‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 125 sur 181 · IV. JACQUES BOONEN. SOI · texte numérisé non relu

IV. JACQUES BOONEN. SOI

L'archevêque, se voyant repoussé de tous les vrais catholiques, se retira, en attendant son pardon, au château du baron Conrad, premier comte d*Ursel, à Hingene, paroisse du diocèse de Gand. L*évéque de Gand était alors en tournée de confirmation au doyenné de Waes ; c'est à Bnrcht ou à Cruybeke qu'il apprit la sentence du Saint-Siège. Incontinent il passa l'Escaut et alla rejoindre l'archevêque.

Dans le cours du mois de juillet 1653, Jacques Boonen écrivit de Bruxelles au cardinal de Trivulzio, ambassadeur de la cour de Madrid à Rome, pour implorer sa médiation dans la position fâcheuse où il se trouvait. «J'ai résolu, dit-il, de me jeter de nouveau aux pieds de Sa Sainteté et de lui demander, dans les sentiments d'une filiale soumisson, de quels termes je dois me servir pour lui donner satisfaction ; en cas qu'elle désire davantage, je constituerai un procureur en la cour de Rome pour remplir enfin l'ordre qui m'a été intimé par le décret apostolique. J'ai constitué ce procureur par le présent courrier, comme Votre Eminence le verra dans la lettre adressée au Saint-Père et dans d'autres documents qu'on lui présentera (i). . . « Le procureur de notre archevêque était Henri d'Othenin, chanoine de Besançon.

Le 18 juillet, l'archiduc Léopold écrivit de Bruxelles à Vévêque de Gand :

Trèe-reverend Fere ea Dieu, très-oher et bien-aimé. Vous ne ponrez (1) Voir rappendice, aa no V.

802 PREKIÈRE PÉRlODh.

ignorer que jasqaes à présent nous avons, au nom et selon les ordres et intentions du Roj mon seigneur, rendu tous les devoirs convenables et possibles pour assoupir les controverses, disputes, inquiétudes et agitations publ'qiies qui se sont élevées à l'occasion du livre imprimé à Lourain en l'an 1640, de feu l'évéque d'Ipre Janseniua, d'autant que voua avez témoigné ouvertement, aussi bien que les autres partisans dudit feu Jansenius, que croiez avoir quelque sujet de ne pas alors déférer aux bulles, brefs et déclarations émanez de Sa Sainteté en ce regard, prétendant tantôt la fausseté de la bulle, tantôt la surreption et obreption d'icelle, et finalement les antoritez de Sa Majesté , mêmes pour le défaut de Placet, et les privilèges et usages du pays... et comme le tout oui et meurement examiné. Sa Sainteté a persisté à l'exécution desdites bulles, et Sa Majesté, après tous devoirs rendus vers icelle, a déclaré à diverses fois son intention fixe et constante être qu'en ce sujet seroit rendu une pleine déférence aux bulles et brefs de Sa Sainteté, en sorte qu'elle demeureroit justement cpntente et satisfaite... et que les déclarations, définitions et commandements de Sa Sainteté sortent un plein et entier effet. C'est pourquoi, voulaut espérer que vous ne ferez anlonne difficulté de tous j conformer, etc. A tant... (!)•

Antoine Triest eut hâte de remercier Léopold des soins du gouvernement pour assoupir les controverses et agitations publiques, et ajouta ces remarquables paroles : « L'évéque de Gand s'en est totalement « dévêtu de cette opinion, qu'il peut avoir eu, que < semblables Décrets et Brevets doivent être placetés, ( pour estre icelle conforme à celle qu'il a eue aupa- « ravant, que le Placet ne doit avoir lieu, sinon es « provisions beneficiales {2). »

L'archevêque avait, lui aussi, trop d'humilité et de

(1) Dans les Opuscula P, Oovarts, p. 75. (Edit. de Bruxelles, 1830).

(2) I6id. pag. 76. Il est d'autant plus étonnant que l'évéque Triest ait pu avoir cette opinion que lui-même avait demandé, en 16S4, à la Faculté de théologie de Louvain de censurer une proposition qui affirmait la nécessité du placet pour tous les décrets émanés du pouvoir ipirltuel. Voir ci-dessus ilntroduetion, pag. 73.

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