‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 105 sur 181 · II. JACQUES BOONEN · texte numérisé non relu

II. JACQUES BOONEN

comme des faits certains dans Toraison jfunèbre de notre archevêque.

La veuve Boonen avait pardonné héroïquement aux meurtriers de son mari ; mais elle sortit du pays avec ses deux enfants et alla s*étab]ir à Cologne où le culte catholique pouvait s*exercer librement. Quelque temps après que la ville de Maestricht, soumise par les armes victorieuses du prince Alexandre Farnèse (29 juin 1579), fut rentrée sous l'obéissance du roi d'Espagne, le jeune Jacques Boonen fut confié à la sollicitude de son oncle paternel, Engelbert, prévôt de Saint-Servais à Maestricht. Après avoir fait ses premières études dans cette ville, il fut envoyé au collège de Pont-à-Mousson en Lorraine, pour y achever ses humanités et apprendre la langue française sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus (i). En 1587, il se rendit à Louvain et fut inscrit sur les rôles de la pédagogie du Porc pour suivre le cours biennal de la faculté des Arts. A la promotion générale de 1589, il remporta la cinquième palme sur un nombre considérable de concurrents. Il ne comptait encore que seize ans,

Jacques ne songeait pas en ce moment à embrasser Tétat sacerdotal. Issu d'une famille distinguée dans la magistrature , il se mit aux arides études de la jurisprudence, dans l'intention sans doute d entrer dans la carrière que son père avait suivie. Bientôt muni du diplôme de licencié en l'un et l'autre droit (7 octobre 1595), il attira les regards du duc d'Arenberg. Ce prince l'envoya à La Haye en qualité d'intendant et d'avocat de sa maison près des tribunaux des Provinces-

(1) Ce collège parait être fondé en 157é par le cardinal de Lorraine, ( dcTÎnt nne uni?ersité.

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Unies, l/archiduc Albert le chargea en môme temps d'y préparer les voies à un traité de paix avec les provinces septentrionales ou du moins à une suspension d'armes.

La Providence avait d'autres vues sur le pieux jeune homme.

Revenu de La Haye, Jacques Boonen se retira à Malines. Là demaurait sa sœur, mariée à Pierre van Peck ou Peckius, seigneur de Bouchon t, d'Hove et de Borsbeek, chancelier du conseil de Brabant, membre du conseil d'état (i). C'est dans cette ville, que, prenant en dégoût les choses du monde, il songea sérieusement à se dévouer au service des autels. Après avoir longtemps délibéré et prié, il communiqua son dessein au docteur Jacques Jansonius, doyen de Saint-Pierre à Louvain et vice-chancelier de l'Université. Puis il alla se jeter à genoux devant l'image miraculeuse de Notre- Dame d'Hanswyck et promit à Dieu de le servir avec zèle dans la prêtrise. Un tel acte montre bien que ce n'était pas le désir des honneurs de l'Église qui avait déterminé sa tardive vocation au sacerdoce.

A peine engagé dans la milice sainte par la réception des ordres mineurs, Boonen se vit élu chanoine

(1) Peckius (1562-1625) fut Tambassadear de nos Archidacs à la ooar d'Henri IV, à Vienne, à Wurtzbourg, à la Uaje, etc. Le Béarnais l'appelait le tage flamand. -- Son père, qui portait le même nom de baptême, fat d'abord professeur à Bruxelles, et finit sa carrière de jorisc jnsnlte au grand-conseil de Malines. — Voir dans \KR9tue Oéiiirale, Bmi. 1865, p. 352 et sqq. une notice sur le chancelier Peckins.

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