‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 116 sur 181 · IV. JACQUES BOOKEN · texte numérisé non relu

IV. JACQUES BOOKEN

par nne maladie qui présentait les symptômes de la peste. Le 15 du même mois, son dangereux ami de France, l'abbé de Saint-Cyran, fut arrêté par ordre de Richelieu et enfermé au donjon de Vincennes, pour avoir mis au jour des écrits plus que suspects (i). Ce patriarche du jansénisme en France, cet homme éminemment dangereux qui avait perdu l'amitié de saint Vincent de Paul à cause de son esprit novateur et de ses hardiesses de langage, mourut à Paris le 1 1 octobre 1643, peu de temps après avoir été élargi parle ministre Chavigny qui venait de succéder au cardinal.

Quant à Jansénius, il laissait après lui la réputation d'un professeur savant et habile, d*un prêtre édifiant et d'un évéque actif; mais il laissait aussi un volumineux manuscrit destiné à une célébrité déplorable. Cet ouvrage,confié aux soins du docteur Libert Fromondus et du chanoine Henri Calenus, fut imprimé dans les ateliers de Jacques Zegers à Louvain, en 1640, avec une approbation donnée par le docteur Jacques Pontanus, censeur royal et apostolique. Il avait pour titre : AuGUSTiNUS, sive doctrina S. Auffustini de humanœ ncUurœ sanitate, œgriùudine, medicina, adversus Pela^ ffianos et Massilienses^ tribus tomis comprehensa.

(1) Jansénias entretenait une fréquente correspondance avec Saint* Cjran. Les lettres, écrites de part et d'antre, ont été livrées plus tard à la publicité ; elles dévoilent le^ mystères de leurs projets de réforme. Voir la RêPue des sciences ecelésiasiiquâs, \sinnéG 1852, t. 1er, p. 305 et suivantes. — Si Jansénius fut le père de la nouvelle hérésie considérée comme système, Tabbé de Saint -Cjran en fut Fàme, en tant qu'elle s'affichait comme réforme morale ; or, c'est par là surtout que son action est devenue puissante et qu'elle entraîna les multitudes. Voir la note II à ]a saite de la présente biographie.

£82 PE£HIÈEE PÉRIODE.

Tel fut le succès de l'ouvrage qu'une seconde édition parut bientôt à Paris (1641) et une troisième à Rouen (1651). Une demi-heure avant d'expirer, Jansénius avait dicté ces paroles : " De ma libre volonté, je donne et Il lègue tous mes écrits relatifs à Texplication de saint // Augustin à mon chapelain Réginald Lamsôus. Je ne " fais cette donation qu'à condition qu'il s'entende 1/ avec le très-savant M. Libert Fromondus et Je réveil rend M. Henri Calenus, chanoine de Malines, pour M en faire une très-fidèle édition : car je sens qu'on peut /' difficilement changer quelque chose à mon livre. Si t néanmoins le Saint-Siège désire que des changements /i y soient faits, je suis son fils soumis, et sur mon Ut de ft mort je reste obéissant à cette Eglise, dans le sein fi de laquelle j'ai toujours vécu. Telle est ma dernière tf volonté (i). » Nous voudrions pouvoir nous confier à la sincérité de l'évêque prêt à paraître devant le tribunal du Juge suprême (2) ; mais il est remarquable que les plus opiniâtres partisans de sa pseudo-théologie ont toujours fait des protestations semblables, et plusieurs pâme en face de l'éternité. De ce nombre fut Galenuç, l'un des éditeurs de YAt^tistinus posthume.

La malencontreuse publication de cette œuvre, ^w se donnait fièrement pour l'expression fidèle et authentique des doctrines trop longtemps inconnues ou méconnues du grand Docteur d'Afrique sur la grâce, devait jeter Jacques Boonen et Antoine Triest dans

(1) Sanderos, Flandrin illuttrata, II, 308.

(S) A moins d'avoir été frappé d'ane sorte d'aveuglement, Janeénins ae pouvait ignorer les flétrissures que Eome avait infligées anxdoctriiiea du docteur Baius.

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