‹ Histoire des ArabesChapitre 45 sur 88 · IC · texte numérisé non relu

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i. Djewheri a élé imprimé à Constantinople en 1728, 1758 et 1802, et le C aïnou* i de Firouzabadi en I8t4-I8i7 : l’édition de Calcutta a paru en 1817.M. J. C. Wetztein j a commencé à l eipsig. en 1 8 4 4, la publication du Leriron de Zamàchschan Vov.

V Anthologie grammaticale de M. S. de Sacy, lu Rhétorique musulmane dcM. C.arcin de Tassy, et Zenker, Bibl. orient., p. 18, 4l et 45. y | *4

DES LETTRES LHEZ LES ARABES. 411

omba entre les mains de Schéfif-Eddin-Abou-Nasr-Anouchirwan-ben- Khaled-ben -Mohammed- Caschani, visir de lostarsched-Billah, qui la trouva parfaite, et engagea l’au- 3ur à en composer d’autres; le visirDjélal-Eddin-Omaid- Iddaulah - Aboulhassan- Ali, fut aussi le protecteur de lariri qui consacra sa vie à la culture des lettres ; on lui oit encore un traité en vers sur la grammaire arabe, ititulé Molhat-Alirab , et un commentaire en prose sur ce îême traité.

Avant lui, Hamadani (Aboul-fadhl-Ahmed-ben-Hosain), tort en 1007 à l’âge de quarante ans, s’était exercé dans le îême genre de compositions et se vantait d’avoir fait quatre ents mécamât ; il était doué d’une mémoire prodigieuse et écitait sans hésitation un poëme qu’il avait entendu lire ne seule fois; il improvisait avec la plus grande facilité, et )ut ce qu’il disait était remarquable par le choix des expresons, la pureté et l’élégance du langage.

C’est à cette branche de la littérature arabe qu’il faut attacher les fables et les maximes morales de Locman, que on a cherché à identifier avec Ésope, et que les Orientaux ppellent le sage par excellence; les contes et apologues fÊbn-Arabschah de Damas; l’ouvrage d’Ebn-al-Mokaffa ititulé Cailla et Dimna , première traduction qui ait été onnée en arabe des fables de Bidpai, et le recueil des Mille ? une Nuits , dont l’auteur est inconnu, chef-d’œuvre inimiible qui allie à des faits historiqùes tout ce que l’imaginaon la plus brillante peut semer d’épisodes charmants, de ensées élevées et quelquefois délicates *.

roverbes et recueils de chansons : première partie des sources historiques.

Ceci nous conduit à parler des recueils de proverbes et | e chansons que possèdent les Arabes , et qui sont une mrce féconde de renseignements historiques. Le livre des

> l. Les séances de Hariri ont été publiées à diverses reprisés par Schultens , iiske, Caussin de Perceval 1819), Peiper (J832 et 1 836), Buckert, 1836-1838. elc.; iis rien n’égale là belle édition de Silvesire de Sacv (Paris, 1822), que réiminie en ce moment M. Hachette. On compte plus de douze éditions des Fables de N icman, six de Calila et Dimna, et plus de trente dés Mille et une nuits, en franis, en allemand et eu anglais.

Proverbes , de Meidani, a souvent exercé la sagacité de nos plus illustres orientalistes ; mais c’est surtout le Kitab ala gani, ou le livre des chansons, d’Aboul-Faradje-Ali-ben- Hosain-Isfahani (d’Ispahan), qui a jeté une vive lumière sur les anciennes annales de l’Arabie. Isfahani était versé dans la connaissance des combats fameux et des faits mémorables de ses ancêtres, dans celle des généalogies et de la |jtc bibliographie ; il composa plusieurs ouvrages jusqu’à sa mort, arrivée en 356 de l’hégire; mais le plus important, sans contredit, comme le plus volumineux, est son recueil Lr de chansons , dont la Bibliothèque nationale possède un! [àw exemplaire en quatre volumes in-folio. On se tromperait ki loi

