IV. JACQUES BOONEN
cathédrale d'Anvers, le docteur Fromondus, Tarchiprêtre Henri Calenus, Jacques Beeckmans, doyen d'Alost; Gaspar Vincque, prélat de Saint-Denis près de Mons; Martia Le Brun, prélat de Saint- Adrien de Grammont; messire de Coloma, baron de Bornhem ; Pierre Van Langhenhove, conseiller au conseil de Brabant. Les prélats Vincque et Le Brun ne tardèrent pas à introduire, à leur tour, la même réforme dans leurs abbayes respectives.
Dans sa sollicitude pour toutes les misères, le cha* ritable archevêque fonda à Bruxelles une maison d'asile pour des filles momentanément égarées et qui voulaient revenir à résipiscence (i). Des conseillers timides lui ayant représenté qu'il aurait peut-être à regretter ces grandes dépenses, puisqu'il est rare de voir ces malheureuses créatures revenir sincèrement à la vertu, il répondit avec simplicité : « Ce qui est impossible 9 aux hommes, est possible à Dieu ; la miséricorde n divine est infinie ; elle saura bien faire vouloir les » personnes qui ne veulent pas maintenant. » Puis il raconta la parabole du Samaritain et finit par s'écrier en pleurant d'émotion : 0 profondeur de la miséricorde et de la bonté de 'Dieu 1 Chaque fois qu'il apprenait la conversion d'une âme pécheresse, on le voyait verser des larmes de joie. De pareils traits dépeignent au vif le vrai pasteur des âmes.
Ce fut Jacques Boonen qui appela dans le diocèse les Oratoriens de saint Philippe de Néri et ceux du
(1) A la même époqae le Père Eades, qai a?ait quitté l'Oratoire de Béralle,fonda à Caen (1641) Tordre de N.D. de Charité du Refuge pour trayailler an salut des pécheresses pénitentes.
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cardinal de Bérulle. Sous ses auspices» des praires de rOratoire de saint Philippe s'établirent, en 1624, à Mont-Aigu, en flamand Scherpenheuvel. De môme que les pénitenciers du sanctuaire de Lorette , ils avaient pour principale mission d'entendre les confessions des innombrables pèlerins qu'attire à Montaiga l'image miraculeuse de la vierge Marie. Deux ans plus tard, il proposa au Saint-Siège d'incorporer la cure de cette localité à la congr^ation desOratoriens» en laissant toutefois à l'ordinaire du diocèse la nominfitiom du curé (i). Cette proposition fut agréée pair un bref du pape Urbain VU, signé le 13 septembre 1627 (s).
I^';in8truGtion et l'éducation chrétienne de la jeunesse préoocupaient également l'âme pieuse de Boonen, et c'est surtout dans oe but qu'il fit appel à l'Oratoire de Jésus, fondé à Paris, en 1611, par le cardinal de BéruUe (s).
Il s'adressa directement au fondateur par une lettre qitti fut remise à son adresse par le conseiller de Meule* v«|t, agent résident de l'Infante à la cour de France. Il lui fit écrire aussi par Calenus et Jansénius qui étaient unis avec le fameux Saint^Cyran. Lui-même crut devoir s'adresser personnellement à ce dernier. «C'est, je crois, dît-il, par une disposition de Dieu que votre âme est uniej par les liens d'une sainte amitié, avec l'âme du ijévérend M. Jansénius. Votre Paternité montre ainsi
(1) Boonen conféra la cure de Mont>Aiga au F. Josse Boockaert, d'Iseghem. Ce digne prêtre devint le saocessenr immédiat de Jansénios MX le siège d'Ipres en 1641.
(3) Voir Miriens, III, 667 et 660. La maison de Mont-Aiga est la aeule qae les Oratoriens de saint Philippe aient eue dans notre diocôae.
(3) Le lecteur se souvient que nous avons fait connaître l'Oratoire de Jésus dans l'Introduction, pag. 61*63.