HUMBERT-GUILLAUME DE FRÉCIPIANO
Décrets relatifs à la lecture de la Bible en langue vulgaire, et à Fadministration du baptême, de la pénitence et du mariage. Les directeurs des âmes, se tenant également éloignés d'une rigueur excessive et d'une facilité funeste, ne doivent jamais se détourner ni à la droite ni à la gauche, mais marcher dans un milieu qui, en morale.esl la voie sûre, hœreant in sano tuto medio{i). Cette voie qui mène à Dieu, ils la trouveront, s'ils suivent la constante pratique de l'Eglise qui est toujours conforme aux saints canons et visible à l'œil d'un directeur de conscience pieux et vertueux. — Les évoques rappellent en même temps les décrets apostoliques qui condamnent la rigueur affectée qui ne fait que des superbes et des hypocrites, et la pratique relâchée dans le tribunal de la pénitence. Ils prescrivent en outre aux confesseurs quelques règles véritablement conformes à la pratique constante de l'Eglise (2).
Adresse de remerciement au pape Innocent XIl sous la date du 23 avril 1697. Le bref Litteras quas^ signé
(1) Ceci nous rappelle les paroles magistrales que Bossuet fit entendre dans l*oraison funèbre du Dr Cornet : • Deux maladies dangereuses ont affligé en nos jours le corps de TEglise : il a pris à quelques docteurs une malheureuse et inhumaine complaisance, une piété meurtrière, qui leur a fait porter des coussins sous les coudes des pécheurs, chercher des couvertures à leurs passions, pour condescendre à leur vanité et flatUr leur ignorance affectée. Quelques autres, uon moins extrêmes, ont tenu les consciences captives sous des rigueurs très-injustes; ils ne peuvent supporter aucune faiblesse; ils traînent toujours Tenfer après eux et ne fulminent que des anathèmes... Pour trouver la règle des irœurs, il faut tenir le milieu entre les deux extrémités... C'est dans ce sentier quels justice et la paix se baisent de baisers sincères, c'est-à-dire qu'on rencontre U véritable droiture et le calme assuré des conscience». •
(9) Ibid. 619-624.
le 24 novembre 1696^ a relevé le courage des vrais catholiques de la Belgique ; désormais on ne dira plus que le pape Innocent XII a réformé son prédécesseur Alexandre VII, puisqu'on voit l'un renaître dans l'autre; et comment l'Eglise romaine se dédirait ou se pontredirait-elleP... En remerciant Sa Sainteté, les évèque» expriment respectueusement l'espoir que le Saint-Siège fera entendre un jugement final ; car le retour de la paix est à ce prix : Niai enim Borna rescripta venerint^ causa nonfinietur. L'audace des ennemis de la saine doctrine va toujours croissant; ils sont tranquilles et triomphants, pendant que le Saint-Siège diffère son jugement définitif. Récemment ils ont donné une nouvelle édition des œuvres de Baius, proscrites par Pie V et depuis longtemps cachées dans les ténèbres. Les èvèques supplient de nouveau le Pape de donner un exemple de juste sévérité dans la personne du docteur J. L. Hennebel, qui s'est fait, in conspectu urbis et orbis, l'impudent calomniateur de l'archevêque dont il est le sujet (i).
Condamnation réitérée de soixante-onze brochures antérieurement censurées et défendues par l'archevêque deMalines; proscription de deux nouvelles épitres, dont l'une de Hennebel, et de quinze ouvrages d'Arnauld et d'autres tous infectés du même venin hérétique (2).
Lettre des évêques à S. M. le Roi. Dans leur assemblée, ils ont reconnu la nécessité de recourir au trône pour chercher remède à trois grands maux qui ne sau* raient être comprimés que par l'autorité royale. £t
(1) Syn. Belg. I, 62é.
(2) Ibid. 6^6 et 627.