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Voy. l’appendice, n° l

LES ARABES AYANT MAHOMET

venue s’établir vers l’année 118 de J. C. à Bath-Marr, près de la Mecque ; cent ans plus tard cette colonie se dispersa, et plusieurs des tribus qui la composaient s’arrêtèrent près de l’étang de Ghassan , situé sur les frontières de l’Hedjaz ; delà le nom de Ghassanides, sous lequel elles prennent rang dans l’histoire. Après des alternatives de succès et de revers, elles s’avancèrent jusqu’au Borra, et en 292 leur chef Thalaba recevait des Romains l’investiture de la charge de phylarque. Son successeur Djafna Ier est la tige d’une dynastie qui doit se prolonger jusqu’en 637, époque à laquelle Djabala YI, dernier roi de Ghassan , embrassa l’islamisme. Pendant cette longue période , les Ghassanides secondent les empereurs de Constantinople dans leurs expéditions contre les Perses, et, devenus chrétiens vers le milieu du ive siècle de J. C. , ils soutiennent contre les rois de Hira une guerre incessante , qui n’amène aucun résultat décisif. Harith Y el-Aradj, fils d’Abou-Chammir, obtient de Justinien les titres de patrice et de roi ; il est présent en 531 à la bataille de Callinique perdue par Bélisaire ; mis en déroute en 539 par Moundhir III, il répare peu d’années après cet échec et fait une expédition heureuse en Arabie contre les Juifs de Khaïbar; il entreprend en 562 un voyage à Constantinople et meurt en 572 ; les légendes arabes et les chroniques grecques font aussi mention de deux reines ghassanides très-célèbres, l’une, Mawia, qui en 377 secourut la veuve de Yalens, assiégée par les YVisigoths dans sa capitale; l’autre, Maria, surnommée Dzat-el-Cour taïn (aux pendants d’oreilles) , parce qu’en se convertissant au christianisme, elle fit présent au temple de la Mecque de deux perles d’une valeur inappréciable. — Les Ghassanides, alliés de Maurice (584-588) et d’Héraclius (610-641), contribuent aux victoires de ces deux empereurs ; ils combattent à Muta en 629 , partagent la défaite de l’Yermouk en 634 et ne se soumettent aux khalifes que trois ans plus tard1.

L’Arabie septentrionale était donc au commencement du vne siècle resserrée entre les Perses et les Grecs , maîtres del’Êgypte, de la Palestine et de la presqu’île du Sinaï;

.. Yoy. l’appendice, n° 2.

et entre deux États tributaires, l’un de Constantinople, l’autre de Ctésiphon, qui exerçaient sur les déserts de la Syrie, de l’Irak et de la Mésopotamie une prépondérance marquée.

Arabie méridionale (de 16S av. J. C. à 59Ï apr. J. C.)5 Tobbas de l'¥émen; les Abyssins.

Le midi de la péninsule ne s’était pas soustrait aussi longtemps au joug étranger; les Jeetanides y avaient formé 1 de nombreux établissements à la suite de la dynastie sabéenne, qui avait fondé Mareb, Dhafar, Aden, Nadjran, etc. ; des conjectures récentes dont il nous est impossible d’admettre la parfaite exactitude, ne font pas remonter ces ; établissements au delà de l’année 794 av. J. C. ; les Hémyarites ou Homérites, appartenant à la même famille , auraient commencé en 167 seulement la dynastie des Tobbas\ qui ne doit succomber qu’en 525 de J. C., sous les armes ] des Abyssins. Harith Erraich, premier Tobba, devait réunir toute l’autorité entre ses mains et soumettre l’Hadramaut, I le Mahrah et l’Oman.

Les habitants de l’Yémen s’adonnèrent, sous les Tobbas, aux travaux de l’agriculture et du commerce ; un vaste système d’irrigation distribua l’eau dans toute la province. I L’encens et les parfums transportés au dehors augmentèrent leurs richesses. « Les Hémyarites, dit Masoudi, jouissaient de toutes les aisances de la vie ; ils avaient en abon- 1 dance tous les moyens de subsistance, une terre fertile, 1 un air pur, un ciel serein , des sources nombreuses , une I puissance bien affermie. » Suivant Makrizi, l’ancienne écriture hémyarite appelée Mousnad était composée de lettres I isolées ou détachées, et plusieurs inscriptions découvertes 1 par MM. Wellsted et Cruttenden paraissent offrir des échan- 1 tillons de cette écriture ; mais l’opinion des savants n’est pas encore fixée à cet égard.

Un événement peu important en apparence vint porter, vers 120 de J. C., un coup funeste à l’autorité des Hémyarites. 11 existait près de Mareb une digue immense, desti-

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