‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 50 sur 181 · I. LE CARDINAL GRANVELLE · texte numérisé non relu

I. LE CARDINAL GRANVELLE

horde dévastatrice qui rôdait encore autour du grandbéguinage et du couvent de Roosendael, situés l'un et l'autre en dehors des murs. Antoine de Lalaing partit pour Anvers en octobre 1566 ; au commencement de Tannée suivante, il fut remplacé, comme gouverneur de Malines, par Charles de Trazegnies, homme plus sincèrement que lui attaché à l'Église catholique et au roi.

Les scènes épouvantables qui avaient eu lieu à Anvers, furent répétées dans toutes les provinces du midi et du nord, sauf dans le pays de Namur, de Luxembourg, d'Artois et d'une partie du Hainaut, où les autorités locales eurent le courage et la bonne volonté, comme à Malines, de faire leur devoir et de tenir tête aux malfaiteurs sacrilèges.

L'orage qui menaça Malines en 1566, n'était que conjuré. Il devait éclater six ans plus tard avec une fureur nouvelle et que rien n'était capable d'arrêter. Mais il nous faut d'abord reprendre le récit biographique au point où nous l'avons laissé.

Granvelle, retiré à Besançon, comme nous l'avons dit, perfectionna l'académie que son père y avait fondée pour l'étude de toutes les sciences, en y appelant des professeurs de la plus grande réputation. Il voulut que cet établissement,, appelé depuis '/ les écoles de Granvelle « , fût destiné aussi à instruire et à former ceux qui aspiraient à l'état ecclésiastique. Ce secours était indispensable dans un temps où l'on n'avait pu

rassembler les fonds quil fallait pour doter un séminaire selon l'ordonnance formelle du concile de Trente. Les écoles de Granvelle subsistèrent jusqu'en 1618, époque à laquelle le magistrat de Besançon leur donna une forme nouvelle.

Le cardinal-archevêque se rendit à Rome en janvier 1566. On a affirmé à tort, ce semble, qu'il assista au conclave où le cardinal Alexandrin, l'humble frèreprêcheur Michel Ghislieri, fut proclamé successeur de Pie IV et ceignit la tiare sous le nom de Pie V. Ciacconius, du moins, cite Granvelle parmi les membres du Sacré-CoUége qui ne furent pas présents au conclave. Nous verrons plus loin ce que fit Granvelle à Rome dans l'afiaire importante de la condamnation de Baius.

En 1568, Philippe II confia à Jean de Zuniga son ambassadeur à Rome , et aux cardinaux Granvelle et Pacheco la mission de négocier un traité d'alliance avec le Saint-Siège et la Venise contre les Ottomans.

L'année suivante, le roi lui confia la vice-royauté de Naples, vacante par le décès du duc d'Alcala, et le pape y joignit la dignité de légat apostolique. Dans cette haute position, qu'il garda durant quatre ans, Granvelle pourvut à la sécurité extérieure du royaume, dont le littoral était presque toujours menacé par les flottes du Croissant, et à la tranquillité intérieure du pays par le châtiment des bandits qu'on parvenait à saisir, et enfin par des lois nouvelles dites Pragmatiques. Il donna une attention particulière à l'administration de la justice, proscrivit l'usure et le jeu, empêcha la sollicitation des bénéfices, fixa le prix des

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