‹ Histoire des ArabesChapitre 34 sur 88 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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DÉCADENCE DE LA RACE ARABE EN OCCIDENT} ÉTA- BLISSEMENT DES TURCS A ALGER ET A TUNIS} LA DYNASTIE DES CHËRIFS DANS LE MAROC.

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1232-1609 (ère chrétienne). — 629-1018 (hégire).

LE MAGREB SE SOULÈVE CONTRE LES ALMOHADES ; LES ABOU-HAFS A TUNIS ; LES BENI-ZIAN A TLEMCEM ; LES MÉRINIDES DANS LE MAROC. — LES ARA- BES D’AFRIQUE MENACÉS PAR LES ROIS DE FRANCE, D’ESPAGNE ET DE PORTUGAL, S’ADRESSENT AUX TURCS OTTOMANS; ÉTATS BARBARESQUES. — DERNIÈRES ENTREPRISES DES PRINCES CHRÉTIENS. — LE MAROC CONSERVE SON INDÉPENDANCE ; LES CHÉR1FS.

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Le Magreb se soulève contre les Almohades: les Abou-Hafs à Tunis; les Heni-Zian à Tlemcen; les Mérînides dans le Maroc.

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Après la dissolution de l’empire des Almohades, l’Afrique et l’Espagne, sans déchirer les liens qui unissaient leurs populations, cessèrent pour toujours d’obéir au même gouvernement. Cette séparation n’aurait pas eu de conséquence funeste pour l’islamisme , si les tribus du Magreb avaient consenti à intervenir dans la péninsule à titre d’alliées ; mais comme le prix qu’elles mettaient à leur assistance était une domination oppressive, elles ne pouvaient être accueillies qu’avec défiance par les Arabes d’Espagne. Elles passèrent, il est vrai, le détroit à plusieurs reprises depuis 1232 ; (nais ces expéditions ne servirent qu’à assurer le triomphe les chrétiens, qui se serraient de plus en plus les uns contre es autres.

La défaite de Tolosa, en démontrant l’incapacité de Muïamad-el-Nasir, avait déterminé l’insurrection de l’Andaousie. En Afrique , la puissance fondée par Abdelmoumen

déclina aussi rapidement ; il aurait fallu que les princi almohades montrassent plus de décision et d’adresse. A mamoun , en détruisant la constitution du Mahadi , porta l’autorité le coup le plus funeste ; ses successeurs, dépoui lés de tout prestige, ne purent empêcher que de nouvelh familles ne leur disputassent avec avantage la suprêir ,i puissance, et ne trouvèrent plus dans les tribus le respe< et le dévouement qu’ils devaient en attendre.

Dès l’année 1242, le wali de Tunis refusa de renouvel* l’hommage auquel il s’était engagé à titre de vassal ; il se fj reconnaître dans sa capitale comme souverain indépendan et assura dans le pays sur des bases solides l’avenir de dynastie , celle des Abou-Hafs , destinée à plusieurs sièch d’existence *.

Plus à l’ouest, les Beni-Zian établirent, en 1248, leur si prématie à Tlemcen, à Alger, et jusqu’aux environs de Fez

Enfin dans le Magreb la tribu des Beni-Mérin leva l’étei dard de la révolte et menaça Fez, Taza, Maroc. Les Aime hades résistèrent vingt ans à cet ennemi intérieur (1! 1270); tout le courage qu’ils déployèrent fut inutile p£ suite de leurs divisions intestines, et, en 1270, le Mérinie Abou-Yousef recevait l’hommage des Arabes Maures o| Berbères de l’Afrique occidentale 3.

