‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 126 sur 181 · IV. JACQUES BOONEN · texte numérisé non relu

IV. JACQUES BOONEN

piété pour ne pas s'apercevoir que de perfides conseils Favaient poussé dans une voie funeste. Le 27 juillet, il déclara à Tarchiduc qu'il se soumettait de grand cœur à toutes les décisions émanées du Saint-Siège. Peu de jours après, il écrivit cette touchante lettre à iDDOcent X :

Très Saint Père ! Poar la quatrième fois je viens me prosterner hamblement devant Votre Sainteté ; et puisque mon extrême vieillesse et mes infirmités corporelles ne me permettent pas de venir en personne baiser vos pieds sacrés, je le fais de nouveau, par cette lettre, avec toute la vénération, l'humiliation et la soumission dont je suis capable. Je prie respectueusement Votre Sainteté de croire que le bruit des discussions est apaisé et d'accorder sa clémence apostolique à l'Archevêque de Malines et à toute la Belgique. Qu'elle daigne me permettre de reposer dans la tombe mes eheveuz blancs portant la charge épiscopaledans laquelle j'ai passé au-delà de trente-six ans. Afin que la clémence paternelle de Votre Sainteté puisse m'accorder cette grâce, je renouvelle humblement la protestation que j'ai faite à plusieurs reprises : de cœur et d'âme je réprouve tout ce que je puis avoir fait contrairement à Tautorité de la chaire suprême que j'ai constamment regardée et vénérée, qu'avec la grâce de Dieu je vénérerai jusqu'au dernier joilr de ma vie, comme la mère et la colonne de la vérité. Je déclare être prêt à confirmer cette sincère profession de ma foi par serment solennel, et à implorer le pardon dans telle forme qu'il plaira à Votre Sainteté de me prescrire comme au plus petit et plus humble de ses fils prosterné à vos pieds. Je déclare en outre que j'accepte sincèrement, purement et simplement, que je veux garder religieusement la constitution In eminenti du pape Urbain VIII, ainsi que tous brefs, décrets, déclarations de Votre Sainteté ajant rapport à cette constitution, que je rétracte toutes les clauses restrictives que j'j ai mises et qui ont pu affliger Votre Sainteté. Loin de susciter des difficultés dans cette cause, soit à Rome soit en Bel* gique, j'accepterai avec joie toutes les conditions que V. S. trouvera bon de prescrire £n conséquence, j'envoie dès aujourd'hui à Rome l'ordre formel et en due forme, de faire connaître à V. S. ma protestation et ma soumission complète à l'Église. Je veux que l'expression de mes sentiments soit renouvelée par mon procureur en présence de V. S., s'il le faut... Je vous supplie humblement, Très- Saint Pierre, de daigner

s 04 PBBHIÈRB PÉRIODE.

m'accorder aoa pardon, sa grâce et sa bénédiction, et de lever les cenrares que j'ai encooraes, afin qae dans nos provinces, trop longtemps troublées et frappées des malheurs de la guerre, j'éprouTe au moins la paix de l'âme et la consolation de pouvoir me préparer tranquillement à mon heure dernière. En attendant ce bienfait de votre clémence, je prie Dieu, Très Saint Père, de Vous conserver encore de longues années pour le bien de l'Église. Bruxelles, le 1er août 1653 (1).

L'absolution de Févâque de Gand, demandée au Saint- Père le 24 août par le P. Isidore de Saint- Joseph , procureur constitué in curia , eut lieu le 23 septembre dans l'oratoire privé de l'internonce Maugelli à Bruxelles, avec le cérémonial décrit dans le procès-verbal du protonotaire Ferdinand Niphus.

Un bref fut expédié un peu plus tard en faveur de l'archevêque de Malines. Henri d'Othenin, chanoine de Besançon, son procureur légalement constitué in curia, n'avait fait la demande de l'absolution que le ôseptembre. Jacques Boonen parut, le 21 octobre, dans la chapelle de l'internonce Mangelli, par devant témoins, et fut remis, avec le même cérémonial, en possession de toute sa juridiction ordinaire ainsi que des droits y annexés.

Ainsi se termina cette regrettable affaire qui avait commencé treize ans auparavant. Elle répand, sans doute, une ombre sur la mémoire de Boonen et de Triest, et l'on regrettera toujours que des hommes d'un pareil mérite n'aient pas su se préserver des préjugés puisés dans le commerce de légistes et de théologiens suspects. Tant il est vrai que nous sommes des hommes,

(1) Traduit sur la minute originale. La lettre est reproduite dans les Oputeula Oovarlii, pag. 323, mais la date 5* Jnç, est erronée ; dans la minute je lis : 1» Jnç,

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