l’on jugeait ce livre d’après son titre d’un genre frivole ; ce

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sont de véritables morceaux de poésie empruntés à différents auteurs, avant ou après l’islamisme, qui fournissent de nom- le breux et intéressants matériaux pour l’histoire civile et littéraire des Arabes. L’abondance, la variété et le piquant des anecdotes de toute espèce qui y. sont racontées, font passer rapidement sur des particularités dépourvues d’intérêt auxquelles l’auteur s’est peut-être un peu trop attaché. Cet ouvrage, qui n’est connu en Europe que depuis l’expédition d’Égypte, est fondé sur un recueil de cent chansons fait pour le khalife Raschid , par Ibrahim-Mauseli, Ismaïl-ben- Djami et Folaih-ben-Aoura; plus tard, par l’ordre de Wathek , Ishak fils d’ibrahim , ajouta à cette collection les chansons de Mabed , d’Ebn-Soraidj , d’Younis , celles de plusieurs khalifes ou de leurs fils , et quelques pièces de poésie auxquelles se rattachait une histoire instructive ou intéressante. Isfahani, qui vint ensuite, joignit aux chansons dont il fit choix les faits qui les expliquaient, des notices sur les poètes qui les avaient composées , et pour piquer davantage la curiosité du lecteur, évita de s’assujettir à aucun ordre régulier l. La généalogie du poète Abou- Katifah, petit-fils d’Okbah tué de sang-froid après le corn- ■ bat de Beder par ordre de Mahomet, pour ne citer qu’un |q{

i . M. Quatremèrc, Notice sur Meiddni , et Mémoire sur le Kitab- Alagani : Meidanii jiroverbiorum arabicorum pars, par A. Scliultens, I.udg. Rat , 1795 ; l’extrait <l<“ Mabicht, Vratislaviæ, 1826. et l’ouvrage de Frevtag (Arabum proverbia), 3 vol., BonntP, 1838- 1842.

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exemple , fournit à l’auteur des digressions historiques Dleines d’intérêt. Nadr-ben-Hareth partagea le sort d’Okbah ; fêtait un homme distingué par ses connaissances ; il avait /oyagé hors de son pays, étudié les langues étrangères, lu ivec soin les monuments littéraires des Perses et des Grecs, )t apporté ces ouvrages à la Mecque, où il avait introduit le çoût de la musique; mais, fier de son érudition , il s’était ait l’ennemi du faux prophète, relevant ses contradictions, ’accusant d’ignorance. Il paya cher cette hostilité. Le sort les armes l’ayant fait tomber dans les mains de son rival , jelui-ci se hâta de se débarrasser d’un ennemi incommode. Mahomet cependant regretta d’avoir cédé à un sentiment de ^engeance condamnable , en entendant Kotailah sœur de ^adr déplorer dans les vers suivants le malheur de son rère :

O cavalier! Othail (c’est là que Nadr avait reçu le coup mortel), est un ieu où tu arriveras le matin du cinquième jour si tu es bien guidé.

Vas trouver celui qui repose en cet endroit , et porte lui de ma part un idieu dont le léger bruit ne cessera de faire palpiter nos chameaux.

I Dépeins-lui mes regrets, qui tantôt arrachent de mes yeux des larmes abondantes, tantôt m’oppressent et me suffoquent.

Nadr entendrait-il ma voix ; peut-on croire qu’un mort qui ne peut parer soit capable d’entendre?

Il a péri par le glaive des enfants de son père ; grand Dieu , quels liens le parenté ils ont ainsi brisés.

Fatigué, chargé de chaînes, captif, il a été lentement conduit au sup- >lice comme un animal garrotté.

O Mahomet, fils d’.une mère distinguée dans toute la tribu , et du père le dus illustre ,

L’indulgence ne t’aurait causé aucun préjudice; souvent l’homme généeux , quoique agité par les transports de la haine et de la colère , parlonne à son ennemi.

■ Si tu avais voulu accepter une rançon, nous t’aurions offert les objets qui | tussent été pour toi les plus rares et les plus précieux.

Nadr était de tous ceux dont tu as puni les fautes, celui qui te touchait q le plus près, et le plus digne de la liberté, si quelqu’un avait dû l’obtenir.

Les anecdotes abondent dans les récits de Meidani, et queljues-unes sont curieuses ; à propos de ce proverbe : Certes , l ij a de la magie dans V éloquence , il rapporte que ces mots urent prononcés par Mahomet lorsqu’il reçut, en 630, une

lu Livre vi , chapitré ni.

