’Afrique à elle-même; bien plus, ils confinèrent eux-mêmes à l’élévation de la famille des Aglabites î la déliant de toute obéissance à leur égard, sous la seule îstriction de reconnaître leur souveraineté, comme s’ils aient las d’exercer leur autorité temporelle dans cette irtie du monde, et qu’il leur suffît de savoir leur nom réïté dans les mosquées. Ibrahim-ben- Aglab , accepta ces éditions d’Haroun-al-Raschid ; il s’empara du gouverneent de tout le Magreb, et l’investiture qu’il avait reçue lui rvit à donner à sa dynastie une sorte de consécration relieuse. Toutefois ses successeurs ne purent empêcher qu’un présentant de la famille des Alides ne détachât définitiment du khalifat de Bagdad la Mauritanie occidentale, où s Édrissites s’établirent.
Les Abbassides espéraient peut-être que les divisions, ii ne pouvaient manquer de s’élever en Espagne , ramèraient la péninsule sous leur domination ; ce qui expliterait leur politique d’expectative et leurs négociations ec les rois francs. On connaît les relations d’Haroun alischid avec Charlemagne, les ambassades qu’ils s’enyèrent, les présents qu’ils échangèrent. Cependant les • ‘bassides ne firent aucun armement contre les khalifes de l >rdoue , et eurent même à souffrir des entreprises dos
I • Lebeau, Histoire du Bas-Empire, donne les récits des écrivains grecs.
Maures delà péninsule. Cne escadre, montée par des pirates andalous, vint piller, en 820 les cotes d’Égypte. Les assaillants entrèrent dans la ville d'Alexandrie, qu’ils mirent à feu et à sang. Âlmamoun ne tira aucune vengeance de cette attaque ; il ne songea même pas à occuper l’île de Crète (Candie), que ces pirates avaient conquise sur les Grecs, après avoir brûlé leurs vaisseaux pour s’imposer la nécessite de vaincre ou de mourir.
En renonçant aux entreprises guerrières, les khalifes abbassides ne faisaient que céder à l’esprit de leur temps ; les Arabes de l'Orient commençaient à comprendre les bienfait' de la civilisation ; et les maîtres de Bagdad répondirent au? vœux de leurs peuples en leur donnant un système d’administration régulier, en établissant une justice sévère, en ré pandant partout l’instruction, en favorisant par le commero l'union plus intime des différentes provinces de l’empiri musulman.
GonrernMnent : finance».
On avait d’abord institué une chambre des finances e une chancellerie d’État: la première devait acquitter toute les dépenses des khalifes , et recevoir leurs revenus ; la se oonde, imprimer un caractère d’authenticité aux ordres qi émanaient de leur volonté ; elles avaient fonctionné quelqu temps toutes seules : puis , leur insuffisance s’étant fait ser tir. on avait remplacé la chambre des finances par quaîi diwans , dont l'un était chargé spécialement de la sole des troupes ; le second de la perception des impôts ; le tro sième de la nomination des fonctionnaires subalternes» 1 dont le quatrième enfin contrôlait la comptabilité.
