‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 65 sur 181 · I. LfS CARDINAL OKiiNVKLLS · texte numérisé non relu

I. LfS CARDINAL OKiiNVKLLS

Ce qa'ii conTient de faire est à mon a?ia qae Toas rappelliéa et qu'amplement TOUS luy faites entendre de ma part ce que dessus, luj communiquant la Bulle originale par laquelle il verra Tintention de Sa Sainteté, et que pour non faillir à mon devoir, je ne puis délaisser de faire exécuter, mais que j? désire bien que ce soit avec le moindre scandale que faire se pourra, il verra que par la Bulle il -n*est nommé, ny son livre, si bien en icelle il se fait mention des propositions et d'un livre sans dire q⪙mais toutefois s'étant publié iceiuy, il faut regarder par quel moyen ou pourra remédier à ce point : car je ne vois pas qu'il puisse délaisser de le défendre, afin que les exemplaires sortent bors des mains.

Et il sera besoin que au doyen et aux principaux de la Faculté vous faites ostentation de ladite Bulle, après toutefois avoir parlé audit docteur, afin que voyant la censure de Sa Sainteté, ils ne comportent que telles propositions se soutiennent, quelque interprétation ou glose que Tony veuille donner ; car je puis vous asseurer que Ton a fait tout ce qui a esté possible... Et ceci est de telle qualité et importance, et Ta Sa Sainteté tant à cœur, pour h crainte qu'elle a que sans y remédier promptement, inconvénient plus grand en puisse advenir, que j'attendray avec bien grand désir nouvelles de vous pour* sçavoir et lui faire entendre ce qui s'y sera fait. Et je désire singulièrement que ledit docteur prenne la chose par le h m cbemin, pour éviter tous les inconvénients auxquels en usant autrement, il pourrait tomber. Et pourtant vous prie, autant affectueusement que je puis, d'y user toute diligence, vous servant du conseil de ceux que vous verres convenir, mais ayant grand égard de fait ceux qui se pourroient montrer passionuez contre ledit docteur ; car ce que l'on prétend est de remédier au mal, comme j'ai dit, évitant, tant que faire se pourra, le scandale dudit docteur , sans toutefois rieu délaisser, soivant l'intention de Sa Sainteté, qui doige servir pour conserver la pureté de la doctrine. En me recommandant, etc. De Rome, ce 13 de novembre 1567. A Monsieur le Prévost Morillon (1).

Morillon suivit de point en point ces paternelles instructions. Il manda Baius à Bruxelles, pour le préparer doucement à la soumission. Il apparaît par l'issue qu'il le trouva docile ou qu'il triompha de sa résistance. Il fut convenu que, le 29 décembre, on

(1) L. C.De Decker, chanoine gradué de Malines, Baianismi ffiiioria brevii (Louvain 1700) page 9-15.

assemblerait à Louvain les docteurs de Tétroite-faculté, et qu'on déterminerait de concert les moyens convenables d'extirper du sein de l'Université les opinions proscrites par l'oracle infaillible du Pape.

Néanmoins l'esprit de parti prévalut. Baius commença à se prétendre calomnié à Rome, et envoya à Pie y un long mémoire pour justifier son enseignement et éluder la censure (8 janvier 1569). Il osa même demander au Pape de retirer la bulle Ex omnibus afflictionibuSy puisqu'on avait, dit-il, surpris sa sagesse. Naturellement une pareille apologie devait produire à Rome un mauvais effet \ elle y semblait bien près de l'opiniâtreté, pertinaciae vicina, comme Granvelle écrivit à Morillon, Toutefois le Saint-Père, sans faire attention au style irrespectueux du mémoire, et compatissant aux infirmités de l'orgueil scientifique, consentit, par une très-rare exception, à accorder la révision d'un arrêt qui avait été rendu avec toute la maturité et dans toutes les formes accoutumées. Les livres du docteur de Louvain furent donc soumis à un nouveau procès et confrontés avec les justifications postérieures. Comme il fallait s'y attendre, le résultat du second jugement confirma le premier, et le Saint-Père voulut bien en informer directement Baius par le bref que voici :

Qaoiqae nos lettres apostoliques, émanées dernièrement contre le livre et les propositions déférés a notre tribunal, n'aient pas été rendues sans nne mûre délibération, ni sans y donner toute l'attention qu'exigeaient de Nous l'importance de Taffaire et la qualité des personnes, qui d'ailleurs ont si bien mérité da Saint-Siège; néanmoins voulant vous ôter tout sujet de former de nouvelles plaintes, et désirant satisfaire à vos demandes, Nous ayons ordonné que les livres, les propositions et les écrits que vous Nous avez récemment adressés, fussent db nouveau examinés et

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