‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 149 sur 181 · VII. ALPHONSE D£ B£RGH£S · texte numérisé non relu

VII. ALPHONSE D£ B£RGH£S

A peine ce décret avait-il paru que la lutte s'engagea. Les réguliers exempts, notamment les carmes, refusèrent d'obtempérer à ce qui leur paraissait une nou* Teauté, une dérogation à l'honneur des saints (i). Le prélat crut être obligé de justifier son ordonnance dans une longue lettre pastorale du l*' février 1676 (2). Les carmes de Bruxelles, échauffes encore davantage parce que l'archevêque leur défendait de faire, à la fête de N.-D. du Carmel, leur procession de la manière accoutumée, eurent recours à l'internonce qui leur donna raison, en étendant l'autorisation à leurs confrères de Malines, de Louvain, de Tirlemont, d'Alost et de Graînmont. Naturellement l'archevêque fut peu satisfait de voir Tlnternonce s'immiscer dans cette affaire ; toutefois, plein de vénération pour Rome, il dédéclara que si ses adversaires portaient la cause plus haut, il s'en remettrait volontiers au jugement du Saint- Siège. Sa Sainteté fut, en effet, informée du débat, et, selon l'usage reçu, elle nomma une commission spéciale de cardinaux pour l'examen du pour et du contre.

Les ordres exempts de la juridiction ordinaire maintinrent et leur exemption et leurs usages par la plume de deux Carmes et d'un Augustin. Le P. Séraphin de Jésus-Marie, assistant de Tordre du Carmel, présenta à la commission cardinalice (1679) un Mottvum juris adversus Archiepiscopum Mechliniensem, pendant que

i» iolidum, suu* reddatur honor et çloria, a été viTement critiquée, il est vrai; mais dans la bouche d'un prélat qui était catholique dans l'ânie» pouvait- elle avoir un sens hétérodoxe?

(1) Voir l'opuscule : Lia Arehiepiseopi cum Rêff^laribus ob iecreium de 29 Augwti 1674, iné, Liège 1683.

(2) Syn. Belg. II, 368-380.

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le P. Joseph de St-Antoine , ancien provincial des Carmes chaussés, rédigeait des ConsuUationes canonicae pro regtdarium eœemptione qui virent le jour à Lyon (1680) et à Cologne (1682). Le P. Chrétien Lupus, des ermites de Saint-Augustin et docteur de Louvain, écrivit un traité intitulé : JDissertaiio de Sanclissimi Sacramenti pifblica expositione et de sacris processionibus. Alphonse de Berghes se défendit, de son côté, par l'intermédiaire d*uu laïque, François Valentini, son agent à Rome, homme des plus actifs et des plus dévoués aux intérêts de celui qu il représentait dans la Ville éternelle (i).

Après des discussions qui se prolongèrent pendant plus de sept ans, le pape Innocent XI termina le différend à Tamiable par le bref du 20 mai 1682, commençant par les mots : Cum inter venerabilem Fratrem. Le pape y permet aux religieux exempts de faire l'office du soir, dans leurs églises respectives, avec la remontrance, les dimanches et les fêtes chômées, et avec le ciboire seulement tous les jeudis, ou un autre Jour de la semaine à exorsir endéaus le mois, et de célébrer la grand'messe avec exposition du T.-S. Sacrement à certaines principales fêtes déterminées dans le bref. Chaque fois que le Saint-Sacrement sera exposé clans les églises des monastères, il faut que l'autel soit éclairé d'au moins dix cierges de cire blanche, et que deux religieux, au moins, y restent continuellement agenouillés et en adoration. Le pape permet en même

(l) Noos avons la toute la correspondance de Mgr de Berghes avec Valentini, sans y trouver le moindre indice que, dans cette alEûre, l'arobeTèqae ait reçu ses inspirations du parti janséniste.

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