A cette organisation, ils s’étaient contentés d’ajouter création de la charge à'hadjed , espèce de chambellan, q avait pour mission d’introduire les ambassadeurs, etd’i grand juge , qui les debarrassa du soin de décider dans 1 affaires importantes , en cas d'appel, du jugement des cad
Les Abbassides, dès leur arrivée au pouvoir, résolurent «i ü donner plus d'unité et de force à l'administration. Comr le poids des affaires était réellement trop lourd po
me seule tête, ils appelèrent auprès d’eux un vizir (poreur de fardeaux ), non pas qu’ils voulussent abdiquer entre es mains toute l’autorité; mais afin que celui-ci, espèce le premier ministre, préparât leurs décisions par un travail iréliminaire. Ils fixèrent ensuite, d’une manière régulière, es contributions que les différentes provinces devaient >ayer, de sorte qu’ils savaient d’avance de quelles resources ils pouvaient disposer. Le total des revenus d’Haoun-al-Raschid , sans compter les prestations en naure, s’éleva , en une année, à deux cent soixante-douze aillions trois cent cinq mille huit cents dirhems (pièces l’argent ) et à quatre millions quatre cent vingt mille linars ( pièces d’or1 ). C’est sur le Coran que les khalifes 'appuyaient pour exiger l’impôt. Un verset du chapitre ix eur ordonnait d’exiger le djézieh de tous les infidèles qui ésidaient sur le territoire musulman ; le montant de cette apitation fut fixé à un taux différent, suivant la fortune les individus; le riche devait payer quarante-huit dirhems; elui qui n’était qu’aisé, vingt-quatre ; lç pauvre, douze seuement. Il y avait , en outre, une contribution foncière, diersement appelée, suivant qu’elle s’appliquait aux juifs et ux chrétiens , ou aux musulmans : pour la première caté- ;orie, c’était le kharadj ; pour la seconde, la dîme. Le khaadj, comme la capitation , eut un maximum qu’on ne pouait pas dépasser; quant à la dîme, elle s’appliquait à trois ortes de biens fonds : 1° les terres vagues, que les musulnans avaient mises en culture; 2° les terres dont lesposesseurs étaient convertis à l’islamisme , sans y avoir été ontraints par la force des armes ; 3° les terres prises sur les afidèles , et possédées à titre de butin. On voit par-là que es biens antérieurs à la conquête étaient exempts de tout tnpôt. En présence de ces catégories, on comprend aussi ombien* dans l’empire arabe, il y avait de voies ouveres à l’exaction des gouverneurs, et l’extrême nécessité i’un pouvoir vigilant pour empêcher les abus et les confuions. En dehors de la capitation, du kharadj et de la dîme,-
i. Voyez l'appendice, s.
les khalifes avaient encore d’autres sources de revenus dans les droits de douane, l’exploitation des mines, la location des terres vagues, l’appropriation des biens de ceux qui mouraient sans héritiers, etc.
Travaux publics; administration intérieure.
Le bon état des finances permit aux Abbassides d’entreprendre de grands travaux. C’est ainsi qu’Àlmahadi fit construire des caravansérails, creuser des citernes dans le long trajet de Bagdad à la Mecque afin que les pèlerins et les caravanes trouvassent un abri dans les mauvais temps et des secours contre les souffrances de la soif, qu’il perça une route entre la Mecquo et Médine, qu’il établit enfin entre l’Hedjaz et l’Yémen des relais de chevaux et de chameaux, pour faciliter les communications entre ces deux importantes provinces. Déjà, depuis Moawiah, un service de courriers reliait les chefs-lieux des différents gouvernements de l’empire arabe.
Ce n’est pas tout : les Abbassides instituèrent en divers lieux un grand nombre de fondations pieuses, en faveur de j mosquées et d’écoles qui grâce à ces biens de main-morte subsistèrent sans peine au milieu des révolutions politiques, ils réunirent à Bagdad les archives du khalifat, afin qu’on pût consulter les ordonnances de leurs prédécesseurs, créèrent dans cette même ville une excellente police, dont la mission n’était pas seulement de protéger les personnes, j mais aussi d’assurer le respect des propriétés, et organisèrent un guet nocturne pour empêcher les attaques à main armée. Les marchands eux-mêmes durent se constituer en syndicats responsables, chargés de surveiller les transactions et de réprimer les fraudes en matière de commerce. Ce fut Almahadi qui créa la charge si utile de mohtesib, espèce dintendant des marchés à qui se trouve confiée toute la police j municipale. Le mohtesib parcourt de temps en temps la ville à la tête d’un certain nombre de soldats, s’assure de l’exécution des ordonnances de police, et vérifie les poids et mesures dont les marchands font usage; sa justice est sommaire: il fait immédiatement châtier les coupables par ses soldats.
Les Bédouins , depuis que les expéditions guerrières avaient cessé, recommençaient déjà dans leurs déserts une vie de pillage et de déprédations. Le rniradje eut pour mission spéciale de protéger les pèlerins et les caravanes qüi se rendaient à la Mecque.
