I. LE CA&DINAL ORANVELLE
Il aera bien d'empesoher que cette saison le concile provincial ne se face. Je snis a^seuré que s'il se faict, le nouveau gouverneur (Louis de Keqoesens) suivra Testât d*Espaigne, et qu'il j vouldra avoir personnage entremenant de la part du Roy ; comme il est homme ponctuel, et qui ne Touldra perdre un poil de Tautorité du Roy ; et ce avec raison, puisque cela est en sa charge, et il se souviendra de comme Ton en a usé à Toledo, non obstant la répugnance de tout le clergé d'Espaigne, ou pour le moins des principaulx Evesques qui sont suffragans... Je ne veux, comme vous dites, que les fraiz chargent sur moi ; sy les suffragans y veuillent con* tribner, je j fourniray volontiers pour ma part, et non plus avant ; lesquels suffragans trouveront esaies, si le gouverneur veuille faire entrevenir personne laye en leurs consultations, et lors me demanderont remyde, je dirai qu'ils le cerchent eux mesmes s'ils veuillent, et qu'it seroit mieux non faire ces assemblées, que de se procurer à soy mesmes tels empeechements (1).
Toutefois les évéques, et spécialement l'actif Lindanus, évéque de Ruremonde, ne cessaient de provoquer la tenue de rassemblée, décidés sans doute à ne pas admettre un représentant quelconque du gouvernement. En conséquence, la lettre de convocation fut publiée le K mars 1574 par Rythovius, évoque d'Ipres, agissant en qualité de plus ancien comprovincial, La lettre de convocation exprimait soigneusement que Rythovius obéissait non-seulement aux instances sérieuses et réitérées de ses collègues, mais aussi au grave avertissement de Sa Majesté intimé à Tépiscopat par le gouverneur général des provinces belges (2).
La ville de Malines, qui avait énormément souffert en 1572 et 1573, offrait trop peu de ressources pour la tenue du concile ; aussi choisit-on la ville de Louvain, dont les vastes collèges offraient une hospitalité
(1) Dans le Syn. Belg, I, 171.
(2) Ibid, 172 et 173.
convenable aux ecclésiastiques convoqués, et se prêtaient facilement aux congrégations synodales.
Le 7 mai 1573, Rythovius, évéque-président, chanta dans l'église de Saint-Pierre la messe pontificale , suivie du Vent Creator. Après-midi, on se réunit dans la chapelle du collège de Savoie, où devaient se tenir les congrégations particulières. Après avoir prononcé le discours d*usage , Rythovius déclara la session ouverte.
Le concile fut clôturé à la fête de TAscension , 20 mai, par une séance publique tenue au chœur de la collégiale. Les actes et décrets ne sont en général qu'une simple révision des constitutions publiées au concile provincial de 1570. Us furent signés par les mêmes évêques et le même vicaire-général qui avaient signé le premier concile (i).
A cette assemblée avaient été convoqués les personnages suivants du diocèse de Malines : le chapitre métropolitain avec son doyen ; le prieur de l'abbaye d'Afflighem ; les prélats de Vlierbeek, d'Eename, de Saint- Adrien de Grammont, de Grimberghen.deParc, d'Averbode, d'Heylissem, de Ninove, de Jette (Dilighem) et de Sainte-Gertrude de Louvaiu ; les abbesses de Cortenberg, du Grand-Bigard, de Forest et de Roosendael; le prieur de Coudenberg de Bruxelles; le prieur d*Hanswyck lez-Malines ; le chapitre de Sainte- Gudule de Bruxelles; le prévôt de la collégiale de Saint-Pierre de Louvain; le double chapitre de Saint- Pierre; le chapitre de Saint-Jacques de Louvain; les
(]) Ibid. I, 193-216.