‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 118 sur 181 · IV. JACqUES BOONEN · texte numérisé non relu

IV. JACqUES BOONEN

berté et de la grâce » était pourtant loin d'être adopté par tous ceux qui combattaient V AugiLStinus .

A Louvain, les plus anciens membres de la Sacrée Faculté combattaient en vain VAn^ustinu^ ; leur voix fut étouffée par leurs collègues plus jeunes et plus audacieux. Ceux-ci, pleins d'admiration pour la mémoire de Jansénius et pénétrés, à leur insu peut-être, du venin de Baius, cherchèrent des prétextes, afin d'échapper à la sentence pontificale. Ils firent passer leurs idées aux autres facultés, à des prêtres séculiers, à des religieux, à des laïques de condition, voire même à des nobles dames et des femmelettes (i). Sans nier l'infaillibilité du Pape parlant ex cathedra, ils prétendaient que la bulle In eminenti était soit obreptice ou supposée, soit subreptice et remplie de faussetés. A les entendre, Urbain VIII avait été induit en erreur sur le véritable esprit de l'ouvrage réprouvé. Malheureuse ment les opposants surent mettre dans • leur parti deux membres distingués de l'épiscopat, Boonen e Triest. Tous deux étaient entourés de prêtres de l'Ora toire de France ; tous deux aussi avaient été liés autre fois à la personne de Jansénius par les liens d'une amitié qui avait sa source dans leur piété commune. Le drapeau de la guerre théologique était levé, et l'Ëtat dut intervenir.

A la demande de Sa Majesté Catholique, l'archevêque rédigea ou fit rédiger un mémoire français dans lequel

(1) Ces faits sont rapportés dans une lettre coUectire de nos éréqae , adressée en 1692 au pape Innocent XII. Syn. Bêlg. I, 680.

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il exposait les motifs qui rengageaient à ne pas rendre publique la bulle de condamnation. Ce mémoire, traduit en latin, fut publié, en 1649,8ans nom d'imprimeur et à rinsu de Tarchevêque (i).

Les motifs se réduisaient à trois : 1^ Les décrets de Paul V et d'Urbain VIII, relatifs aux matières de la grâce, n'ont jamais été légitimement promulgués ni reçus en Belgique ; et, d'après la coutume constante du pays, les rescrits de Rome n'ont force de loi en Belgique qu'après leur promulgation en Belgiqae. 2® Il est très-vraisemblable que VAugusûinus ne renferme rien que les vrais sentiments de saint Augustin, la pure doctrine des Pères, de plusieurs papes, des conciles, de toute l'Église. 3^ La promulgation de la bulle d'Urbain VIII serait préjudiciable à l'autorité du roi et à celle du Pape lui-même; loin de rétablir la paix, elle ferait naître de plus grandes discordes ; tout au moins elle est de nature à réveiller la controverse aujourd'hui assoupie, si, dans les causes doctrinales, il n'est pas permis d'en appeler du Pape au futur concile. " Ces trois graves raisons, dit l'arche- " vêque, et d'autres qu'il est aisé d'en déduire, m'ont " donné la pleine conviction que je pouvais licitement, " que je devais même m'abstenir de la promulgation

(1) «Rationes ob quas Illmus et Rmua D. Archiepiscopus Mechli-

• niensis... a promulgatione bullse qua proscribitor liber cui titalus :

• Cor», Jantenii episcopi Fprentis AuguUinus, abstinuit, ex mandato

• regio allegats ac catholic» Majeatati ezhibitœ. Ex gallico in latinnai « translatn. • Pages 27. Le 14 septembre 1652, rarchevêque déclara devant notaire et sous serment que ce mémoire avait été livré à la publicité à son insu et contre sa volonté formelle. (Archives archiép. vol. De Baianismo et Jansenistno Mis. orig, ei aulh. no 56).

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