‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 124 sur 181 · IV. JACQUES BOONEN · texte numérisé non relu

IV. JACQUES BOONEN

Tarchevêque écrivit au Saint-Père la lettre de soumission dont nous parlerons plus loin. L'évêque de Gand avait fait la même démarche dès le 24 juillet et constitué un procureur à la cour de Rome . L'affaire allait à un heureux dénouement.

Wachtendonck fit solennellement promulguer, ie 7 août et le 2 septembre, une nouvelle constitution dogmatique, commençant par ces mots : Cum occasione (i), en date du dernier jour de mai 1653. Le 12 août, la bulle fut affichée aux portes de la cathédrale et du palais épiscopal de Gand par le promoteur fiscal, agissant en vertu d'un ordre émané du vicariat (2). Innocent X y infligeait Tanathème qu'elles méritaient à cinq propositions^ dont les unes se trouvaient textuellement dans YAugustinics et les autres exprimaient très-fidèlement la substance du nouveau système (.^). Ces propositions, formulées par Nicolas Cornet, docteur et syndic de la faculté théologique de la Sorbonne, avaient été soumises (1651) au jugement du Saint-Siège par quatrevingt-cinq évoques de France, auxquels trois autres se joignirent dans la suite. Elles leur parurent « déjà con- « damnées par le saint Concile de Trente, parce qu'elles » mettaient des bornes trop étroites à la liberté de « l'homme et ne donnaient pas assez d'étendue à la « bonté de Dieu. Les évoques acceptèrent cette con- « stitution apostolique (et celles du pape Alexandre VIT, « de 1656 et 1665) et y acquiescèrent unanimement " avec toute sorte de respect et de soumission, ce qui

(1) Bull. Rom. t. VI, p. III, pag. 24S.

(2) Van De Velde, Sy/t. Monum. II, 236.

(3) Voir plus loin Tappendice, sous les no 1 et II.

SOO PRSlflSRB PÉRIODE.

'/ fut suivi du consentement de toute l'Ëglise cathot lique : c*en était assez pour détruire une doctrine si » pernicieuse (i). » L'épiscopat d'Espagne et des Pays- Bas catholiques» la Sorbonne, les Universités de Louvain et de Douai, reçurent également la constitution Cum occasione sans opposition ni réserve aucune.

Rome ai ait parlée la cause était finies selon la parole du grand Evèque d'Hippone; mais il s'en fallait de beaucoup que Terreur le fût aussi. L'esprit jansénistique, fécond en ressources, inventa la captieuse distinction du fait et du droit. »Les cinq propositions, disait-on, contenaient une doctrine hérétique, mais elles n'étaient pas dans VAuçustinus, et elles n'avaient pas été condamnées dans le sens de Jansénius ; si Ton est obligé d'accepter les décisions pontificales sur un point de droit et de dogme, on n'est pas tenu d'avoir la même soumission sur un point de fait, comme le contenu d'un livre et le sens d'un auteur (2). » Ainsi raisonnèrent les jansénistes; mais on les suivit sur ce nouveau terrain; et non seulement Tépiscopat de France, mais le Saint- Siège déclara que les cinq propositions avaient été reprouvées dans le sens de Jansénius, et de plus, qu'elles se trouvaient dans l'ouvrage de Jansénius connu sous le nom à* Atigustitius {3) .

(1) Ordonnaunâ et instrucHon pastorale Mgr {de Noailfes) ParcJievéqwÊ de Paris, 20 août 1696. Cette ordonnance avait été rédigée par Bossaet.

(2) Il est péremptoirement démontré que TÉglise est infaillible dam les/aits dogmatiques, o*eat-à dire inséparablement liés à une question dt fol^ Un théologien belge, Havelange, a traité ce sujet dans le iifre : Beclesia infallibUitan in factis doctrinalibus demonstrata,

(3) Voir De Decker, Jans, historia breois, pair. 130 : «Quinque propositionum sensum, a Jansenio inteutum, Sancta Sedes judicat eumdem esse cum quinque propositionum sensu obvio, quem ipsa verba propositionum pr» se fer un t. »

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