IV. JACQUES BOONEN
plein et entier eflet, de quoy lesdits de l'Université non contents anroient
prias leur recours vers Sa Majesté par l'envoy de leurs députez en sa
cour à Madrid, où ils furent derechef omis eu tontes les propositions et
allégations qu'ils sceurent et voulurent faire; et n'ayant trouvé Sa
Majesté aucun sujet légitime d'empêcher ou dilayer la publication et
exécution desdites bulles, résolut sur ce finalement, selon qu'elle nous en
a avertis par ses lettres du H de Juillet 1650. En cette conformité nons
TOUS faisons la présente, afin que sans ultérieur dilay vous publiyec et
fassiez publier an premier d'Avril prochain , ladite bulle du pape
Urbain VIII du 8 de Mars 1642, aveo toutes les antres bulles prece-
deutes et y inserrées sur le même sujet, en et par tontes les églises»
districts, lieux et endroits on besoin sera de votre diocèse, et ioellea
fassiez garder, accomplir et exécuter aVec le soin, zèle et diligence,
comme une chose tant importante an bien de la Keligion catholique»
apostolique et romaine, et le repos et tranquillité de r£tat et des sujets
de sadite Majesté le requiert : en quoy vous sera de la part de Sa
Majesté donnée, et vous fairons donner toute assistance et faveur...
Donnant au surplus ordre à ce que la présente aveo ladite bulle soit
enregistrée es actes et registres publicqs de votre siège et diocèse. A
tant... De Bruxelles le 28 février 1651. (Signé) LÉofOLD (1)..
L'archevêque» mis en demeure par cette injonction inattendue» dut s'exécuter» mais il ne le fit pas de bonne grâce. Son Notumfacimus du 29 mars suivant, rempli de louanges exagérées pour Tancien évèque dlpres, cachait» sous des formules plus ou moins respectueuses» une nouvelle injure faite au Saint-Siège :
«... Comme d'éminents théologiens de tous les ordres affirmaient que Jansénîus avait été injustement accusé à Rome d'avoir renonvelé et défendu, an mépris du Saint-Siège , des propositions antérieurement condamnées par ce Siège, et que partant la bulle d'Urbain VIII» qui ft'appuitf principalement sur ce fondement, avait été obtenue d'une manière sttbreptice ; et comme cet homme très-vertueux, élevé à la dignité épiscopaie à cause de l'excellence de sa doctrine, de sa rare piété et
(1) PlaecatUn pan Brabant^ p. 111, liv. I» tit. 8» c. 4. — Voir lea Mémoifêê ehnmoi, ii dogwuit, du P. d'Avrigny» t. II, p. 143-169.
292 PBSMliRB PÉRIODE.
d'antres qualités, cet ardent défenseur de la vérité catholique oontrs l'hérésie, était publiquement nommé non-senlement un hérétique, mais même un hérésiarque, nous nous sommes jusqu'ici abstenu de la prO' ronlgation de la dite bulle, après mûre délibération et selon TaTii d'hommes graves. Mais si nous n'avons pas publié la bulle, ce n'est point, comme des hommes malveillants l'ont dit en public, pour nous opposer à l'autorité pontificale, pour laquelle, au besoin, nous donnerions notn vie et notre sang, mais uniquement afin que Sa Sainteté puisse être dûment informée et qu'elle ait le temps de faire examiner le livre de Jansénius et de le comparer avec la doctrine de saint Augustin. Néanmoins, puisque le Saint- Père continue, par ses ministres, à urger la publication de la bulle, et que S. M. R., interpellée par ces mêmes ministres, nous a intimé l'ordre exprès de la promulguer sans retard, noat avons cru devoir obéir humblement à S. S. et à S. M. £n conséquence, nous ordonnons au procureur de notre cour archiépiscopale et à toas ceux que la chose concerne, de publier la bulle, le let avril, de la manière accoutumée... En même temps nous avertissons tous et chacun que rintention de S. 8. n'est pas quecfîtte publication enlève quoi que ce soit à l'autorité de la doctrine du glorieux docteur saint Augustin. Nom avertissons en outre que S. M. a voulu que Thonneur du révérendissisie Jansénius reste intact. Elle demandera par son ambassadeur à S. 5. que le livre de Jansénius soit examiné plus à fond {penitiut examineiur); si l'on y découvre quelque erreur, on le corrigera et on le publiera ensuite, comme on a fait avec les écrits d'autres grands hommes.
L'évêque de Gand avait émis une pièce toute semblable, Noveritis quod clementissimus Rex nosler, le 26 mars. Elle fut proscrite, avec le Nolwn facimus de Boonen, par la sacrée Congrégation de l'Inquisition générale, le 11 mai 1651. Le même jour la Congrégation condamna le mémoire latin de Boonea et le mémoire français de Triest dont nous avons parlé un peu plus haut.
Ces regrettables documents n'étaient pas de nature à faire cesser la controverse ; au contraire, les esprits