I. LS CARDINAL SKANVELLE
« quelle j'ai rendu tous les services que j'ai pu^ je « lègue cent couronnes d*or pour une chape de chœur " ou un pluvial. Quant à TÉglise de Malines, j'ai ff dépensé pour elle plusieurs milliers de ducats de « mon argent, parce qu elle devait devenir métropoli- » taine ; je la prie donc de se contenter de la somme » de mille couronnes d'or que je lui lègue (i). » Les carmes de Besançon et les jésuites de Madrid ne furent pas oubliés.
Les armes de Granvelle étaient : d'argent à trois bandes de sable; au chef d'or chargé d'une double aigle naissante de sable ^ avec la devise : Durâte. C'est le premier mot de ce vers de l'Enéide : Durate, et vosmet rébus servate secundis^ prenez patience et réservezvous pour des temps plus favorables. Ce mot expressif se trouve aussi sur les volumes provenant de la bibliothèque du cardinal.
On trouve quelquefois les armoiries de famille de Granvelle écartelées avec les armes d'Irlande (insignia scotica)^ pour rappeler saint Rombaut qui était originaire de l'île Scotia ou l'Irlande. Les successeurs de Granvelle jusqu'à Alphonse de Berghes, et le chapitre métropolitain ont suivi cette coutume (2).
Il existe huit médailles de différents modules frappées en l'honneur de Granvelle. Deux n'ont point de revers ; quatre portent un vaisseau battu par la tempête, avec le mot Durate ; la septième représente au revers le crucifiement de Notre-Seigneur ; sur la hui-
(1) Le testament et les codicilles, écrits en latin, sont dans le recueil diplomatique de Mimas, IV, 466-468.
(2) Sollerius, Acta S. Eumoldi, pag. 22.
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tiéme le cardinal remet Tétendard à don Juan d'Autriche avec les mots : In hoc signo vinces. li'inscription annonçait la victoire de Lépan te remportée sur les infidèles(i).
Malgré la sévérité des jugements dont il a été l'objet, Granvelle est regardé par tous les historiens sérieux comme l'un des plus grands personnages du seizième siècle. Politique pénétrant, ambassadeur habile, administrateur de génie, il se montra tout dévoué à la cause de la monarchie et profondément attaché aux doctrines de TÉglise. Il eut beaucoup des qualités de Richelieu; mais disons à sa gloire qu'il ne donna jamais la main, comme le fit le ministre français, aux ennemis du catholicisme, et ne fit tomber la tête d'aucun de ses adversaires politiques.
Ses détracteurs lui ont reproché d'avoin soigné les intérêts des membres de sa famille et de s'être efforcé d'élever ses proches ; mais il est certain qu'il ne les éleva pas au-dessus d'une prospérité moyenne. Sous ce rapport il est resté infiniment au-dessous du cupide Guillaume de Croy, seigneur de Chièvres, et d'autres favoris laïques de Charles-Quint. S'il a sollicité des richesses pour lui-môme, ce fut en homme supérieur qui ne les recherche que pour l'emploi généreux qu'il peut en faire. Avec sa munificence, on comprend qu'il ne pût avoir l'abnégation d'un cénobite. Sans les grands revenus qu'il tirait de ses bénéfices, il n'aurait pu, comme il l'a fait, fonder des collèges, créer des musées,
(8) Weiss, Notice préliminaire des Papiers d^ttat.