Il serait impossible aujourd’hui de déterminer avec exa<j titude les frontières respectives des Abou-Hafs , des Benj Zian et des Beni-Mérin ; on peut affirmer que, dans l’origini les premiers s’étendaient jusqu'à Bougie inclusivement; qi les seconds dominaient à la fois sur Tlemcen et Alger; t que les autres possédaient tout le pays de Tlemcen à l’Aï lantique. Ces frontières d’ailleurs subirent de fréquenl changements en raison des guerres que ces trois États s faisaient sans cesse, et du déplacement de telle ou telle trib qui, en émigrant sur d’autres territoires, modifiait complé

l. Lcr Abou-Hafs ou Beni-Haps; Casiri, t.ll,p. 225, donne la série chronologiqi

de ces princes; voy. aussi Léon Africain, liv. V. et Almakkari, t. Il, appendice, p.7 2. Les Beni-Zian, rois de Tlemcen; Casiri, t. Il, p. 228; Carette, Études sur

Kabylie, t. 11. IIM

3. Voy. la série des rois mérinides dans Casiri, t. II, p. 233, d’après Ebn-Khatil — Dombay, loc. land.

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tement leur situation respective. Si une série chronologique de princes pouvait suppléer à l’histoire d’un peuple , nous donnerions ici le nom de ceux qui se sont succédé à Tunis, Tlemcen et Maroc, du xnr siècle au xvie siècle, la couronne s’étant conservée dans les mêmes familles pendant cette longue période; mais ces noms et ces dates nous apprendraient peu de chose d’une époque pour laquelle les documents font défaut , et qu’aucun caractère intéressant ne recommande à ilotre attention ; ce qui importe surtout, c’est de montrer quelles vicissitudes la race arabe a dû traverser jusqu’à nos jours. Or, il n’est rien qui prête moins aux récits historiques que la vie des peuples nomades. Toutefois, les villes que les Arabes avaient élevées à un si haut degré de prospérité conservèrent leur importance et leur éclat : Tunis, Bougie, Alger, Tlemcen, Fez et Maroc, sous les Abou- Hafs, les Beni-Zian et les Beni-Mérin, comme sous les Zeïrites et les Ommïades, citèrent avec orgueil les noms de leurs savants et de leurs artistes. Si l’ancienne puissance maritime des Aglabites ne put se relever, du moins il s’organisa des armées de pirates qui causèrent aux chrétiens de grands dommages ; des vaisseaux sortant des ports de l’Atlantique commencèrent à descendre le long des côtes de l’Afrique, à s’approcher des tropiques , et firent dès lors un grand trafic d’esclaves nègres, d’or, de gomme et d’ambre.

Les Arabes se trouvent naturellement mêlés à toutes les I uttes qui éclatèrent entre les souverains de l’Afrique, du pir au xvie siècle, et qui n’amenèrent aucun résultat séj deux . Deux fois, en 1347 et 1359, les chefs Mérinides , larvinrent à soumettre Tlemcen et Tunis; mais les princes lépossédés ne tardèrent pas à recouvrer leur trône et à naintenir leur domination sur les peuplades qu’ils avaient tabituées à l’obéissance.

La dynastie des Abou-Hafs fut des trois dynasties africains celle qui éprouva le moins de troubles et de désordres. )ans le Magreb , on vit souvent deux rivaux d’égale force e disputer la suprématie dans les deux capitales de Fez et e Maroc. Les Beni-Zian, établis à Tlemcen, eurent à com-

battre des compétiteurs redoutables, maîtres de la vil d’Alger et de ses dépendances. Tunis seule garda une si périorité incontestée sur les villes voisines ; ses rois furei| même assez puissants pour enlever Tripoli aux belliquei mamelouks de l’Égypte, successeurs des sultans ayoubites

lies Arabes d’Afrique menacés par les rois de France, d’l pagne et de Portugal, s’adressent aux Turcs Ottoman Etats barbaresques.

