‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 69 sur 181 · L LB CARDINAL GRAN7ELLE · texte numérisé non relu

L LB CARDINAL GRAN7ELLE

le clergé étant en fuite et les chanoines dispersés ça et là, il est presque hors de doute, est-il dit dans un document inédit, que tout est resté comme au temps du régime de Granvelle et sous la sanction d i Siège Apostolique, jusqu'à ce que le nouvel archevêque fût entré en pleine et actuelle possession de son Église. Cette conjecture acquiert plus de vraisemblance, si Ton considère ce qui a eu lieu à une époque postérieure, à savoir après la renonciation du cardinal-archevêque de Franckenberg en 1801 (i).

Granvelle, archevêque de Besançon, demeurait toujours à Madrid, au diocèse de Tolède. Le 10 mars 1585, il négocia, à Sarragosse, le mariage de Tinfante Catherine , fille aînée de Philippe II , avec Charles- Philibert, duc de Savoie. Ce fut le dernier acte de sa vie politique.

De retour à Madrid, il tomba dans une fièvre lente qui le réduisit à l'extrémité au bout de sept mois. Il vit avec calme approcher le moment suprême, écrivit ses dernières volontés le 15 septembre 1586, et rendit son âme à Dieu le jour de saint Matthieu, le 21 septembre (2). Ce fut le père Joseph Angles, franciscain de Valence, qui lui ferma les yeux. Trois jours avant sa mort, il avait reçu, avec émotion, une lettre autographe du roi qui le consolait dans sa maladie.

(1) ' Pêne indubitatam, qaod omnia papali sanctione remanserint ai erant sob regimine continaato cardinalis a Granvella, asqoe ad plenam sedis Mechliniensis posseasionem a successore captam. Qaae nosCris temporibus circa ejusmodi rem vidimas (post demissiooem Joannîs Henrici archiepiscopi), conjectaram firmant. • Mss. de Van Helmontf archifes de l'archevêché.

(8) Les contemporains se plaisaient à faire remarquer que Charles- Quint était mort à pareille date en 1559.

158 PAEMIÈRB PÉRIODJB.

D'après le désir exprimé dans son testament, la dépouille mortelle du cardinal fut rapportée, quelque temps après, à Besançon et déposée dans le souterrain de l'église des carmes de Tancienne Observance. Là reposaient son père, sa mère et quelques-uns de ses frères et sœurs.

Aux obsèques célébrées à Madrid, l'oraison funèbre du défunt fut prononcée par J.-B. Sacco, de Milan. Cette pièce a été presque intégralement reproduite dans les Elogia Cardinalium de Sanderus, chanoine d'Ipres (i). Nous y avons pris quelques détails, insérés dans la présente biographie.

L'acte de ses dernières volontés, signé à Madrid, porte la date du 15 septembre 1586, an II du pontificat de Sixte-Quint. Parmi les exécuteurs testamentaires de Granvelle , nous voyons au premier rang l'archevêque de Malines (Hauchin) ; son secrétaire particulier, Nicolas Sexagius ou Sestich, est le cinquième et dernier. Son héritier universel fut Jean- Thomas Perrenot, seigneur de Maiche, fils de son frère Thomas Perrenot, comte de Cantecroy. Si son neveu mourait sans descendance, les biens devaient passer à Madame de Torrèse (Marguerite Perrenot), sœur du cardinal, et à ses descendants. Des legs particuliers étaient faits non-seulement à ses neveux et nièces, mais aussi aux monastères dont il avait eu la commende et aux deux évâchés dont il avait été successivement le premier pasteur : » A l'Église d'Arras, « que j'ai gouvernée pendant quelques années et à la-

(3) Louvain, chez Vaa Goeneâteyn, 1626, pag. 169-178.

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