C’est ainsi que les khalifes abbassides s’efforcèrent d’asiurer la prospérité de leur empire; préférant les travaux de a paix à la gloire des armes , ils imprimèrent une vive im- )ulsion à l’activité des esprits. Les Arabes atteignirent rapilement un haut degré de civilisation : on les vit entreprenne avec cette même ardeur qui avait caractérisé leurs succès nilitaires, de su rpasser les Grecs dans le, commerce, l’in lustrie, dans les arts et même dans les lettres et les sciences, )ù les habitants de Constantinople croyaient au milieu de eur décadence être restés sans rivaux.
Agriculture ; industrie.
L’agriculture fut surtout en honneur; une culture ha- )ile accrut le mérite et la réputation des fruits de la ^rse, des fleurs du Mazanderan. Les vins de Schiraz , l’Yezd et d’Ispahan se répandirent dans toute l’Asie et deinrent l’objet d’un commerce très-suivi : on exploita les aines de fer du Khorasan, les mines de plomb du Kerman; e belles ^étoffes furent dès cette époque fabriquées dans les illes de l’Irak et de la Syrie, à Mossoul, à Alep, à Damas; 3 bitume, le naphte, la terre à porcelaine, les marbres de ’auris, les dépôts de sel gemme, lé soufre furent exploits avec intelligence; les arts mécaniques firent de reaarquables progrès. On sait qu’Haroun-al-Rascbid envoya Charlemagne une horloge dont la perfection étonna les seineurs de la cour, parmi lesquels il ne se trouva personne apable d’en comprendre et d’en expliquer les ressorts.
Lettres, sciences et acts.
L’industrie et le commerce ne marchèrent point seuls en ?ant ; on s’occupa aussi activement des arts, des lettres : des sciences. L’architecture et la musique furent cuitiîes avec zèle ; la peinture et la sculpture étaient arrêtées
dans leur essor par le Coran qui interdit la représentatior soit des figures humaines, soit des images de la divinité mais elles reçurent d’autres applications. Un nombre considérable de monuments magnifiques s’élevèrent dans les prin cipales villes, à Bagdad, à Bassorah, à Mossoul, à Raccadan la Mésopotamie, à Samarcande dans le Mawarannahar. Quan aux études littéraires, la passion avec laquelle les Arabes s’; adonnèrent dépasse même celle que manifesta l’Europe i l’époque de la renaissance. Les meilleurs écrits de la langue grecque apportés de Constantinople furent immédiate ! ment traduits ; une école d’interprètes s’ouvrit à Bagdad sous la direction d’un médecin nestorien; un revenu d<| quinze mille dinars fut affecté à un collège où six mille élève: de toute condition puisèrent une instruction gratuite ; deJ bibliothèques furent fondées , l’accès en fut ouvert à tout hj monde, et ces établissements furent agrandis de siècle eil siècle par des princes dont quelques-uns, à l’exemple d’Al mamoun, assistaient aux cours publics des professeurs; 1. langue arabe se propagea dans toutes les parties de l’Asie, e' détrôna définitivement les idiomes anciens; elle se plia au? exigences d’une nomenclature nouvelle; les mathématique, brillèrent d’un éclat sans égal; l’astronomie s’enrichit d< découvertes importantes; on construisit des observatoire: munis d’instruments dont la grandeur étonne l’imagination Il y eut des hôpitaux pour l’instruction des médecins qui avant d’exercer leur profession devaient subir plusieur examens; il y eut également des laboratoires pour les phar j maciens, qui découvrirent de nouvelles plantes médicinale et des remèdes inconnus jusque-là.
Les Arabes enfin créèrent la chimie, et s’ils tombèren! dans de grandes erreurs en accordant trop de confiance au données astrologiques et aux problèmes de l’alchimie, ce erreurs mêmes contribuèrent indirectement au progrès de! sciences d’observation. Nous ne nous étendrons pas sur c sujet, nous réservant de tracer séparément un tableau plu complet des travaux des Arabes; rappelons seulement qu les Abbassides, auteurs de ce mouvement intellectuel ! merveilleux , virent l’école de Bagdad briller du plus v
éclat pendant près de deux cents ans, plus fortunés que Charlemagne, qui voulut tirer ses peuples de la barbarie en s’appuyant sur les plus savants hommes de l’Occident mais dont l’œuvre périt avec lui.
Magnificence des Abbassides.