députation composée d’Amrou-ben-Ahtem , Zibrikah-beri- Bedr etKaïs-ben-Asem, qui embrassèrent alors l’islamisme. 11 est souvent fait mention de Kaïs-ben-Asem dans l’ancienne histoire des Arabes et dans les événements qui suivirent là mort de Mahomet. Lorsqu’il fut à l’afticle de la mort, il montra à ses enfants un faisceau de flèches, et leur dit d’essayer de les rompre, voulant ainsi leur faire sentir les avantages qui doivent résulter de l’ufiiôn. Dans un autre endroit, Meidani cite ce proverbe : Le bâton provient du petit bâton , pour indiquer que parfois une grande chose naît d’une petite, et il donne à ce sujet quelques détails qui orït fourni à un auteur célèbre le sujet d’un conte bien connu : Les quatre fils de Nizar,Modar, Aiad,Rebiah, Anmar, n’ayant pu s’entendre Sur le partage des biens paternels , se rendirent auprès d’Afà-le-Djoramide, qui était le juge des Arabes; sur la route, ils rencontrèrent un homme qui cherchait un chameau , ils lui demandèrent si ce chameau n’était point borgne , penchant d’un côté , sans queue, et d’un naturel farouche ; l’homme répondit affirmativement et s’imagina que les quatre frères s’étaient emparés de l’animal , mais ils déclarèrent ne l’avoir pas même aperçu. Interrogés par Afà, Môdàr dit qu’en voyant les restes d’un champ dont l’herbe avait été mangée seulement d’un côté, il en avait conclu que la bête qui était venue paître en cet endroit était borgne; Rébiah avait remarqué qu’un des pieds de devant avait laissé sur la terre une trace bien imprimée, tandis que la trace de l’autre pied était mal formée; Aiad avait jugé qu’il n’avait pas de queue parce que ses excréments n’étaient point dispersés; Anmar enfin avait observé que l’animal se trouvant dans un lieu dont l’herbe était abondante, l’avait quittée pour une herbe beaucoup plus maigre. Les Arabes aimaient beaucoup à exercer ainsi leur sagacité , et on rencontre dans leurs écrits plusieurs traits de ce genre.

I*oésles arabes s deuxième partie «les sources historiques; les sept inoallacat, etc.

On a dit àvec raison r|uc les poètes arabes avaient été les

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premiers historiens de leur pays. Tous les ans , à la foire i’Ocazh , on entendait le récit des hauts faits des guerriers m renom; chacun vantait la noblesse et l’illustration de sa tribu. Lorsqu’une pièce de vers ou cacida obtenait l’admiration générale , elle était écrite en lettres d’or et attachée aux murs de la Kaaba; de là les mocdlacat dont nous avons parlé. Celle de Harith-ben-Hillizé rappelle le différend des bacrites et des taghlibites, les combats où ses adversaires ont eu le dessous, les affronts qu’ils ont reçus et qui sont restés impunis.

Zoheir célèbre dans sa moallacat la réconciliation des Abs et des Dhobyan. Amr ou Àmrou, fds de Colthourn, fait dans la sienne un éloge emphatique de la tribu des Taghlibites en général , et de la famille de Djohram en particulier. Les ynoallacat d’Imroulkaïs, de Tarafa, d’Antara et de Lebid ont un autre caractère ; c’est Une suite de tableaux où se peint l’imagination de l’auteur ; les riches détails, les comparaisons variées, les figures hardies dont ces poèmes sont semés, ont servi de modèle aux écrivains des siècles suivants. Imroulkais, né vers l’an 500, avait longtemps mené tme vie errante. Son père était chef des Abou-Asad ; il périt assassiné, etïmroulkays, pour venger sa mort, s’adressa inutilement aux Arabes nomades du désert , aux princes de l’Yémen et à l’empereur Justinien ; il expira lui-même près d’Ancyre , peut-être empoisonné. Tarafa eut une destinée plus cruelle encore ; ayant encouru la disgrâce du roi de Hira Amr, fils de Hind et de Moundhir 111 , qui l’avait accueilli avec faveur, il fut enterré vivant, à peine âgé de vingt ans. Ântara, qui s’illustra par ses exploits et son génie poétique, n’eut pas des aventures moins surprenantes : fils de Cheddad et d’une esclave abyssinienne, il suivit le sort de sa mère ; déclaré libre au milieu d’une action sanglante, il fit plus d’une fois des prodiges de valeur et devint un véritable héros; ses hauts faits ont donné naissance à un roman moderne très-populaire en Orient, et qui ne comprend pas moins de trente-quatre volumes in-4°. L’auteur, Sayyid-Yousef , fils d’Ismail , a fait une peinture exacte de l’existence des Arabes du désert , dont il décrit avec une verve singulière les

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vertus et les vices, introduisant dans son récit les événements et les personnages les plus remarquables du siècle de Mahomet. Àntara fut tué dans un âge avaucé par un Arabe de la tribu de Nebhan, nommé Wizr, qui fut un des députés envoyés au prophète en 629 par les Benou-Tay 1.

