‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 36 sur 181 · I. LE CARDINAL 6RANVELLE · texte numérisé non relu

I. LE CARDINAL 6RANVELLE

également des lettres-patentes d'anoblissement pour son père, qui, par son crédit, avait pu échanger les fonctions de juge-châtelain contre celles de lieutenant des sauneries de Salins (i). Il sut aussi se faire donner àlui-mème l'emploi lucratif de par-c^^^^t^^ des sauneries, et une foule d'autres honneurs, de dignités et de pensions. La cupidité des hauts fonctionnaires semblait alors une pardonnable peccadille ; quand à la vanité du noble lignage, c'est un abus de tous les âges et de tous les pays du monde.

Ajoutons encore que messire de Granvelle dirigea provisoirement les affaires publiques pendant la dernière maladie du cardinal Gattinara (2) et qu'il lui succéda, en 1530, soit dans la haute dignité de grand-chancelier de Bourgogne, comme disent tous les historiens francscomtois, soit simplement dans la confiance de l'empereur, qui le nomma son premier conseiller et garde-dessceaux des royaumes de Naples et de Sicile. » Gattinara mort, dit un contemporain, l'empereur ne soufi*rit plus de grand-chancelier pour l'administration de toutes les affaires de VÉtat, mais il partagea les travaux, afin de ne pas laisser tant d'autorité à un seul homme ; désormais rien ne s'expédiait sans que Sa Majesté ne l'eût examiné par elle-même et approuvé (3). «

(1) Ville de la Franche- Comté, ainsi nommée des sources salées qui constituaient sa principale richesse.

(2) Agrégé en 1529 an Sacré-Collége par Clément VU, à la demande de Charleâ'Quint.

(3) L'ambassadeur Nicolas Tiepolo, cité dans Mignet, Char le*- Quint, mm abdication, etc., pag. 14. Notre historien flamand, David, IX, 335, as&ure également qu'après la mort de Gattinara la dignité et les fonctions de cbanccli?! furent supprimées.

Nous croyons en avoir dit assez sur le père et la famille du cardinal-archevêque.

L'année même où l'Espagne vit pour la première fois l'héritier de Philippe-le-Beau et qu'elle perdit le plus grand homme d'État qu'elle ait jamais eu, le cardinal-archevêque François Ximenès, vint au monde un enfant qui était destiné à marcher sur ses traces et à jouer un rôle décisif, quoique moins illustre, dans les pays de la couronne (i).

Cette même année vit un moine apostat de Wittemberg lever l'étendard de la révolte contre l'Église, et un humble enfant des Pays-Bas, Adrien d'Utrecht, évêque de Tortose et régent d'Aragon, entrer au Sacré- CoUége. Le cardinal de Tortose ceignit la tiare, en janvier 1522, sous le nom d'Adrien VI.

Antoine Perrenot^ deuxième fils de Nicolas et de Nicole Bonvalot, naquit, le 20 août 1517, dans la petite ville d'Ornans, d'autres disent à Besançon. Il montra des aptitudes précoces et fit pressentir dès sa plu» tendre enfance les hautes destinées qui l'attendaient dans l'Église et le siècle.

Après avoir reçu, à l'ombre du foyer paternel, les premières leçons de la foi et le premier enseignement des lettres humaines, il continua son éducation littéraire dans les écoles du chef-lieu de la Franche^Comté.

(1) Le roi Charles (Charles-Quint) aborda en Asturie le 19 septembre 1517. Ximenès n'eut pas le bonheur de le voir; il trépassa comme un saint le 8 novembre à Roa, non loin de Burgos, où il avait dû s'arrêter en allant au devant de son jeune souverain.

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