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I. Drappcr, Description de l’Afrique, p. 2t

LES CHÉR1FS DANS LE MAROC.

dans la dure nécessité de vaincre ou de mourir. En ce moment suprême, le courage et l’héroïsme ne l’abandonnèrent point ; ils ne servirent qu’à illustrer sa défaite et ses derniers moments. Les deux compétiteurs moururent également dans cette même journée, l’un en se noyant dans la rivière de Mucazen , l’autre des suites d’une fièvre violente qu’il avait surmontée par un suprême effort pour faire les préparatifs de l’action et à laquelle il succomba au milieu de la lutte. Instruits par cette terrible épreuve , les Portugais ne renouvelèrent pas leurs tentatives contre l’Afrique, et les chérifs n’eurent plus à réprimer que les dissensions intérieures qui agitèrent souvent leurs États.

Telle était, au xvne siècle, la situation des Arabes d’Afrique. Us avaient conservé dans le Maroc une sorte de prépondérance. Dans les régences d’Alger, de Tunis et de Tripoli une poignée de Turcs, maîtres des villes de la côte, eur imposaient la plus dure loi. Les tribus, armées les unes contre les autres par la politique astucieuse de leurs oppresseurs, effrayées par des exécutions rapides et sanglanes, payaient l’impôt sans oser murmurer et ne songeaient pas même à secouer le joug qui pesait sur elles ; un bien petit nombre étaient encore indépendantes sous l’admiîistration des cheiks qu’elles s’étaient choisis.

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