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IV. JACQUES BOONBN

La Belgique venait de perdre son bien-aimé souverain, Tarchiduc Albert, 13 juillet 1621. L'archevêque Boonen, à peine intronisé, eut le triste honneur de célébrer Toffice pontifical aux obsèques du prince , célébrées avec une magnificence royale à Sainte-Gudule, le II et le 12 mars 1622. Cet honneur lui avait été disputé par Van der Burch, de Cambrai, comme plus ancien archevêque ; mais le conseil privé, jugeant que le titre de primat de Belgique devait prévaloir, avait désigné Jacques Boonen (i).

Après avoir rendu les derniers devoirs au prince dont le nom est encore aujourd'hui béni parmi nous, tous les soins de Tarchevôque de Malines furent consacrés à l'administration de son vaste diocèse et au bonheur du pays.

Continuant les grandes œuvres de son prédécesseur, Boonen travailla avec une égale ardeur et sagesse à guérir les maux causés par une longue et funeste guerre. Pour se faire une idée de son activité, il suffirait de parcourir les actes et statuts des congrégations épiscopales qu'il présida jusqu'à neuf fois, ainsi que les ordonnances qu'il porta dans les congrégations d'archiprôtres qui tenaient alors lieu de synodes diocésains. L'analyse de ces amples documents, contenus dans le Synodicon Belgiciim, nous entraînerait trop loin

Le 8 novembre 1622, notre archevêque leva solen-

(1) Uenne et Waulers, Histoire de Bruxelles, II, 34 37.

nellement de terre les ossements du vénérable Jean de Ruysbroeck, prieur du monastère de Groenendael, mort en odeur de sainteté le 2 décembre 1391 (i). Il les plaça dans un magnifique mausolée dont Tinfante Isabelle avait fait les dépenses. Deux ans plus tard, il nomma une commission spéciale, présidée par Aubert Miraeus, pour commencer le procès informatif sur la vie et les miracles du Contemplatif. Le travail préparatoire des commissaires ayant été approuvé à Rome, la Congrégation des Rites ordonna, en 1626, qu'une nouvelle enquête fût faite par l'archevêque et par trois autres juges nommés par elle. Toutes les pièces de l'information préalable à la béatification de Ruysbroeck forment deux volumes in-folio qui se conservent aux archives archiépiscopales.

Boonen introduisit dans son abbaye d'Afflighem, ainsi que dans les prieurés de Bornhem, de Frasne et de Basse- Wavre, les salutaires réformes dont le monastère bénédictin de Saint-Hubert, en Ardenne, lui offrait le modèle. Il promulgua des constitutions toutes remplies de l'âme de saint Benoît et reçut les promesses solennelles du prévôt Van Haeften et des autres religieux (18 octobre 1628). Il y a, ce semble, quelque intérêt, à nommer les principaux personnages qui assistèrent à cette touchante cérémonie monastique. Outre Corneille Jansénius, plus tard évoque d*Ipres, qui fit un discours sur la réforme intérieure de X homme, on y voyait Aubert Le Mire (Miraeus), doyen de la

(1) Voir Butler à ce jour, t. VI, p. 303-308. Les noies ajoutées pat l'édileur, Mgr de Ham, sont des plus intéressantes.

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