A côté des sept poètes qui eurent l’honneur d’attacher leur nom aux moallacat, se trouvent des hommes d’un mérite aussi éminent, parmi lesquels nous devons mentionner les deux Mourrakisch , qui prirent part à la guerre de Bacous ; Schanfara, de la tribu d’Ard ; Taabbata-Scharran ; Nabigha-Dhobyani , qui se concilia successivement la faveur des rois de Bira et des princes Gassanides, et qui vécut jusqu’au commencement du vne siècle de notre ère ; enfin Dourayd, fils de Simma, qui périt à la bataille de Honaïn , après avoir atteint une extrême vieillesse.

Dès les premiers temps de l’islamisme, ce furent les poètes de la Mecque qui commencèrent l’attaque contre les nouvelles doctrines. Mahomet fut en butte aux satires d’Abdallah, fils de Zibara; d’Abou Sophian fils de Harith fils d’Abdelmotaleb et d’Amrou fils d’El-As fils d’Oinmiah; il chargea trois poètes khazradjites de sa défense: Hassan fils de Thabit, Abdallah fils de Rowaha et Caab fils de Malik. Les hostilités furent vives de part et d’autre, et les victoires de Mahomet purent seules arrêter cette guerre de récriminations et d’allusions mordantes. Un autre Caab fils de Zoheir l’auteur d’une des moallacat, ayant parlé du prophète et de sa religion en termes méprisants, fut frappé de proscription ; plus tard , il se fit musulman pour sauver sa vie, et composa la Cacida si célèbre connue sous le nom de Poème du manteau (Cacida-el-borda). Lorsque Mahomet l’entendit réciter ces vers :

Le prophète est un flambeau qui éclaire le monde ,

C’est un glaive que Dieu a tiré pour frapper l’impiété,

il lui jeta son manteau comme marque de satisfaction; ce manteau, acheté depuis par les khalifes Abbassides, est con-

I. Moallakat or Serai arabian voevis , etc., Ed. W. Jones. I.ondon. 1732 : les Moallacat ont cte imprimées plusieurs fuis séparément: voy Zenker, Bibliographie orientale poêles arabes), p. 52-59. et la Cnreslomathie arabe de S. de Sacy.

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;ervé, dit-on, encore aujourd’hui à Constantinople dans le valais des sultans ottomans L

Les recueils d’anciennes poésies arabes qui comprenaient es productions d’un auteur ou d’une tribu entière, portent le nom de divan , et la connaissance des divans fornait une branche des études historiques; quelques oui rrages comme le Hamasa offrent au contraire la collection les meilleurs morceaux d’écrivains différents. La poésie îe se conserva avec son énergie primitive que dans l’Arabie nême; au dehors elle perdit de sa force et de sa dignité, m l’appliquait à toutes les sciences; la théologie, la phiosophie, l’algèbre et même la grammaire furent quelquefois raitées en vers.

Au ixe siècle de notre ère, Motenabbi composait plusieurs >oëmesen l’honneur de l’émir Seif-Eddaulah-Aboul-Hasan-Ali-ben Hamdan ; Abou-Temam-Habib-ben-Aws, surit îommé Al-Thaii , rédigeait le Hamasa; on admirait plus ard Abou-Nowas, mort en 810; Ebn-Doreid, mort en 933; Ü)ou-01a, mort en 1057 ; Ebn-Faredh, mort en 1235, etc.;

. fers 1092, Tantarani mettait en vers arabes le traité de jurisprudence de l’iman Gazzali-Omar-ben-Faredh (né en 1180, aort en 1234), et publiait un poème sur la doctrine et les pratiques dej’ordre des fakirs ; ses ouvrages, très-estimés des )rientaux, étaient recueillis en un divan par son disciple Ali.

On reproche généralement à la poésie arabe de manquer l’étendue, de variété et de plan; si l’on excepte quelques ontes des Mille et une Nuits écrits moitié en prose, moitié n vers, les poèmes historiques d’Abou-Temam , de Gema- 3ddin, etc., certains ouvrages où paraissent des inter- Dcuteurs , tels que le Babillard, l’Homme qui élève trop t l’Homme qui baisse trop la voix , par Abou-Jali-ben-alïobaria, et les dialogues deMohammed-ben-Æ/oÆ<m«^, introiuisant sur la scène cinquante professions qui toutes parlent eur langage particulier, on rencontre peu d’écrits de lon- ;ue haleine ; la plupart des morceaux qui brillent par la >eauté des détails sont resserrés dans un cadre uniforme et

1. Carmen myslicum Borda diclum, Ed. J. Uri, Lugd. Bat , 1761, et l’édition de » f. Edlen von Rosenzweig, Wien, 1824.

parfois décousu ; cependant il faut reconnaître que les poëtesjj H de la grande époque du khalifat n’ont pas cette recherche! ! de sentiment, cette exagération d’images qui déparent le|J 1 plus souvent les compositions orientales ; on pourrait même! les accuser d’un défaut contraire , si on les jugeait d’après^ les sentences d’Ali. La ballade de Maiçounah est d’un stylda chaste et pur; le mauvais goût n’envahit la littérature qu’au temps de la décadence ?.