Les Arabes semblent avoir achevé leur mission; ils songent plus à faire triompher la cause de l’islamisme ; s’ tendent la main à leurs frères d’Espagne, c’est plutôt po recueillir leurs tribus dispersées que pour chercher à rel ver leur courage et les entraîner à de nouveaux combat ils reprennent peu à peu l’existence uniforme du désert recherchent l’obscurité. Déjà, en 1270, à l’époque de dernière croisade de saint Louis, ils ne montrent point courage qu’ils avaient déployé en d’autres circonstances; i lieu de profiter habilement des maladies et des souffrance tela: que les Francs supportent sous les murailles de Tunis poi rai les exterminer, au lieu d’attaquer l’armée des Francs que mort du roi chrétien avait démoralisée , ils signent ave fils Charles d’Anjou, roi des Deux-Siciles, une convention dée Hlini avantageuse par laquelle ils s’engagent , sans réciprocité à recevoir les marchandises italiennes et françaises exempte «la de droits , et permettent la libre pratique du catholicisir ^ dans leur propre pays. jtooij

Plus tard , les Espagnols et les Portugais conquirent ptr L la force des armes les villes qui dominent le détroit de Gi it braltar du côté de l’Afrique, et dirigèrent vers ce continei autant de troupes que les Africains avaient pu jadis en en voyer en Espagne quand ils étaient maîtres d’Algéziras et d Tarifa. Les Portugais avaient les premiers tenté l’entreprist Une fois en possession de l’Alentejo et de l’AIgarve, resser rés par la Castille, ils songèrent de bonne heure à reporte sur d’autres contrées cet esprit aventureux qui leur fi demander à l’immensité des mers les richesses et la puis sance que la terre leur refusait. Dès le commencement d

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xve siècle (1415), ils s’emparèrent de Ceuta; ils eurent, il est vrai , de la peine à conserver cette ville sous le règne d’Édouard , deuxième prince de la maison de Bragance ; mais enfin ils y parvinrent en laissant dans les fers un infant qu’ils avaient livré comme otage. Plus tard, Alphonse Y (1438-1481), plus heureux, s’empara des deux importantes villes de Tanger et d’Arzille. Cependant les Portugais ne songèrent point à étendre de ce côté leurs conquêtes ; tout entiers aux intérêts du commerce et de la navigation, ils commencèrent cette longue suite de découvertes maritimes qui devaient les élever si haut ; déjà Madère , les Açores et les îles du cap Yert avaient vu leurs vaisseaux; déjà ils approchaient du cap de Bonne-Espérance.

On n’a pas assez fait remarquer combien l’occupation de Tanger, Ceuta et Arzille par les Portugais fut fatale à la cause des Arabes d’Espagne. Jusqu’alors , sans se regarder comme partie intéressée dans leur lutte contre les Espagnols, les musulmans du Magreb pouvaient , dans une circonstance donnée, venir au secours de leurs frères, et l’effet moral d’une semblable éventualité était seul un élément de force; lorsque les Portugais commandèrent le détroit, et qu’ils interceptèrent les communications entre les deux continents , les princes chrétiens frappèrent les derniers coups.

A la bataille de Bio Salado (1340), un roi mérinide avait essayé pour la dernière fois de soutenir la cause chancelante de 'islamisme et les souverains catholiques n’avaient pas encore iongéà prendre l’offensive à l’égard des Africains ; dès qu’ils 'urent maîtres des grands ports de la péninsule sur la Médiierranée, ils commencèrent à étendre leur marine, tinrent | :n respect les flottes musulmanes , et, après la chute du oyaume de Grenade, pénétrèrent eux-mêmes en Afrique, n 1504, Diégo de Cordoue, parti du port de Malaga, s’empara de plusieurs places entre Ceuta et Oran , de Penon, de relez, de Mers-el-Kébir, etc. Plus tard (1509), le cardinal umenès, ministre de Ferdinand d’Aragon, organisa à ses ropres frais et dirigea une expédition plus importante, .u lieu de s’attaquer aux souverains de Maroc, les Oatazes,

branche cadette desMérinides, il s’avança vers les États de Beni-Zian , formés des deux royaumes de Tlemcen et d’Alj, ger, s’empara de la ville d’Oran et y mit une forte garni* son. Enfin, en 1510, Pierre de Navarre fut envoyé des Ba léares à Bougie, et imposa un tribut au souverain de Tuni

