‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 144 sur 181 · V. ANDRÉ CRUESEÎi. — APPENDICE · texte numérisé non relu

V. ANDRÉ CRUESEÎi. — APPENDICE

revocet, annihilet, ab eaqoe omnino recédai per praesentes. Attendent etiam lUostr. D. Comparens, quod cnm, Deo dante, ad ultimam senectniem devenerit, paucosqne proinde sibi arbitretar superesse dies, omnibus yotis exoptet mensam suam archiepiscopalem eo statu relinqnere post mortem^ quo eam jam ante cum archiepiscopatu suscepit, quodque eum implicari non conveniat plurimis difficaltatibus quae ipsi per novitatem istins divisionis, aliornmque ejus concordiae articuloram necessario provenirent. Quae vota eojustiora crédit, quod illa unio, cujus dissolutioni instant dicti religiosi, summo catholicae Beligionis in Belgio bono, neque nisi summis supelatis difficultatibus, per Sànctam Sedem et catholicum Begem nostrum ad e£fectum deduci aliquando potuerit, etc., etc. m

Dès lors aussi les réclamations des moines recommencèrent, et l'on se mit de nouveau en frais de procédure. Jacques Boonen étant mort sur les entrefaites (le 80 juillet 1655)| rarchiduc Léopold, gouverneur- général du pays, porta une sentence provisionnelle le 10 novembre :

« Son Altesse, mémorative de l'accord fait entre feu l'archevesque et lesdits remontrans (les prévôt et moines d'Âfflighem) le 18 aoust 1650, et confirmé par le Boy mon Seigneur le 12 février 1 652, ordonne d'office, qu'en conséquence d*iceluy, et jusques à ce qu'autre résolution soit prinse sur cette demiôre prétention des remontrans, les revenus des biens temporels de l'abbaye d'Âfflighem, avec les rentes et charges léelles et fonciers d'iceuz biens, seront partagez également et repartis également, moitié par moitié, entre la table archié* piscopale et le futur archevesque de Malines, d'une part, et les couvent et religieux de ladite abbaye d'Afflighem, d'autre part, m

En vertu de cette sentence, tous les biens de l'abbaye furent pacifiquement administrés par les économes et receveurs des deux partis à la fois, et les revenus furent annuellement par* tagés en deux moitiés égales. Ce mode fut adopté par l'arche-

852 PRSMIÈRE PiRIODB.

▼éque André Graesen dans une déclaration dontiée à Brnxelles le 10 janvier 1660 (1), et le conseil privé décréta, en février 1662, qu'il était et resterait l'arrangement définitif :

// Pour ce est-il, que nous, les choses susdites considérées, et

ayant fait venir le tout en nostre conseil privé, avons, en

décrétant le consentement et adveu dudit archevecque, aggréé, consenti et accordé, aggréons, consentons et accordons par cesdites présentes, que le revenu du temporel dudit Afflighenii avec les rentes et charges réelles et foncières desdits biens temporels sera partagé et reparti à tousjours et à perpétuité entre la table archiépiscopale et les futurs archevêques de Ma lines d'une part, et les couvent et religieux dudit monastère d'Afflighem, d'autre. — En conséquence et suite duquel partage et division dudit revenu, moitié par moitié, seront tous les biens d'icelluy monastère régis et administrez a tousjoun et à perpétuité par ceux, et en la forme et pianière qu'a esté fait en vertu et du depuis ledit décret provisionel du seigneur Archiduc Léopold dudit 10 novembre 1655. —Ordonnant aux parties, et receveurs d'iceux biens, et à tous autres à qui ce

peut ou pourra toucher, de se régler selon ce Car ainsi

nous plaist-il, et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons fait mettre notre grand scel à cesdites présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'aultruj en toutes. Données en nostre ville de Bruxelles au mois de février, l'an de grâce 1662, et de nos Bègues le quarante unième. «

(1) «... Ut ad evitanda nova jurgia, lites et acandala, nnllum efficacias opportaniusque remedinm inveniri potoiase videatur. Pnesertim qaod triam annorum experientia docuerit, et evidenter doceat, unam praetactorum fractuam ac proTentaum medietatem dict» menssB archiepiscopali aliisque oneribas quamplurimis, dignitati archiepiscopali annexis, soi* cere ; alteram vero medietatem necessariam esse ad debitam alimentationem religiosoram, et ad congruam hospitalitatis, eleemosjnamm , aliorumqne onemm universomm, qiue hnic nostro monaaterio, ac tribu ab illo dependentibas prioratibas (Bomliemenai, Fraxinenai et Wavrienai) incumbunt, anatentationem... «

Y. ANDBi CRTJB8EN. — • APPENDICE. 858

Cette sentence définitive rétablit l'entente entre l'archevêché et le chapitre métropolitein, d'une part, et les prévôt et moines d'Afflighem, de l'autre*

Le P. Bobert Estrix quitta l'abbaye en 1662, pour devenir prieur du couvent de Bornhem; c'est là qu'il mourut en 1675.

