‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 66 sur 181 · I. LE CARDINAL GRANVBLLB · texte numérisé non relu

I. LE CARDINAL GRANVBLLB

pesés a?ee une très-grande attentiou et une très-grande ezactitode : et tout oonaidéré avec beaucoup de maturité, Nous avons jugé que si Nous n'avions point encore donné notre décret sur cela, il faudrait le donner, comme en effet Nous le donnons de nouveau. Ainsi Nous vous imposons, et à tons les défenseurs desdites propositions, un silence perpétuel avec défense de les avancer ou de les soutenir. Et Nous voas exhortons en Notre-Seigneur comme nos fils et des enfants très-soumis du Saint-Siège, d*obéir sans tergiverdation à ce que le droit et la Sainte Église votre mère et la mère de tons les fidèles, vous prescrivent, et d'exécuter tout ce que vous ordonnera notre bien-aimé fils Maximilien, prévôt de l'église d'Aire, et vicaire -général de notre vénérable frère rarchevéque de Malioes. Par là vous marquerez à Nous et à notre Saint-Siège une soumission digne de votre respect et qui Nous sera très-agréable. Donné à Rome, à Saint Pierre, sous l'anneau du Pécheur, le 13 mai 1669, la 4e année de notre pontificat.

Le premier concile provincial de Malines chargea Morillon de notifier officiellement la bulle susdite au corps académique. Le 16 novembre, Morillon se rendit à Louvain et se présenta devant les docteurs, Corneille Reyneri de Gouda, alors recteur magnifique, Michel Baius, Robert Maelcotius, Augustin HunndBus(Hoens), Jean Molanus, Henri Gravius, Thomas Gosœus et deux docteurs de l'ordre de saint Dominique, tous entourés d'un grand nombre de licenciés et de bacheliers. Après leur avoir exposé le but de sa mission, il fit lire du haut de la chaire la bulle apostolique par le notaire Conrad S jlvius . Lecture faite, il demandad'abord au recteur, puis à Baius et aux autres professeurs présents, s*ils se soumettaient. Chacun d*eux répondait qu'il adhérait de cœur et était prôt à souscrire au jugement qu on venait d'entendre. Se tournant ensuite vers les étudiants. Morillon les exhorta à apprendre avec soin et à enseigner aux autres avec fidélité ce que leurs maîtres leur enseigneraient de conforme aux ordres

et aux traditions du Saint-Siège. Il finit par ordonner au notaire apostolique, Conrad Sylvius, de dresser procès-verbal des actes de la séance (i).

Néanmoins le feu de la discussion se ralluma. Le chef des novateurs s*était soumis, semblait-il, de cœur et d*esprit, et ses partisans auraient dû comprendre qu'en jetant leurs armes aux pieds de l'Eglise, ils participeraient à sa victoire ; mais un faux sentiment d'honneur leur donna d'autres conseils. Aussi firent-ils entendre que le vicaire-général Morillon n'avait agi qu'en son nom privé. Ce bruit fut démenti par deux évoques, tous deux docteurs de Louvain, Rythovius d'Ipres et Jansenius de Gand. Leur lettre, écrite le 23 décembre 1570, attestait d'une manière authentique que le prévôt d'Aire avait fait la publication à Louvain pour en avoir reçu l'ordre exprès de la part des évêques réunis en concile provincial (^).

Le témoignage formel des deux prélats n'apaisa pas encore les esprits. Les choses en vinrent au point que Grégoire XIII, qui avait succédé à S. Pie V en 1572, se vit obligé de proscrire de nouveau le système baïaniste par la bulle Provisionis nostrae^ signée le 29 janvier 1579. 11 ordonna à son prédicateur, le père François Tolet, prêtre de la Compagnie de Jésus et plus tard cardinal, de porter la censure à Louvain et

(1) Voir l'acte de Conrad Sylvius au Syn, Belg. I, 161-166.

(2) La lettre des dçux évêques est au Syn, Belg. ], 167, et dans Baianismi Hisi, brevis, p. S2 et sqq.

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