HUMBERT-GUILLAUME DE FBECIPIANO
page de toute manière la piété et l'amour envers la reine du ciel, la sainte vierge Marie mère ds Dieu. C'a été la dévotion des Anselme, de^ Bernard , des Norbert, des Charles Borromée, etc. Conformons-nous anx exemples et aux exhortations des saints, plutôt que de prêter l'oreille à cet aœriUeeur importun, dont le livre fallacieux, inspiré par le démon, a été répandu récemment, au grand scandale des fidèles, et justement frappé des anathèmes du Saint-Siège (1). Le clergé doit veiller également à maintenir et augmenter l'antique culte des saints, de leurs reliques, de leurs images. Des raisons graves, ajoute l'archevêqae, nous poussent à renouveler ces avis.
VI, VII. Le troisième concile provincial de Malines fait un devoir rigoureux aux curés d'expliquer ou de faire expliquer, chaque dimanche et jour de fête, les éléments de la foi chrétienne, selon le catéchisme approuvé pour le diocèse. Ni nouveaux catéchismes, ni nouvelles formules dans l'enseignement, ni nouvelles pratiques. Dans les sermons des di manches et des fêtes solennelles, les pasteurs doivent nourrir leurs ouailles ealutaribus v^bis pro earum eeneu et inieUi^entia, sans toucher à des questions oiseuses ou difficiles à faire comprendre au vulgaire. Qtt'est-il besoin de raisonner subtilement devant le peuple sur l'insondable mystère de la divine prédestination, sur l'efficacité de la grâce, sur l'accord de la grâce et du libre arbitre, sur d'autres points semblables sur lesquels l'Ëglise ne s'est point prononcée? Ces questions peuvent se traiter dans l'école, mais avec sobriété; car Técole aussi a ses limites; les outre-passer, c'est donner tête baissée dans le précipice (2). Au surplus, aucun prédicateur ne peut profaner la chaire par des intempérances de langage : la charité et la prudence sont propres à l'éloquence chréûenae. VIII-XYIl. Le pieux archevêque entre dans de longs développements . sur l'administration du sacremeut de pénitence. C'est ici surtout qu'il insiste sur les sages avis donnés aux directeurs des âmes par le saint
(1) Il s'agit des Avis êalutairet de la eainte Vierge à ses dévots indiscrets, dont il a été question daus la vie d'Alphonse de Berghes.
(2) Massillon, l'éloquent et pieux évêqne de Clermont, écrivit en 178^ : • Une des plus grandes plaies que le jansénisme ait faites à l'Eglise, c'est, à mon avis, d'avoir mis dans la bouche des femmes et des simples laïcs les plus relevés et les plus incompréhensibles mystères, et d'en avoir fait un sujet de conversation et de dispute. C'est ce qui a répandu l'irréligion. Il n'y a pas loin, pour les laïcs, de la dispute au doute, et du doute à l'incrédulité. • Btude sur Massillon, par l'abbé Bayle, chap. JCIV.
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archevêque de Milan et le saint évéque de Genève, « ces denx soleils des derniers temps. • Loin de nous cette rigueur hypocrite des Pharisiens par laquelle la plupart des hérétiques ont débuté et qui est en opposition avec l'esprit de Jésus-Christ, venu pour appeler les pécheurs. Qu'on cesse enfin de soupirer vers les premiers siècles du christianisme, de redemander à cor et à cri la rigueur primitive dans l'absolution des pécheurs, de reprocher à l'Eglise sa défaillance et son couchant. Cette mère est vieille, sans doute, mais elle possède encore assez de vigueur pour se sauver ellemême et sauver ses enfants. Tenons-nous scrupuleusement à sa pratique actuelle qui, d'ailleurs, a pour elle la garantie du temps et de l'expérience. Il n'appartient à aucun homme privé, fût-il le plus savant docteur, de réformer l'Église ou de changer une discipline reçue dans l'univers catholique; c'est là la tâche des papea et des é?êquea; l'Esprit- Saint qui leur a été promis, ne permettra pas qu'ils ferment les yeux, ou s'égarent dans les nécessités présentes. Vouloir agir contre elle ou sans elle, c'est marcher droit au schisme.
XV m. Saint Charles-Borromée, saint François de Sales et le pape Innocent XI, conformément au concile de Trente, insistent sur la fréquence de la communion. QuoUdiepeecai, quoHdissume, dit le Catéchisme romain. Combien ou s'écarte de l'esprit de notre mère de l'Eglise, quand on éloigne les fidèles de l'adorable sacrement des autels, comme le font aujourd'hui tant de directeurs imprudents ! Défendre aux bonnes âmes de s'asseoir au banquet eucharistique à cause de leurs infirmités journalières, de fautes légères, d'aridité dans la prière, n'est-ce pas éloigner du feu celui qui souffre du froid, des eaux de la fontaine celui qui s'est souillé? N'est-ce pas arracher des mains du malade le remède qui doit le guérir?