C’est surtout dans la poésie, lyrique que se révèle le génie: des Arabes ; leur élégie est pleine de sensibilité ; leur épi-i gramme est vive et mordante ; leur apologue est quelquefois sublime; leur idylle pleine de grâces et de vérité ; ils.

n’ont qu’à retracer les scènes qui sont sous leurs yeux san^ A qu’il leur soit nécessaire de rien changer au langage dej sic

leurs héros; aussi excellent-ils dans le genre pastoral, n \fi\ En Espagne , l’imagination des poètes s’exerçait dans le nouvelles et les romances; les sectateurs de Mahomet fureni iîacl toujours de grands conteurs ; le soir ils se rassemblaient sou leurs tentes pour entendre quelque récit merveilleux auque se mêlaient comme à Grenade la musique et léchant; le Roi ; mancero composé de pièces traduites ou imitées de l’Arab retrace avec exactitude les fêtes du temps, les jeux de Bra gués, les courses de taureaux, les combats des chrétiens et de ipbc musulmans , les hauts faits et les danses des chevaliers e cette galanterie délicate et recherchée qui rendit les Maure espagnols fameux dans toute l’Europe. Le nom seul de ^ poètes , le titre de leurs ouvrages qui nous sont enconj presqu’inconnus, rempliraient des volumes. C’est de leur divans que les Provençaux empruntèrent la rime, employé de temps immémorial par les Arabes2. Ahmed-ben-Mo hammed (Abou-Amrou) mort en 970, considéré comm le meilleur poète arabe de l’Espagne, écrivit aussi les annale de la Péninsule et célébra les entreprises des Ommiades.

1. Prorerbia quædam Alis imp. muslemici et carmen Tograi nec non disserta

tio Abou-Smæ, Ed. J. Golio, I.ugd. Bat., 1 629 ; le même ouvrage en français, publi par E». Yaliier, 1760 : Ockley, Hist. des Sarrasins , etc., page 337. — Hamasæ car mina.e d Freylag, Bonnæ,’l828 ‘

2. Viardot, t. II, p. 1 58 ; et Middeldorf déjà cité, d’après Casiri.

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Historiens arabes, Aboulfeda, Abonlfaragc, liobaeddin.

Il ne faudrait pas croire cependant que Jes sources que îous venons d'indiquer fussent les seules à consulter pour r pien connaître les traditions des Arabes; ils avaient aussi eurs historiens ; on a coytume de placer au premier rang Aboulfeda, Aboulfarage etBohaeddin, qui ont été mis tout particulièrement à contribution par les savants de l’Occilent; mais Ebn-Khaldoun, Makrîzi, Schems-eddin , Soyouhi , Nowairi et d’autres que nous aurons l’occasion de mentionner, n’ont certes pas une moindre valeur. Hadji- 4 Ûialfa cite treize cents ouvrages appartenant à ce genre, et e Nethaidje de Jabja-Effendi en désigne quinze comme dassiques. Us ont en général la sécheresse des chroniques; )n n’y trouve pas cette liaison morale des événements qui ; constitue véritablement l’art d’écrire l’histoire ; toutefois ü :i 'exactitude avec laquelle sont indiqués les lieux et les dates les événements, offre un mérite qu’on ne saurait trop apprécier et permet aux esprits d’un ordre élevé d’appuyer eurs cpnsidérations et leurs jugements sur une Jpase solide it réelle.

|| Aboulfeda dont nous avons déjà parlé en traitant des géoçpipjies arabes, mêlé à tous les grands intérêts de son .emps, exerçait à Hamah la puissance souveraipeau commencement du xive siècle. Doué de qualités éminentes, il brillait par son courage à la guerre et par sa prudence dans les conseils ; il aimait avec passion les lettres et les sciences, et il écriât une Histoire abrégée du genre humain , divisée en cinq parties et remplie de faits curieux. La première partie comprend les patriarches, les prophètes, les juges et les rois l’Israël ; la seconde les quatre dynasties des anciens rois de -‘erse ; la troisième, les Pharaons d’Égypte, les rois de la frèce, les empereurs romains; la quatrième, les rois de 'Arabie avant Mahomet; la cinquième, l’histoire des diffé— ■entes nations, des Syriens, des Sabéens, des Coptes, des ■ersans etc., et les événements arrivés depuis la naissance le Mahomet jusqu’en 1328 de J. C. — Aboulfeda mourut trois ins plus tard. — Son livre n’est pour les temps anciens qu’une

compilation de valeur médiocre , mais il peut être consulté avec fruit pour l’histoire politique et littéraire de l’islamisme et pour celle des empereurs grecs des vme, ixe et xe siècles.

