I. LE CARDINAL GBANVBLLB
pour les jeunes théologiens un autre établissement sous le nom de Collège de Saint- Augustin. Son neveu ^ le docteur Jacques De Bay, ayant laissé tous ses biens pour achever et perpétuer cette œuvre, l'institution prit et garda le nom de Collège de Bains.
Il est utile de rappeler ici que le vénérable P. Bellarmin, envoyé au collège des Jésuites à Louvain par saint François de Borgia, troisième général de la Corn* pagnie de Jésus, y enseigna la théologie pendant sept ans (1569-1576). Sa position lui imposait naturellement le devoir de défendre la saine doctrine et de combattre les propositions censurées. Il usa du langage le plus charitable, n'exagérant pas les erreurs de Baius, ne prononçant pas même son nom. Rappelé en Italie et revêtu de la pourpre romaine en 1599, Bellarmin se montra toujours dévoué en bienveillant à Tégard de notre Université (i).
Nous avons cru devoir entrer dans ces détails, parce qa*ils se rattachent directement à l'histoire de Gran* velle et de Tarchevôché {2). Ils serviront en môme temps à faire comprendre les faits que nous aurons à exposer dans la vie des archevêques Jacques Boonen, Alphonse deBerghes, Humbert-Guillaume de Précipiano et enfin Thomas-Pfiilippe d'Alsace.
(1) Bellarmin prononça ses vœox solennels à Lonvain, reçut le sousdiaconat et le diaconat à Liège, et fat ordonné prêtre à Gand par Cor« neille Jansenius. Il prêcha souvent dans les églises de la ville de Loavain. Voir Bntler au 17« septembre et P Annuaire de V Université Catholique, année 1841, pag. 164 et sqq.
(S) Voir l'Histoire du cardinal de Oranvelle, par Luc DenansdeCourchetet (Bruxelles 1782), tom. II, pag. 276-383.
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Le cardinal de Granvelle, convaincu qu'il ne pouvait plus guère espérer de retourner aux Pays-Bas, résigna spontanément l'archevôché de Malines , le 24 janvier 1583, entre les mains du pape Grégoire XIII. Le 25 juin de l'année suivante, les suffrages unanimes du chapitre métropolitain de Besançon l'appelèrent au siège de cette ville, vacant par la mort du cardinal Claude' de la Baume-Montrevel. 11 accepta sans répugnance la nouvelle dignité que lui offraient ses compatriotes. Le roi consentit à sa nomination, mais non à la demande qu'il fit de se retirer des affaires et de résider dans son nouveau diocèse.
Jean Hauchinus, doyen de Sainte-Gudule et officiai à Bruxelles, était déjà désigné par la cour de Madrid pour le siège de Malines. Du moment que Granvelle eut abdiqué, la nomination devint officielle, et le pape Grégoire XIII confirma bientôt le choix du roi. Hauchinus reçut l'onction épiscopale,le 30 octobre 1583, des mains de Maximilien Morillon, qui avait été sacré évêque de Tournai quinze jours auparavant. La ville de Malines étant encore au pouvoir des calvinistes, l'archevêque Hauchinus ne put y faire son entrée qu'au mois d'août 1585 ; mais dès le 23 octobre 1583 il avait pris possession du trône archiépiscopal, par fondé de pouvoir, dans la collégiale de Saint-Pierre à Louvain.
On ne trouve pas que le chapitre métropolitain ait nommé un vicaire-général pour l'administration intérimaire, qui a été d'ailleurs de très-courte durée. Tout