‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 107 sur 181 · IV. JACQUES BOOXEN · texte numérisé non relu

IV. JACQUES BOOXEN

le modèle de son clergé et la bonne odeur du divin Maître en tout lieu (i).

Pendant qu'il édifiait le troupeau dont il était le premier pasteur, l'Église de Malines perdit son troisième archevêque. Hovius décéda dans le monastère d'Afflighem le 30 mai 1620, après avoir reçu les derniers sacrements des mains de messire Boonen, son suffragant.

Lorsqu'il s'agissait de pourvoir à un siège vacant, les archiducs avaient coutume de consulter quelques évéques du pays. Tantôt, après l'avis préalable du conseil d'état, ils proposaient plusieurs candidats sur les mérites desquels les évoques étaient invités à faire connaître leur avis ; tantôt ils priaient les évoques de désigner eux-mêmes l'ecclésiastique qu'ils jugeraient le plus capable et le plus digne des honneurs de l'épiscopat. Celui qui réunissait les meilleurs suffrages était proposé par la cour au Saint-Siège. Jamais peutêtre l'avis des prélats comprovinciaux ne fut pas aussi unanime que lorsqu'il s'agit de nommer le successeur d'Hovius. En effet, tous placèrent l'évêque de Gand au nombre de leurs candidats (2). L'évêque de Ruremonde, Jacques à Castro, avait répondu à l'invitation de la cour, en proposant Jacques Boonen et Jean Malderus comme également dignes. Malderus, proposé lui-même par Boonen, désigna à son tour l'évêque de Ruremonde ou celui de Gand, mais ce dernier avait sa préférence. « L'évêque de Gand, dit-il, n'est pas

(1) Cfr. Van De Vcide, S^m. Monum. III. 783-785.

(2) Analectes pour servir à Vhi$toire ecel, de la Bêlgiq^ê^ année 1164^ 1. 1, p. 214.

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seulement un homme de vie intègre et d*un zèle éminent ; il a en outre une grande expérience et beaucoup de dextérité pour traiter les affaires épineuses. L'évoque de Ruremonde est aussi un homme fort remarquable et ne doit céder le pas qu'à un petit nombre ; mais celui de Gand est plus éveillé {excitatior)^ plus apte à la pratique et plus habile dans l'action (i). y» Tel fiit l'avis de Malderus ; il prévalut au conseil d'Etat.

Le 7 juillet 1620, les archiducs signèrent au château de Tervueren les lettres par lesquelles ils demandaient au Saint-Siège que Boonen fût institué archevêque de Malines. Ce ne fut que le 21 octobre 1621 que Grégoire XV ratifia la translation demandée. Le 26 novembre, l'élu prit possession du siège métropolitain par l'archidiacre Pierre Van de Wiele. Le 15 décembre , il reçut à Bruxelles le pallium des mains du nonce Guidi à Balneis ; le 24, il fit son entrée solennelle dans la cité de Saint-Rombaut.

A Gand, il eut pour successeur Antoine Triest, évéque de Bruges depuis l'an 1617. Il était né, en 1577, au château de Beveren, et était fils de Philippe Triest, seigneur d'Auweghem et haut-échevin du pajs de Waes. 11 fut installé à la cathédrale de Saint- Bavon le 15 mars 1622. Nous le verrons suivre Mgr Boonen dans l'affaire du jansénisme ; mais, s'il a eu le malheur d'être un moment désobéissant au Pape, il ne s'est pas séparé de l'unité catholique. Nous oublions sa faute pour ne plus songer qu'à ses grandes et bonnes œuvres (2).

(1) AnaUctô» cités, pag. 218.

(2) Voir Van de Velde, Synopsis Montm, III, pag. 763 et pag. 786.

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