‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 127 sur 181 · IV. JACqUES BOONBN · texte numérisé non relu

IV. JACqUES BOONBN

non des anges,, et qae faillir est une faiblesse de notre nature (i). Mais s'ils ont payé leur part à Tinûrmité humaine, il ne faut pas oublier qu'il n'y avait point chez eux de l'orgueil délibéré, et moins encore de la révolte contre la doctrine ou la divine autorité de TÉiglise. Au surplus, ils ont expié leur faute par un humble retour, et tout leur épiscopat, sauf cet intervalle, a été une s^e de bonnes et louables actions. Non me terret auûtoriias Cypriani, quia reficit humilitas Ct/priam; ce mot de saint Augustin trouve ici son application.

L'année suivante, 1654, notre archevêque reçut de la part de la Congrégation du Concile une lettre qui témoigne de la haute estime que le Sacré- Collège lui portait :

Les EmmeiitîssimeB Pères ont pris oonnaissanoe (da&s la. relation sar rétat du diocèse) de œ que tous avez réalisé pour le bien de votre troapeau : les Tisites du diocèse, l'agrandissement du séminaire, la création de deux prébendes canoniales, l'introduction des prêtres de l'Oratoire, êi aiia puêtoraiia «unia effreçie prasHta. Us ont resoercié le Très-Hant d'avoir mis à la tète de cette illustre Église an pasteur aussi vigilant et prudent, qui non seulement est le modèle de son troupeau, mais peut être proposé en exemple aux évèques dont il est le métropolitain. Ils n'ont donc que des éloges pour tous ces travaux, preuves de votre pasto* raie sollieitude... Leurs Eminenoes déclarent que la Chaire apostolique, que Votre Seigneurie a récemment encore reconnue pour la Mère et la Maîtresse de toutes les Églises^ sera toujours bienveillante à l'égard de l'Église et de la Province qui vous sont confiées. Du reste, elles prient Dieu qu'il vous comble de tons les dons célestes, pendant que vous travailles constanunent au salut des âmes.

(1) «Homines enim sumua; unde aliquid aliter sapere quam res se habet,. humana tentatio est;... in nuUo autem aliter sapere quam re se habet, angelelica perfectio est. • 8, Aug. De bapi. amtra Don. II, 5. I. 20

306 PREMIÈKB PÉRIODE.

Cette lettre, signée du nom de Pierre Aloïs, cardinal Caraffa, préfet de la susdite Congrégation, portait la date du 13 juin 1654.

Le V septembre de la môme année, Boonen tint au palais archiépiscopal, à Bruxelles, la dernière réunion des archiprètres du diocèse. Il y était assisté du prévôt Jean de Wachtendonck, évéque nommé de Namur; de l'archidiacre, Amé Coriache, officiai, de Tarchiprêtre Ferdinand Van den Driessche dît Du Trieu, et du cha^ noine-pénitencier Godefroid Wreys (i).

Vers la fin de son épiscopat, Boonen avait soumis au jugement de la sacrée faculté de Louvain plusieurs maximes de théologie morale qui tendaient toutes à introduire le laxisme au tribunal de la pénitence. La faculté censura (1653) dix-neuf propositions que Tarchevêque signala aussitôt à l'attention des confesseurs, avec défense expresse de les suivre en pratique, de les admettre ou de les enseigner. En rendant compte de sa conduite aux cardinaux de la sacrée Congrégation du Concile, il les pria de vouloir ratifier, par leur décision, ce qu'il avait cru devoir faire dans l'intérêt des âmes, (1654). La Congrégation de Concile, en louant le zèle pastoral et la prudence de l'archevêque de Malines, lui répondit (14 novembre) qu'elle venait de transmettre à la sacrée Congrégation du Saint-Office les dix-neuf propositions laxistes, avec prière de les qualifier après examen et d'assigner le remède qu'on jugerait opportun. Le Saint-Office mit quelque retard à donner une solution définitive (2). Toutefois le pieux archevêque

(1) Actes dans ieSyn. Bêlg, II, 303-307. (8) Voir le Syn, B$lg. IV, 312 et 318.

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