Il fallait à tout prix arrêter ces progrès : le roi d’Alge Eutemi, ne trouvant dans les Arabes et les Maures qu’indi férence et mollesse, implora l’assistance d’un pirate célèbre Horoudj , de Mitylène , qui était à la tête d’une flotte cons dérable. Horoudj accueillit ses ouvertures avec empresse ment , réunit une troupe de cinq mille hommes , et se rer dit à Alger (1516). Une fois dans la ville , il ne songea pli qu’à s’y établir en maître ; il fit assassiner Eutemi et s’en para du gouvernement. Profitant aussitôt de la terreur qu inspirait, il attaqua le royaume de Tlemcen, dont il expul les Beni-Zian, et repoussa les Espagnols. Mais en 1518 c< derniers ayant reçu des secours , lui livrèrent une bataill qui lui coûta la vie et s’emparèrent de Tlemcen.

La confiance et le courage des pirates ne furent p* ébranlés par cet échec. Le frère d’Horoudj , Khaireddirç plus connu sous le nom de Barberousse, fut reconnu par h habitants d’Alger; il établit solidement sa domination dar le pays, et resserra les Espagnols dans Oran, leur premièi conquête. Redoutant les forces supérieures des chrétier et la mobilité des Arabes, il résolut de mettre ses États soi la protection du Grand-Seigneur, et d’introduire en Afr que la milice turque de Constantinople. Sur sa demand le sultan lui envoya les troupes dont il avait besoin. L’Ét d’Alger prit le nom de régence, et Barberousse y exerç l’autorité suprême au nom du monarque ottoman.

Nous avons vu qu’en Asie les Turcs s’étaient substitut aux Arabes comme défenseurs de la religion musulmane le même fait va se produire en Afrique. C’était d’ailleurs grande époque des sultans de Constantinople : Soliman maître de l’Egypte, de l’Asie Mineure, de la Grèce et de Bulgarie, menaçait la Perse en même temps que la Hongrif Seul il était capable de protéger l’Afrique contre la terri bl puissance que Charles-Quint était occupé à fonder. Loi

donc de nuire à l’islamisme, l’arrivée de ces nouveaux auxiliaires dans le Magreb devait lui être favorable ; toutefois la race arabe se trouva complètement annihilée du jour où elle fut soumise aux Turcs ; les nobles sentiments, les élans généreux qui existaient en elle s’effacèrent pour faire place à un état de servilité et de dégradation sans issue ; courbée sous le joug d’une milice insolente qui se faisait obéir le sabre à la main , elle perdit cette fierté naturelle qui l’avait toujours distinguée , et tomba peu à peu dans cet abrutissement où nous l’avons trouvée dans ces derniers temps, et qui nous la fait juger bien à tort comme antipathique à toute idée de civilisation.

Les Turcs ne possédèrent pas seulement la régence d’Alger; Tunis et Tripoli reconnurent leur souveraineté, et ce fut encore Barberousse qui les y introduisit. Appelé par Soliman à commander, comme capitan-pacha , la flotte ottomane, le frère d’Horoudj crut devoir répondre à cette distinction par d’éclatants services. Il avait accueilli à Alger un prince de la famille des Abou-Hafs , qui avait été renversé du trône; il se présenta devant Tunis , sous prétexte de rétablir le roi légitime, mais en réalité pour y fonder la domination ottomane. Soliman, instruit de ses desseins, ne craignit point de se rendre complice d’une ruse indigne en donnant publiquement l’investiture au protégé de Barberousse, qu’on fit secrètement disparaître, et, dès que Barberousse se fut emparé du fort de la Goulette et de la ville elle-même, il parla en maître; les habitants se soulevèrent, furent vaincus et se soumirent aux Ottomans1.