Nous possédons d’Aboulfarage une chronique ou histoire universelle depuis la création du monde, qui fournit de précieux documents sur les Arabes, les Mongols et les conquêtes de Gengis-Khan; né en 1226 à Malatia, mort en 1286, Aboulfarage nommé aussi Bar-Hebræus, était de la secte des chrétiens jacobites ; il fut successivement évêque de Gouba, d’Alep et primat des jacobites d’Orient; il composa plusieurs ouvrages de théologie et de philosophie, et après avoir écrit son histoire générale en syriaque, il la traduisit lui-même en arabe à la prière de ses amis.

Pour Bohaeddin, il nous est connu par son histoire de Saladin; né à Mossoul en 1145, il étudia avec ardeur les traditions et la jurisprudence, professa quelque temps à Bagdad dans le collège de Nedham-el-Mulk, puis dans celui que le cadi Kemal-Eddin-Mohammed-Chehrezouri avait fondé à Mossoul. S’étant concilié la faveur de Saladin il fut) nommé parce prince cadi’lasker ou juge de l’armée, etjugej de Jérusalem. Après la mort du sultan, à laquelle il assista, il conserva sous ses fils une très-grande influence et devint ( cadi d’Alep où il fonda un collège et une école; vers 1231 ; il renonça aux affaires publiques et ne cessa jusqu’à sa mort] arrivée en 1235 de professer avec distinction1.

Kim lüiitidouii ; iVaki iæi; Al-Soionthi, etc.

On conçoit très-bien qu’en présence du despotisme oriental, les historiens manquassent de la liberté nécessaire pourl exprimer leurs pensées ; lorsqu’un prince défendait sousl peine de mort d’écrire les annales de son règne, ils étaient avertis qu’ils devaient mettre la plus grande réserve dans

i. Abulfeda, Annales moslemici, Intinos exarabicis fecit Reiske, 1794, et l'edi tien d’Adler, 1789-1794 ; de Vitâ Mohammedis, éd. J Gagnier, 1722; trad. en an Riais par Murray et en français par M. Desvergers, 1837 ; et enfin VHistoria anteislamica de Fleischer, Lipsiæ, 1831. - Historia compendiosa dynastiarum autore Greyorio Abulpharajio , etc., trad. par Pococke ( Oxoniæ, 1663 et 1672', avec le supplément; l’édition en allemand de G. R. Bauer (Lcipsig, 1783- 1785), Lectiones ubulphurayianæ, de Roeper (Danizig, 1844), etc. — Vitu et res yestæ Saladini Aucture liuhadino F. Sjeaadi , ed. Alb. Sehultens, l.ugd. Batav., 1733 et 1735.

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èurs appréciations et se borner à rappeler les faits qui pouvaient rehausser la gloire du souverain. Cependant Ibn- Khaldoun paraît sortir de la classe commune; né à Tunis 3n 1332, jeté jeune encore au milieu des révolutions dont 'Afrique fut le théâtre au xive siècle, il servit quelque temps es rois de Fez, et se rendit ensuite au Caire où il enseigna obliquement. Nommé chef des cadis de la secte de Malec m Égypte, souvent destitué, mais rappelé presque aussitôt aar les sultans qui comprenaient toute la valeur de ses services, il mourut à l’âge de soixante-seize ans en 1406. Parmi les ouvrages qu’il avait composés, il en ést un qui révèle un génie véritable et dont nous aurons bientôt une excellente traduction ; il est connu sous le nom d’annales TEbn-Khaldoun et contient indépendamment de prolégomènes étendus, l’histoire des Arabes jusqu’à la fin duxivc siècle, et celle des Berbères.

L’auteur traite d’abord de la critique historique ; puis il étuiie la société à son origine, donne une description succincte lu globe et recherche quelle influence la diversité des climats peut exercer sur l’homme; il examine ensuite les causes du développement et de la décadence des États chez les peuples nomades et au milieu des grandes agglomérations d’individus; il traite du travail en général, énumère les diverses professions libérales et mécaniques, et termine par une classification des sciences, animant son récit par des exemples curieux et instructifs puisés dans les annales de toutes les nations. Il existe une version turque de ces prolégomènes faite sous le règne d’Achmet III, par Mohammed Pirizadeh et qui est d’un tiers plus longue que le texte original.

