I. LE CARDINAL GBANVELLE
faire long rojage. L'on tiendroit à legerité de changer la délibération si longuement soustenne des nonvelles evcschez, et si elles sont bien conduites, seiriront grandement pour la religion ; et quant aux unions, si Toa les vouloit deffaire, le roy seroit bien empesché de trou?er où prendre le dot (1).
La cour de Bruxelles et le conseil privé ordonnèrent au procureur-général du conseil de Brabant d'examiner judiciairement si Molineeus et Latomus avaient été envoyés à Rome par des abbés, et quels abbés leur avaient confié cette mission (2). Les pères du second concile provincial de Malines, tenu en 1574, citèrent Molînaeus devant leur tribunal afin dy rendre compte de sa lettre injurieuse du 26 mai 1573 (3). Ni l'un ni l'autre n'obéirent à l'ordre du concile. L'opiniâtre Molinœus, revenu à Louvain sans avoir rien pu obte^ nir, tomba dans une aliénation mentale complète et se laissa mourir de faim dans la maison des frères-cellites, le 29 septembre 1575(4).
L'Église, au saint concile œcuménique de Trente, ne s'était pas bornée à définir exactement les vérités de son antique symbole que niaient les soi-disant réformateurs de la religion; elle travailla, avec la plus vive sollicitude, à restaurer la discipline qui s'était insensiblement affaiblie durant le moyen âge. De là
(1) 8yn. Belg. I, 182.
(8) Ibid. 183.
(S) Ibid. «03.
(4) Sur Molin»ua voir Paqnot, Mémeirei, VU, 405-412, et les Jna* kcta Beiff, de Hojnck van Papendrecht, 1. 1, 2e partie, pasêim.
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les lois De reformatione. Mais ces lois devaient aussi être promulguées et recevoir leur application.
Le pape Pie IV .fit envoyer à Granvelle le bref Pro commisso (17 octobre 1565), l'exhortant et au besoin le requérant d'observer les décrets du concile, confirmés par l'autorité du Siège Apostolique, et de les faire observer dans sa province. Environ quatre mois auparavant, la duchesse Marguerite de Parme lui avait écrit dans le même sens :
Je vous aj par charge expresse d'icelle bien voulu esoripre la présente, pour vous prier de bonne afrection,et de la part de Sa Majesté (Philippe II) , requérir très-instamment, de incontinent publjer et faire publyer, en et par toutes vos Églises, Districts et Diocèses, et tous autres lieux et endroits, où il conviendra, et pays de Sa Majesté pardeça, le dit St. Concile de Trente (selon que vous avez aatresfois requiz de le pouvoir faire). .. En quoy vous sera de la part de Sa dite Majesté donné, et vous feraj donner, toute faveur et assistence, ayant au nom d'icelle ordonné aux Consaulx provinciaux, officiers et ceux des villes principales de Textendue de votre diocèse, esdits pays de pardeça, afin que toutes et quantesfois, quand ils en seront par vous requiz, ils y tiennent aussi la main... (1).
Mais on comprend que cette promulgation ne pouvait pas être faite par l'archevêque de Malines, tant que la bulle des limites de son diocèse n'était pas mise en vigueur. Elle fut faite néanmoins de bonne heure par les évéques de Cambrai et de Liège, anciens ordinaires.
D'abord, pour la partie du diocèse de Malines qui avait été démembrée de celui de Cambrai, la publication du concile de Trente eut lieu dans le synode provincial de Cambrai, tenu en juin-juillet 1565, sous la présidence de l'archevêque Maximilien de Berghes.
(1) Le bref pontifical et la lettre de la ducbesse«gouvernanto se lisent dans le Synod. B$lg, I, 21-24.