I Dernières entreprises des princes chrétiens.

Cependant les chrétiens voyaient avec inquiétude les capitales des États barbaresques (c’est ainsi qu’ils nommaient 'Afrique septentrionale) passer entre les mains d’une puis»sance déjà formidable. Les pirates de la Méditerranée, sûrs

l. Hist. de Barbarie et de ses corsaires, etc., par S. Dan, Paris, 1649. — Hist. us Etats barbaresques, etc., trad. de l’angl. (par Boyer de Pébrandier), Paris, ?57 . — History and présent condition of the Barbary States, etc., by Russell, idinburgh, 1835. — Voy. aussi le Catalogue de la bibliothèque de S. de Sacy, t. III, *• 381-392.

de trouver en Barbarie des débouchés pour les marchand ses et les esclaves dont ils s’emparaient, ne pouvaient mai quer de donner plus d’extension à leurs courses maritime, et de faire de nouveau trembler les côtes d’Espagne d’Italie. Aussi Charles-Quint, roi d’Espagne et des Deu> Siciles, et empereur d’Allemagne, résolut d’arrêter les pr< grès des Ottomans. Prenant parti pour les Abou-Hafs , lit en 1535 les préparatifs d’une expédition contre Tuniî Des troupes appelées des Pays-Bas , de Naples et de Sicile arrivèrent en toute hâte à Cagliari , où était indiqué le rer P01 dez-vous général ; il se mit lui-même à leur tête, et, apri u une courte navigation , débarqua non loin des ruines c 1 Carthage. Barberousse avait approvisionné le fort de la Goi Pi lette ; mais il n’avait pu attirer à sa cause les tribus arabe indifférentes au résultat de la lutte engagée. La Goulette-Pu bravement défendue par le renégat juif Sinân, fut emporte \ 11 1 par les Allemands , les Espagnols et les Italiens , animés c** la plus vive ardeur. Tunis elle-même , après une déroul ; '• que Barberousse essuya sous ses murs, fut forcée , par di N mille esclaves chrétiens qui avaient rompu leurs chaînerai d’ouvrir ses portes au vainqueur. Elle ne put éviter le piij jp® lage , et toutes ses richesses devinrent la proie des solda h de Charles-Quint. Le prince de la famille des Abou-Hafs dont Charles avait embrassé les intérêts , fut rétabli sur 1 ast trône aux conditions suivantes : 1° qu’il tiendrait le royaum %

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de Tunis en fief de la couronne d’Espagne ; 2° que les e: claves chrétiens seraient remis en liberté sans rançon^

3° que les sujets de l’empereur auraient dans son royaum H la liberté de faire le commerce et de pratiquer la religio! ftà chrétienne; 4° qu’il y aurait dans le fort de laGoulette ur garnison espagnole, pour l’entretien de laquelle il payera douze mille écus ; 5° que tous les ports du royaume de Ti nis seraient remis entre les mains de l’empereur (1535 Charles-Quint donna en même temps Tripoli aux chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, que les Ottomans venaient d chasser de Rhodes, et remit aussitôt à la voile. Cette brillant expédition ne devait pas néanmoins arrêter la pirateri

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africaine; il restait encore la régence d’Alger. Le succès

eur de Barberousse, Hassan-Aga, lui imprimant un nouvel ssor, intercepta bientôt tout le commerce de la Méditer- I anée. En Italie, en Sicile, en Espagne, on fut obligé , pour i epousser les incursions des Barbaresques , d’établir des orps de garde sur les côtes , de distance en distance. On rétendait que les corsaires étaient soutenus en secret par is Arabes qui résidaient encore sur le continent , parce ue leurs villages étaient épargnés. Charles-Quint arma ne nouvelle flotte et entreprit de réduire Alger (1541). Les éments combattirent contre lui ; contrariée dans son déirquement par une tempête effroyable , assaillie à propos ir les tribus arabes , dont on avait réveillé le fanatisme rejieux , et par les Turcs d’Alger, l’armée impériale essuya r désastre le plus complet. Pour comble de malheur, les iisseaux de qui dépendait la subsistance des troupes , ne irent tenir la mer ; la plupart se brisèrent les uns contre . s autres , ou contre les rochers ; une partie seulement Duva un abri sous le cap Metafut (aujourd’hui Matifou), ,ué à quatre journées de marche , et les chrétiens ne l’atignirent qu’après la retraite la plus désastreuse.