Makrizi (Taki-Eddin- Ahmed) contemporain d’Ebn-Khaldoun ne fut pas moins célèbre comme écrivain ; il mourut en 1442, laissant deux ouvrages d’une égale importance, l’histoire des sultans mamlouks traduite par M. Quatremère, et la description historique et topographique de l’Égypte, mine inépuisable d’anecdotes relatives à l’histoire religieuse, politique, administrative et commerciale de cette contrée depuis sa conquête par les Arabes,

jp LIYRE VI, CHAPITRE III.

La famille de Makrizi était originaire de Baalbek; luimême né au Caire en 1364, y grandit et y fit ses études; ses heureuses dispositions le firent entrer bientôt dans les bureaux de la chancellerie auprès du cadi Bedreddin-Mohammed-ben-Fadhl-Allah-Omari. 11 fut à plusieurs reprises revêtu de la charge de mohtésib et exerça divers emplois relatifs à la religion. 11 avait d’abord adopté les opinions de la secte des hanéfis; il embrassa plus tard les dogmes de Schafeï et montra contre les partisans d’Abop-Hanifah une partialité qui lui a été reprochée par ses contemporains. Les vastes connaissances qu’il avait acquises et un goût très-vif pour la vie retirée, lui permirent de se livrer entièrement à la composition de nombreux ouvrages qui lui ont valu dans ces derniers temps le surnom de Yarron de l’Égypte musulmane ; il est à regretter que plusieurs de ses écrits ne nous soient point parvenus, mais on peut se faire une idée de l’activité littéraire de Makrizi, en songeant qu’il avait entrepris de rédiger une chronique générale qui devait avoir plus de quatre-vingts volumes. Ce recueil qui ne fut point achevé comprenait par ordre alphabétique l’histoiré de tous les princes qui avaient régné en Égypte, de tous les personnages qui avaient fleuri dans cette contrée, et même de ceux qui l’avaient habitée ou visitée momentanément. II existe à la Bibliothèque nationale un volume de ce dictionnaire, de la main même de l’auteur, qui permet de juger l’ensemble et les détails du plan que s’était tracé Makrizi1.

L’Égypte compte de nombreux historiens ; indépendamment de Djemal-Eddin-hen-Wasel, qui vivait en 1250, et que Makrizi a souvent mis à contribution , nous pouvons rnen“

i. M. Quatremère publie en ce moment les prolégomènes d’Ebn-Khaldoun ; M. Slane adonné le texte de Y Histoire des Berbères: M. Desvergers VHistotre de l'Afrique nous les aglabites ( 1841) ; Tornberg, les expéditions des Francs sur les terres soumises à l’islamisme i Üpsal, 1 84 1 ) . Nous connaissons encore d’Ebn Klialdoun un extrait sur l’art de i 'architecture par Coquebert de Montbret, 1827, et VArticolo sull’antica e varia arte di scrivere appresso gli arabi, imprimé à Home en 1820. — VHistoire des sultans mamlouUs de Makrizi a été commencée par M. Quatremère en 1837. Nous avons rendu compte de cet important ouvrage ( Journal nsiatique , 1839 - 1846 '. On a de Makrizi : 1° Ilistoria rerum islamiticarum in Abyssinia , éd. Hink, j.ugd. Bat., 1798 ; 2° Historia inonetæ ara,bicx et traclmus de leqalibus arabum pohdenbus a c mensuris , éd. Tychseii, i797 et 1800. M. de Sacy a traduit ces deux traités en français, 1797 et 1799.

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DES LETTRES CHEZ LES ARABES

ionner Aboul-Mahasert-ben-Taghri-Berdi, qui nous a laissé 3S annales de cette contrée, depuis l’invasion des Arabes jsqu’en 1453, époque à laquelle ldi-même florissait; Ebn- Lyyas (Mohammed-ben- Ahmed) qui les a continuées jusu’en 1522 de J. C. ; Schems-Eddin fils d’Aboul-Sorour qui arrête en 1652; on sait quel service immense M. de Sacy rendu aux lettres orientales, ieli traduisant la description e V Égypte d’Abdallatif contemporain du sultan Saladin, ié à Bagdad en 1161, mort en 1231) ; Al-Soïouthi (Aboulidhl-Abderrahman-Djelaleddin ) n’est pas moins célèbre u’Abdallatif , par son histoire de l’Égypte qui s’étend deuis le commencement du monde jusqu’au règne du sulm Abou-Nasser-el-Melik-al-Aschraf-Caitbaï; cet écrivain, ui composa plus de livres que beaucoup de personnes n’en ntlu dans le cours de leur vie , était né à Siout en Égypte ers l’année 1445 de J. C. ; il mourut en 1505 et sa biograhie pourrait se borner à la liste de ses ouvrages s’il était ossible de la donner complète ; M. Audift'ret dans la otice qu’il a donnée sur Soïouthi n’en compte pas moins e cinquante-six1.

