‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 39 sur 181 · I. LE CARDINAL 6RANVELLE · texte numérisé non relu

I. LE CARDINAL 6RANVELLE

et de Passau. L'historien Strada, qui n'a que des éloges fort modéréa pour Granvelle évéque, dit de Thomme d'Etat et du diplomate : Jd principes viros dvitatesque kgatus a Caesare, pleraque confecit féliciter eloquen^ tiae beneficio^ sed mira solertia temperatae . . . Multis aequavit patrem, muUis superavit, ingenii praesertim celeritate^ fatigatis interdum quinque simul amanuentibus (i).

Lorsque* le concile général allait s'ouvrir à Trente, l'empereur s'empressa d'y envoyer ses représentants, moins sans doute pour presser et aider les travaux de rassemblée que pour faire entendre ses plaintes contre François I*', roi de France, qui lui faisait la guerre dans le Piémont, le Roussillon et le Luxembourg. L'ambassade était composée de Nicolas, seigneur de Granvelle, de son fils l'évêque d'Arras, de Jacques de Mendoza et de Jean Fernandès, marquis d'Anguillara, ambassadeur ordinaire de l'empereur prôs le Saint-Siège. Dans une réunion tenue le 9 janvier 1543, avant loQverture officielle du concile, l'èvôque d'Arras prononça an discours dans lequel il s'attachait à faire ressortir les bons offices de l'empereur pour obtenir la convocation de cette grande assemblée, et à exposer les motifs légitimes de l'absence de Sa Majesté Impériale. » Pour remplir toutes les obligations que sa dignité d'empereur et de roi lui impose, dit le jeune orateur, notre souverain et maître nous a ordonné, à nous, ses ambassadeurs, de faire tous nos efforts pour assurer les avantages qu'on doit recueillir de la

(1) De btllo beUf . Ut. II, sous l'an 1559.

célébration de ce concile œcuménique, pour protéger la piété de l'Eglise et l'unité de la foi, pour affermir la Religion et contribuer de tout notre pouvoir à ce qui peut la rendre florissante... Il ne nous sera pas difficile d'excuser l'absence de S. M. I. Qui ne voit pas, en effet, qu'on lui a déclaré la guerre, qu'on l'a portée en différentes provinces, que dans cette guerre on n'a observé aucune loi divine ou humaine, et qu'elle est pour l'empereur un motif légitime pour ne pas abandonner ses Etats ?... La prudence exige qu'il pourvoie à tout pour prévenir cette année une invasion semblable à celle de l'année dernière. On a choisi pour cette invasion le temps où il rassemblait les troupes et les forces navales qu'il devait opposer à l'ennemi du nom chrétien... L'empereur enverra les évèques de ses Etats et tous ceux de ses sujets qui ont droit de séance dans les conciles, s'ils peuvent venir en sûreté. On a enfreint cruellement toutes les lois de la guerre dans l'invasion récente de ses Etats. On a attaqué ceux-là môme que leur position devait mettre à l'abri de toute violence; l'empereur nous a ordonné de présenter leurs excuses et d'assurer qu ils seront toujours très-disposés à venir... (i). // Ces quelques lignes nous montrent que l'orateur impérial jette toute la faute sur François I, agresseur de Charles-Quint. Comme il n'y avait encore ni évêques ni ambassadeurs français à Trente, le discours de Granvelle demeura naturellement sans réplique.

(1) Raynald, ad an, 1543, no 3, nous donne tout le discours d'apràs les archiyes du Vatican.

Page 1