Note sur les quatre maisons des Pères Jésuites situées dans le premier diocèse de Matines.

Des nombreuses maisons que la Compagnie de Jésus a eues en Belgique, le collège de Zouvaiu est le plus ancien (1). Huit jésuites espagnols, que François I"', alors en guerre avec Charles-Quint, avait fait sortir de Paris fît de toute la France, vinrent dans la cité de VAlma Maier pour j continuer leurs études théologiques. Mal accueillis d'abord par certain parti, ils trouvèrent de l'appui dans les docteurs Buard Tapper, vice-chancelier de TUniversité, Henri Oravius, Martin Bythovius, plus tard évèque d'Ipres, et Cnnère Pétri qui devint évéque de Leeuwarde (1542). La fondation définitive de leur collège se rapporte à l'an 1556, sous le généralat de Jacques Laynez. Quelques années plus tard, ils passèrent à une maison plus spacieuse et y ouvrirent une chapelle au public. C'est là qae le P. Bobert Bellarmin, depuis archevêque de Capoue et cardinal, fut envoyé en 1569 par saint François de Borgia^ troisième général de la Compagnie ; il y fit sa profession. Tannée suivante, enseigna la théologie et prêcha la parole de Dieu dans les églises, durant l'espace de sept ans. C'est là aossi qu'un étudiant d'élite, le Primus du concours général de

(1) Voir Imago primi taculi Soeiâiaiii Jesu (Anvers, tjp. Plant, 1640), Ijv. VI, toat le chap. I. L'histoire assez détaillée de la maison des Jésuites à Loavain a été racontée par le savant Sohi^es dans la Bsvue éê BrtutsUâi, livraison de mars 1840.

354 FSBMiiRE PÉRIODB.

157£, né à Brecht en 1654 et devenu célèbre sons le nom de P. Léonard Lessius {Leyt), entra au noviciat le 23 juin 1573 et prononça ses vœnz. Il j enseigna avec éclat pendant l'espace d'environ trente-hnit années, 1584-1623.

En racontant la vie de Jean Hanchin, second forchevéqae de Malines, nous avons parlé de la controverse théologiqae qui s'éleva entre les jésuites de Louvain, notamment les PP. Lessius et Hamelius, et les docteurs de la sacrée Faculté (pag. 191). Ce désaccord ne fut pas le seul. Poussés par Liévin Torrentius, second évéque d'Anvers, et aidés de sa bourse^ les jésuites ouvrirent un cours public de pbilosophiei le 6 octobre 1595; mais les chefs académiques s'en effarouchèrent et firent si bien valoir le monopole de la Faculté des arts^ que^ déjà au mois de mars 1596^ le nouveau cours fat supprimé par ordre du Saint-Siège, i^insi se termina un fàchenx conflit auquel l'esprit de corps avait probablement donné d'excessives proportions de part et d'autre. -— Liévin Torrentins, mort en 1595, et le célèbre Juste-Lipse, mort à Lonvain en 1606, léguèrent aux jésuites leur riche bibliothèque ; celle de Torrentius était estimée à une valeur de 30,000 florins.

La seconde maison est celle de BruxeUet, créée en 1586, sons la protection d'Alexandre Farnèse, par le P. François Costerus, natif de Malines, alors provincial pour toute la Germanie inférieure. Ce n'est toutefois qu'en 1604 que les jésuites ouvrirent, à Bruxelles, un collège d'humanités à la demande des archiducs Albert et Isabelle (1).

La troisième maison est celle de Matines, établie en 1611. Les jésuites y vinrent à l'appel du pieux H. F. Van der Barch, niors doyen du chapitre métropolitain (pag. 248), et de l'archevêque Mathias Hovius. Cette maison, ouverte par le P. Antoine Sucquet sous le haut patronage et par la munificence des archiducs, servit dès le commencement de noviciat pour la

(1) Ima^o primi saeuli Soeieiaiis, Ijv. VI, chap. II, pag. 755.

y. ANDBÉ OBUBSBlf. — APPBNDIOB. 855

profince Tlandro-Belgîqae récemment créée (!)• Le P. Charles Scribani^ provincial, 7 oa?rit en 1615 nn cours complet d'hamanités, à la demande expresse du magistrat de Ma- Kne8(2). Le bienheureux Jean Berchmans, né à Diest le 9 mars 1599, 7 fut admis comme élève de rhétorique en 1615, et entra comme novice le 24 septembre 1616 ; il 7 prononça ses vœux le 25 septembre 1618, et la même année il fut envoyé à Bome où. il rendit sa belle âme à Dieu le 18 août 1621, à l'âge de 22 ans et 5 mois*

En 1620, sous Fépiscopat deMathias Hovius, le P. Charles Scribani, supérieur de la province Flandro-Belgique, ouvrit on collège à Ahêû sur l'invitation qui lui avait été faite par le dac d'Arschot, le magistrat de la ville, et Jacques Beeckmans, doyen de la collégiale de Saint-Martin (8).