Ilasoiuli, Tabari , Kbn-al- lüiir, lowairi, etc.

Cette fécondité merveilleuse se retrouve dans la plupart es auteurs arabes des beaux jours de l’islamisme ;Masoudi ui vivait au Xe siècle et qui jouit comme historien 'une grande réputation , brillait surtout par l’étendue de îs connaissances. Animé, dès son enfance, d’une vive assion pour l’étude, il approfondit tour à tour les sciences,

. philosophie, la littérature, la géographie et l’histoire, orsqu’on parcourt ses ouvrages, dit M. Quatremère, on >t vraiment stupéfait en songeant sur quelles matières disses il avait écrit et combien de questions importantes et

1. Relation de l’Êgypte d’Abdallatif, etc., par S. de Sacy, Paris, 1810, l’édin de Pococke et de J. White. 1800, et les Ægyptiaca de W. White. 1 801 ; Mousley ionné, en 1808, la Vie d’ Abdallatif d’après Abou-Oseibah. Nous avons encore Makrizi : iu Narratio de expeditionibus a Græcis francisque adversus Dimya- , am , éd. Hamacker, 1824; 2U Historia Coptorum christianorum in Egypto , éd. etze. Voy. aussi Denkiourdiglceiten ægyntens in Hinsicht auf naiurreich 'd yliysische beschaffenheit des Landes und der Eimoohner, etc., éd.Wahl, 90, et le Maured Allatafet Jamaieddini Togri-Rardii seu rerurn Ægyotiacak m annales ah àhno Chris'ti 971 mque ad ànnüin 1453, éd. J. E. Carlyiè,*1792.

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difficiles se trouvaient résolues dans ses diverses productions. Son érudition était immense pour le temps où il fïorissait ; non-seulement il avait lu et médité tous les livres qui concernaient les Arabes, mais il avait embrassé dans ses vastes recherches l’histoire des Grecs, des Romains et de toutes les nations orientales soit anciennes soit modernes. Les opinions religieuses des juifs, des chrétiens, des hérétiques, des musulmans, des mages, des idolâtres, lui étaient également familières et l’on pourrait assurer, sans crainte d’être démenti que chez les Arabes , aucun écrivain n’a réuni au même degré une érudition presque universelle. Si Masoudi manque quelquefois de critique, il faut se souvenir que son active curiosité le porta à visiter les lieux! ^ dont il voulait faire connaître l’histoire, et que souvent il se! ^ trouva entraîné à reproduire des récits d’origine quelque !3ct peu suspecte. On croit qu’il mourut vers 956 dans la capitale de l’Égypte sans avoir revu l’Irak sa patrie ; on ignore r s’il prolongea sa carrière jusqu’à un âge avancé. Ses deux lura principaux ouvrages, les Histoires du temps Akbar-al-Zemai et le Livre moyen Kitab-Aousat, qui forment plus de ving volumes in-4°, ne sont pas connus en Europe ; mais son Moroud Addheheb ou Maadin Aldjewahir, les Prairies d’oi\ N et les Mines de pierreries , nous est parvenu et nous a fourn une ample moisson de faits curieux et instructifs; l’ouvragi est divisé en cent vingt-six chapitres dont soixante-'cf (j p pour l’histoire ancienne des Arabes et des nations étran gères, et soixante et un pour celle de Mahomet et de se successeurs. Ces chapitres contiennent bien moins un histoire suivie que des documents épars qui sans doute n’a vaient point trouvé place dans les grandes collections histo riques de l’auteur.

Près d’un siècle auparavant, Tabari (Abou-Djafar-Mo! hammed fils de Djorair), composait sa chronique uni ver selle qui s’étend depuis le commencement du monde jus qu’à l’an 302 de l’hégire (914 de J. C.); il était d’Amo capitale du Tabaristan et il mourut à Bagdad en 922 à l’âg de quatre-vingt-trois ans; versé dans la connaissance d traditions et de la jurisprudence, il était compté au nombr

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