‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 56 sur 181 · I. LK CARDINAL GBANVELLE · texte numérisé non relu

I. LK CARDINAL GBANVELLE

Bruges, avec quel zèle vous m'engagez à revenir aux Pays-Bas. Veuillez-vous persuader que j'ai pour mon Église les sentiments que je dois avoir ; si j'en suis absent, c'est par nécessité et parce que d'autres affaires me retiennent ici. Je saisirai la première bonne occasion qui se présentera pour revenir ; mais j'ai bien des affaires à terminer, avant que je puisse prendre à cet égard une résolution définitive... Rome, 24 août 1570(1). u

La congrégation romaine dite du concile de Trente nomma une commission pour l'examen des décrets provinciaux de Malines. La commission marqua quelques corrections à introduire dans le texte. En définitive, le concile provincial de 1570 ne reçut pas une confirmation officielle du Saint-Siège ; mais il n'en conserva pas moins toute sa force obligatoire en Belgique {2).

Arrêtons-nous un instant aux années 1572, 1578 et 1580, années tristement fameuses dans les annales des Pays-Bas et singulièrement fatales pour la ville métropolitaine.

A l'aurore du 30 août 1572, Malines tomba entre les mains des bandes mercenaires du prince d'Orange, auxquelles l'avait livrée la trahison de quelques étran gers, aidés eux-mêmes d'un petit nombre de mauvais citoyens. Non-seulement le magistrat et les bourgeois, mais encore des personnes étrangères à la ville durent

(1) Syn. Belg. I, 137.

(2) Syn. Belg. I, 147-160.

jurer fidélité au Taciturne ; quiconque s'y refusait était jeté en prison. L'écoutéte, les deux maîtres de commune, les douze échevins et les conseillers du parlement furent incarcérés avec les seigneurs de Beaufort et de Tilly, avec Richardot, évêque d'Arras, et Havet, évéque de Namur, qui se trouvaient par hasard à Ma- Unes. Sous prétexte de protéger la ville contre les agressions des soldats du roi, on démolit les maisons des faubourgs, et on livra aux flammes les couvents de Blydenberg, de Béthanie et de Thabor, ainsi qu une partie du grand-béguinage, tous situés hors de l'enceinte. Ce n'était encore que le prélude de plus grandes calamités. Bientôt arrive le duc d'Albe à la tête de troupes espagnoles, allemandes et wallonnes ; les partisans du prince d'Orange prennent la fuite ; Malines est abandonnée pendant trois jours consécutifs (1, 2 et 3 octobre) à toute l'insolence et à la cupidité des gens du terrible capitaine (i). Toutes les maisons des notables et des prêtres, indistinctement, sont pillées ; les monastères d'hommes, les communautés de religieuses, l'église métropolitaine et les autres églises subissent le même sort. Les horreurs commises par la soldatesque du duc égalaient presque celles auxquelles les calvinistes se livraient dans d'autres villes. C'est ainsi que le représentant du roi se vengeait sur une population innocente et qui, durant environ quatre semaines, avait été forcément à la merci d'une poignée de citoyens pervers et d'étrangers séditieux. Les cruautés et les sacrilèges commis à Malines ne con-

(1) Ces joarnées s* appellent la furtur espagnole à Malines, Voir les détails dans la Gazei van Mechelen, 6e année (1862-63), nO 24 et 25.

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