Cette malheureuse entreprise rendit aux Turcs leur préndérance. Quand les événements le permirent, ils enyèrent une flotte contre les chevaliers de Saint-Jean , litres de Tripoli, qui fut reprise en 1 551 ; le gouvernement | fut confié au célèbreDragut, qui, dix ans plus tard(1560), Lnporta , de concert avec Piali-pacha, une nouvelle vicre navale.

\près la bataille de Lépante , don Juan d’Autriche se idit à la Goulette, et marcha sur Tunis, qui ne lui opj sa aucune résistance ; à peine se fut-il éloigné (1572), que lan-pacha accourut de Tripoli, et rétablit partout l’autoh du sultan. Dès lors les Turcs restèrent maîtres des États ! Tunis et d’Alger ; les expéditions dirigées contre eux il urent plus d’autre objet que d’obtenir des réparations ou < punir des actes de piraterie. C’est ainsi que , sous 1 iis XiV, les Algériens furent réprimés par le duc de 1 mfort en 1665, par le marquis de Martel en 1670, bom- 1 dés par Duquesne (1682-1684), par le maréchal d’Es-

trées (1688-1689). Sous Louis XV, Tripoli éprouva le mêmi sort en 1728.

le Maroc conserve son Indépendance ? les chérifs.

Quant au Maroc, il resta toujours indépendant de puissance ottomane. Aux premiers Mérinides avaient su cédé, dans le xve siècle, les Oatazes1; ceux-ci furent rempl cés, en 1559, par une nouvelle dynastie, celle des chérifs, q subsiste encore aujourd’hui. Les personnages habiles q créèrent la grandeur du Maroc étaient considérés comr les descendants légitimes de Mahomet, et les frères du princ régnant devaient lui succéder de préférence à ses propres er L fants. Cette loi causa de grands troubles dans l’État. En 157* k elle fut le prétexte d’une expédition fameuse dirigée conti le Maroc par le roi de Portugal, don Sébastien. LechérifAbi dallah étant mort, deux compétiteurs s’étaient disputé sa suc cession. Son fils, Muley-Mohammed, disposant de richesse Ho considérables, l’avait d’abord emporté; mais, vaincu dan trois batailles par son frère, Muley-Moluc, et forcé de s’exp;

trier, il se rendit auprès du roi de Portugal, espérant Tinte

resser à sa cause et remonter sur le trône avec les secours dj l’étranger. Sébastien, entraîné par ses récits et ses promesses s’embarqua avec quelques troupes pour Arzille, où il n trouva aucun des nombreux auxiliaires que Mohammed h avait annoncés. Comme il avait reçu de Philippe 11 le casqu et la cotte d’armes que Charles-Quint avait portés lors d son entrée à Tunis, il s’imagina, dans son enthousiasme chc valeresque , qu’il éclipserait la gloire de l’empereur, et ré solut d’arborer la croix sur les mosquées de Fez et de Maroc Il s’engagea inconsidérément à la poursuite de quelque troupes détachées que Muley-Moluc avait envoyées contr lui pour l’attirer dans l’intérieur des terres, et plein de cor fiance, il crut son triomphe certain. Cependant, quand fut arrivé près d’Alcazar-Quivir, les Arabes, faisant tout coup volte-face, lui présentèrent le combat. Sa petite armé fut entourée par une cavalerie considérable , et il se trouv

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