XIX. Quant aux indulgences, nous ne pouvons en parler ni agir au« trement que nos Pères. Ce sont les trésors sacrés dans lesquels chaque chrétien doit puiser sans cesse pour son propre salut et pour la délivrance des âmes qui souffrent au purgatoire
XX. L'archevêque recommande avec instance la plus parfaite concorde entre les prêtres séculiers et les réguliers. Nous sommes tous soldats dans la même armée, tous rangés sous les drapeaux de Jésus-Christ ; tous nous avons à faire la guerre, sous les mêmes auspices, aux puissances infernales. Que la paix et la sainte charité régnent donc visiblement dans les rangs de tout le clergé. Ne violons pas les privilèges les uns des autres, ni les immunités accordées par les Souverains- Pontifes; n'allons jamais au-delà des limites qui ont été tracées aux uns et aux autres. Si nous
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agissons de la sorte, nous verrous nos plaies se cicatriser bientôt, et les hétérodoxes ne pourront plus nous faire le reproche que nos pères faisaient aux luthériens et aux calvinistes : Vous tirez le glaive et vous vous tues vous-mêmes comme jadis les deux frères ennemis de la citadelle Cadmée (I).
Tel est le trop court sommaire des avis paternels qu'Humbert-Guillaume adressait en 1692 aux ministres des autels. Sous la date du 21 juillet 1700, il fit paraître une nouvelle lettre pastorale dans laquelle il recommande à la sollicitude du clergé divers points de la vie chrétienne et sacerdotale.
La longue guerre, dit-il, dont la patrie a été le théâtre, a fait de tristes brèches à la discipline. Aujourd'hui que, par la grâce du Très-Haut, l'olive de la paix semble rendue à la Belgique, il est temps que le premier pasteur et ses coopérateurs remettent la main à la charrue avec une ardeur nouvelle. Pour arracher rivraie qui a poussé peu à peu dans le champ du père de famille, pour semer de nouveau le froment d*une plus sainte discipline, il faut que les ouvriers eux-mêmes reviennent à l'observance exacte des lois portées au concile de Trente de vit a et honestate clericorum. La fuite du monde, la retraite annuelle durant huit ou dix jours dans le séminaire, d'un collège ou d'un couvent, la prière vocale et mentale de tous les jours, l'étude et particulièrement la lecture des livres saints, sont des moyens qu'aucun ecclésiastique ne peut négliger, s'il veut se montrer digne de sa sublime vocation et sauver les âmes.
(1) Syn. Belg. II. 391-417.
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Qu'on s'abstienne désormais de traiter en chaire les subtiles questions théologiques de la grâce et de la prédestination, d*y semer les fleurs d'une rhétorique mondaine, ou d'y parler de manière à jeter les uns dans le désespoir ou à enhardir les autres dans le mal. Le pré* dicateur doit montrer à tous la voie du milieu et s'attaquer, avant tout, aux péchés dominants. Il ne saurait se montrer trop sévère à 1 égard des lieux de prostitution «centres infernaux de Vénus et de Bacchus, » des représentations théâtrales, des réunions infâmes connues sous les noms de Labayen^ Quanaelbier, Spinnin^en, Spli/'^ tingen, Smnffelinffen, Achter *t lyst, Dansscholen, vraies pépinières de Satan, occasions prochaines de milliers de crimes, sources premières de toutes les calamités publiques que nous avons vu fondre sur notre malheureux pays.
Pour arrêter le mal, rien de plus nécessaire que d'établir ou de rétablir les confréries, notamment celles du Très-Saint Sacrement des autels et de la Sainte Vierge, de recommander la fréquente communion. Mais si le prédicateur doit exhorter les fidèles à communier au moins aux grandes solennités, ainsi que les dimanches du carême et de l'avent, qu'il se garde d'écarter de la Table divine les fidèles qui ne possèdent pas encore le très-pur amour de Dieu, Tamour pur de tout mélange, ou qui n'ont pas encore fait une digne pénitence de leurs péchés ou qui ne persévèrent pas dans la vertu. Si quelqu'un a la témérité de parler ou d'agir autrement, nous déclarons qu'il est tombé par le fait même dans l'excommunication comminée par le décret d'Alexandre VII (7 décembre 1690). Pour rétablir la