Si le siècle littéraire des Abbassides forme un heureux contraste avec l’ignorance profonde de l’Europe au moyen (âge, le luxe et la magnificence qu’ils déployèrent ne présentent pas un spectacle moins curieux; seuls dépositaires des richesses de tant de provinces, sans armées permanentes, ils avaient la libre disposition des énormes revenus dont on vient d’indiquer la source. Ce furent souvent des profusions sans règle , des dons prodigieux , l’or et les perles répandus à pleine main dans les palais, dans les jardins, dans les mosquées. Almahadi, pendant un seul pèlerinage à la Mecque, dépensa six millions de dinars. Zobéide, la femme d'Haroun, ne se servait jamais que de vases d’or rehaussés de pierres précieuses et d’étofiès tissues avec des fils d’argent; elle portait des vêtements de soie doublés d’hermine, et ses pantoutles étaient brodées de perles fines. Elle fit bâtir à la Mecque un aqueduc afin de conduire dans la ville l’eau des montagnes voisines, et pour ce seul objet il fut dépensé un million sept cent mille dinars. Almamoun en distribua un jour à ses courtisans quatre cent mille , et organisa en mémo temps une loterie où le nombre des lots correspondait à celui des invités qui montait à plus de deux cents, et où chaque lot rapportait une terre considérable avec tout un personnel d’esclaves. Il comptait, dit-on, dans son palais trente-huit mille pièces de tapisserie dont douze mille cinq cents brochées en or, et vingt-deux mille tapis de pied; à la réception d’un ambassadeur grec, il fit élever dans la salle d’audience un arbre d’or massif couvert de perles en guise de fruits. Sa maison se composait de sept mille eunuques dont trois mille noirs; sept cents gardes étaient distribués dans les appartements, et des soldats d’élite défendaient les abords du palais. Les écuries que Motassem fit bâtir non loin de Bagdad dans la
ville de Samara, auraient pu contenir, au rapport des historiens arabes, jusqu'à cent mille chevaux; et lorsque le khalife fonda cette vilie, il avait fait exhausser le terrain destiné aux constructions, sans tenir compte des dépenses immenses de cette œuvre gigantesque.
Charlemagne avait entendu parler de la puissance des souverains qui résidaient à Bagdad. Il voulut entrer en communication avec les khalifes ; un juif et deux députés francs se rendirent par ses ordres dans l’Irak, et portèrent des présents au commandeur des croyants; le prétexte de cette ambassade était de réclamer la protection du vicaire de Mahomet pour les chrétiens qui allaient à Jérusalem. Haroun, qui redoutait une alliance entre le roi franc et les Ommïades d’Espagne, répondit avec bienveillance à cette demande, et pour ne pas demeurer en reste de libéralités, adressa à Charlemagne des étoffes précieuses, des parfums, des bois aromatiques, un éléphant, une vaste tente disposée à la manière arabe, et enfin, comme cela a déjà été dit, une horloge mécanique.
Premiers germes de deeadence.
Si la grandeur des Abbassides avait fait impression sur l’esprit du maitre de l’Occident, à plus forte raison devaitelle agir sur les Chinois, les Hindous et les Tartares. Partout les khalifes étaient considérés comme les princes les plus opulents de la terre, et l’on se faisait illusion sur leur puissance réelle. On croyait que la centralisation avait uni les diverses provinces de leur immense empire, et qu’un long avenir lui était assuré; cependant, pour un œil attentif, les germes d’une prochaine décadence apparaissaient de toutes parts.
Dans l’ordre matériel, le droit absolu du souverain sur les propriétés de ses sujets devait détruire les pensées d’émulation et de progrès; les peuples n’ayant aucune garantie pour la conservation des fruits de leur travail, ne pouvaient que s’éteindre au milieu de la mollesse et du découragement. Sous les premiers khalifes, ils n’eurent point sans doute a redouter la spoliation ; mais lorsque les Turcs, race
inintelligente et brutale, se furent emparés des avenues du pouvoir, la loi du Coran, confirmée par les décisions des jurisconsultes, qui rapportait tout à un seul individu représentant Dieu sur la terre, ne pouvait manquer de produire les plus funestes effets.