Bevenons à la maison du noviciat à Malines.

Bans la ville métropolitaine, les jésuites occupaient un vieux bâtiment, Ho/ van Burgonje ou Keyzerèhof^ situé dans la rue de l'Empereur (4) et n'y avaient qu'une modeste chapelle. En 1664, le généreux archevêque André Cruesen leur fit bâtir an même endroit (5) un magnifique édifice qui portait cette inscription : J^Dreae prae^ULh MUnl/ICewtla. En

(1) Ouvrage cité, p. 760. Voir ci-dessas, p. 830.

(5) Aux archives communales de Malines existe an acte du 16 mai 1615 par lequel le P. Scribani acceple les propositions de la Tille. {Inventaire det archives de Malines, par M. Van Doren, t. I, p. 887).

(3) Imago primi saeuli, p. 766. — A la page 771, on trouve un magnifique témoignage rendu par Maihias Hovius au zèle des jésuites qui se répandaient çà et là dans les paroisses rurales du diocèse pour 7 eossigner le catéchisme aux enfants.

(4) Cette propriété fut acquise, en 1477, par Jean de Bourgogne, éréque de Cambrai, qui la céda à Marguerite d'Yorck, veuve de Charlesle-Téméraire. Celle-ci la donna, en 1487, à Maximillen et à sou fils Philippe-le-Beau. Les archiducs Albert et Isabelle cédèrent ce palais et tes dépendances aux jésuites.

(6) Ocenpé aujourd'hui par l'hôpital civil.

356 PSBMliRK PÉmiODE.

même temps (1669-1676) on bâtît, à côté, une église soas le vocable de Saint-FrançoiB-Xavier, apôtre des Indes. Après la soppression de la Compagnie en 1773, cette belle ^jlise resta fermée quelque temps au culte; en 1778, on la convertit en église paroissiale sous le vocable de Saint-Pierre. £n 1798, elle fut changée en Temple de la Saison. Le concordat de 1801 la rendit à sa véritable destination; en 1802, un décret de Boquelaure en fit une des églises paroissiales de la ville.

ni.

Notice êur Van deb Lindsk et Yx&NiiacEK.

Josse Van der Linden, natif de Bruxelles, entré dans l'Oratoire en 1631, licencié en théologie à Louvain, en 1653; professeur su séminaire de Malines; commensal, conseiller intime et directeur spirituel de l'archevêque Boonen, supérieur de l'Oratoire belge après la mort du P. Quarré , chanoine gradué de Saint-Bombaut , puis archiprétre de Bruxelles, mourut à Malines le 22 janvier 1684. Le chroniqueur anonyme de rOratoire nous apprend que c'est surtout après la mort de Mgr Boonen que le P. Van der Linden et le P. Jean Vernimmen, natif de Bergues-Saint-Winoc, religieux de la maison de Bruxelles, eurent immensément à souffrir // de la part de tt la faction molinistique // (lisez : les jésuites et de tous les ecclésiastiques bien pensants), ce qui prouve assez qu'ils avaient fait tons deux fausse route en matière doctrinale. Aussi l'archevêque André Cruesen, connaissant les tendances (le rOratoire, commença-t-il par enlever au P. Van der Linden, alors supérieur des Oratoriens, la dignité d'archiprêtre et de censeur des livres, ainsi que les pouvoirs d'entendre la confession des religieuses, des béguines et des recluses de Bruxelles (1658). Il va de soi que les jésuites furent accusés d'avoir excité le prélat à la persécution. Quant au P. Fer-

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nimMen, qui était fondatear et curé [da petit- béguinage à Braxelles^ Mgr Cruesen lui interdit l'administration du Sacrement de pénitence et la prédication ; mais, malgré cette défense, le Père osa continuer son ministère; cité devant la cour ecclésiastique de Bruxelles, il se vit enfin interné dans le palais archiépiscopal d'où il fut bientôt délivré par la force publique. Après le décès de Cruesen, il fut réintégré dans ses fonctions spirituelles. Il s'éteignit à Bruxelles le 81 juillet 1677, laissant quelques écrits ascétiques en langue flamande.

JEAN DE WAGHTENDONCR.

TKkHïïFÈBÈ LE VAXTTB.

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