I. LE CARDINAL ORANVELLE
de Berne, au diocèse de Bois-le-Duc; de TEeckhoute, au diocèse de Bruges, et de Bergues Saint- Winoc, au diocèse dlpres, etc. (i).
Le décret suivant fut porté dès la première séance : « Le synode provincial de Malines ordonne d'abord et avant toute autre chose, que tous ceux qui sont assemblés ici reçoivent publiquement, simplement et sans aucune protestation tout ce qui a été défini et décrété par le saint concile de Trente ; que tous promettent et professent véritable obéissance au Souverain- Pontife de Rome ; que tous condamnent les hérésies condamnées par les saints canons et spécialement celles qui ont été anathématisées par le concile de Trente (2). " Ajoutons qu'au synode diocésain de Malines, tenu en avril 1574, tout le clergé exprima de nouveau sa parfaite adhésion au concile général (3).
Nous ne pouvons exposer en détail tout ce qui a immédiatement précédé ou suivi la solennelle assemblée de 1570. Il y a néanmoins une circonstance trop honorable pour Tépiscopat belge pour ne pas en faire briève mention.
L'impérieux duc d'Albe, qui gouvernait alors les Pays-Bas, voulut avoir entrée dans l'assemblée. Il délégua le chevalier de Glymes, président du Parlement de Malines, pour y assister en son nom, « et « signement, dit-il, pour requérir que au dit concilie '« ne soit décrétée aulcune chose qui puist directement
(1) Pour l'historique de la conTOcation et des premiers actes il faut lire le 6>«. Belg. 1, 29-33.
(3)/Âûf.II, 195.
« OU indirectement contrevenir aux droicts de Sa Ma- « jesté ou préjudicier à sa souveraine jurisdiction, ou « chose en dépendante... (i). « Rythovius et ses confrères comprirent que l'exigence du lieutenant-gouverneur et capitaine-général était une menace pour là liberté religieuse et le respect de leurs décisions. Aussi se refusèrent-ils à admettre le commissaire royal dans les séances, en faisant respectueusement observer à Son Excellence que pareille demande était une chose inouïe dans ces contrées, et que d'ailleurs les fidèles pourraient soupçonner avec raison que les Pères n'avaient pas agi avec toute la liberté que leur garantit le droit canon. Ils annoncèrent en même temps quils avaient cru ne pas pouvoir lire la lettre de Son Excellence en pleine assemblée, afin d'éviter les troubles et les froissements auxquels cette lecture aurait vraisemblablement donné occasion. Du reste, les évéques ayant seuls le droit de porter des décrets dans un synode provincial, ils ne prendront aucune décision qui soit de nature à blesser Sa Majesté ou Son Excellence (2). Le duc d'Albe, qui n'avait pas l'habitude de reculer devant des obstacles, dut cette fois fléchir devant les observations aussi justes que calmes du corps épiscopal.
Tous les décrets furent transmis au cardinal-archevêque, résidant à Rome. Celui-ci exprima sa satisfaction et promit son concours pour les faire observer. " Je vois dans la lettre collective de mes révérendissimes confrères les évêques, écrit-il à Rémi Driutius de
(1) Lettre du 11 juin 1570. Ibid. I, 64.
(s2) Lettre des évéques au duc d*Albe, 15 juin 1570. «S>». Belg. I, C9.