Dans l’ordre moral, le même vice se faisait sentir; les es* prits, enchaînés à la lettre du livre de Mahomet, mais attirés par les lumières de la science, avaient besoin d’être affranchis du joug de principes trop absolus. 11 fallait qu’on reconnût la nécessité de modifier selon les temps et selon les lieux des institutions faites primitivement pour de certains hommes et pour un certain but; il fallait, en un mot, fonder la société sur une base nouvelle; ce fut une des tentatives d’Almamoun, auquel se joignirent ses deux successeurs Motasseinet Watek; toutefois leurs efforts échouèrent contre l’aveugle obstination des docteurs de la foi musulmane. Le fils d’Haroun-al-Raschid protégeait la secte des Alotazélites , dont les doctrines se résument par les propositions suivantes : l°on ne peut séparer les attributs de Dieu de son essence ; 2° le Coran a été créé et n’est point éternel ; 3° la foi ne se perd point ; cependant on ne peut donner le nom de fidèle à celui qui pèche grossièrement ; 4° Dieu n’a qu’une influence générale sur les actions des hommes; il leur laisse une entière liberté, et c’est par là qu’ils méritent d’être récompensés ou punis. Ces principes étaient approuvés par les khalifes; le fanatisme les fit rejeter; les jurisconsultes de Bagdad triomphèrent d’Almamoun, de Motassem et de Watek et ce triomphe fut la première cause de la chute de l’empire. En maintenant que le Coran était incréé, et qu’il n’était point permis d’y rien changer on laissa à l’autorité suprême, contre l’avis de ceux-là même qui en étaient revêtus, toutes les prérogatives d’un despotisme sans frein. La société continua de se concentrer tout entière entre les mains d’un seul auquel chacun dut le sacrifice de ses pensées, de sa fortune et de sa vie1. Si les princes abbassides avaient toujours été des hommes d’une vertu éprouvée,
i. OF.lrner, déjà cité: Hammer Purgstall , Galerie biographique des souverains mahométavs, etc.; en ail., Leipzig. 1 837.
d’un talent supérieur, sans aucun doute ils n’auraient fait usage de leur puissance absolue que pour le bien de leurs peuples, et ils eussent ramené l’âge d’or des Antonins; malheureusement on ne voit plus sur le trône, dans la seconde moitié du ixe siècle, que des esclaves couronnés. Le mépris qu’ils inspirent détruit tous les ressorts du gouvernement; l’anarchie est au comble, et les partis, un instant comprimés, reprennent les armes et répandent partout le désordre et l’effroi.
Les Alides avaient plusieurs fois fait revivre leurs prétentions ; sous Alhadi, en 785, sous Haroun, en 792, et même sous Almamoun. Ce dernier, pour mettre fin à des divisions qu’il déplorait, avait même un instant songé à remettre sa couronne entre les mains des Alides, reconnaissant ainsi la légitimité de leurs (froits; c’était renouveler les projets de l’Ornmïade Omar IT, et susciter les mêmes protestations; une révolte éclata immédiatement à Bagdad. Les membres de la maison d’Abbas et leurs partisans, au nombre de trentetrois mille, forcèrent Almamoun de renoncer à l’idée de déposséder sa propre famille. Quoique sans résultat, cette disposition du khalife devait cependant inspirer aux Alides une nouvelle confiance dans leur fortune; au lieu de se soumettre sans murmure à la domination des Abbassides, ils ne négligèrent rien pour profiter des divisions que l’absence d’une loi de succession rendait inévitables l. * * 4.
L’empire arabe, sous Haroun et Almamoun, avait atteint en Orient le plus haut degré de splendeur. Nous allons assister maintenant à sa dissolution.
l. C’est ainsi qu’Abdallah, oncle d’Almanzor, avait voulu s’emparer de la couronne d’Aboul-Abbas ; qu’Almahadi avait désigné pour son héritier Haroun. son se-
cond (ils, au préjudice de l’ai né Alhadi ; et qu’Alhadi ne pût faire prévaloir les
droits de son propre fils contre Haroun, son frère. A la mort de celui-ci, Amin et Almamoun se disputèrent le pouvoir et l’on comprend pourquoi ce dernier avait
conçu l’idée de mettre fin à tous ces tiraillements efi rendant le trône aux descendants légitimes de Mahomet.