‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 80 sur 181 · II. JKAN HAUCHIN · texte numérisé non relu

II. JKAN HAUCHIN

Soas ses auspices, les agitateurs qui avaient déjà pillé la riche et paisible chartreuse de N.-D. de Grâce à Scheut, près d*AnderIecht, se ruèrent sur les églis^^s de la ville (i). La tragédie commença dès le matin du 6 juin par la dévastation de Téglise de Saint-Nicolas où ils brisèrent les autels et les images, profanèrent les vases sacrés, et se revêtirent des chasubles et des dalmatiques; ainsi vêtus, ils coururent les rues comme des forcenés, proférant des blasphèmes et des invectives contre la religion catholique. Dans l'après-midi du même jour, les pillards, fanatisés par les prédicants, allèrent porter leur rage contre Sainte-Gudule qu'ils trouvèrent fermée ; n'en pouvant enfoncer les portes, ils dressèrent des échelles et y entrèrent par escalade. Heureusement que le clergé, prévenu à temps, avait pu sauver qiielques ornements précieux. « Quant à ce qui resta, disent Henné et Wauters, rien ne put échapper à la rage ou à l'avidité de ces misérables qui ne respectèrent ni les objets de la vénération publique, ni les chefs-d'œuvre de l'art, qu'ils profanèrent, détruisirent ou volèrent. C'est alors que la châsse de Sainte- Gudule fut brisée et les restes de la patronne dispersés. Les iconoclastes recherchèrent avec fureur le Sacrement de Miracle qu'avait sauvé la piété d'un ecclésiastique (Josse Hauvvaert, chanoine de la seconde fondation), et ils se seraient livrés encore à de plus grands excès,

(1^ Les. dévasta leurs furent les BroMcguilUs, réanis à la lie de la populace^ Les Broucqailles étaient des soldats écossais mis en garnison à Bruxelles sous le prétexte de contenir la bourgeoisie dans Tobéissance de rarcbiduc Muthias, mais en rédlité pour permettre aux rebelles de se livrer plus librement à leurs violences. ^Mann, Abrégé de l'hisioire dâ BruxelUê,!, 125).

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si Ton n'était enfin parvenu à les arrêter (i). L'église de Sainte-Elisabeth, celles de Sainte-Catherine et des Bogards subirent le môme sort. Craignant pour leur vie, les prêtres se tenaient cachés, et tout office divin cessa. Des églises, la populace se jeta sur les hôtels des nobles, partisans de P^^ilippe II ; ceux du comte de Mansfeld, du duc d'Arschot et du cardinal de Granvelle furent les premiers assaillis, pillés et saccagés de fond eu comble. La bourgeoisie était dans la 8tupeur(2) . «

Au mois de juillet, les calvinistes obtinrent pour leur culte l'église de N.-D. de la Chapelle qui fut aussitôt dépouillée de tous ses ornements. D'autre part, l'église de l'hôpital de Saint-Jean au Marais fut occupée par les martinistes ou luthériens.

Durant les mois suivants,les hérétiques continuèrent leurs usurpations et leurs dévastations. — Au commencement d'avril 1580,les riches abbayes de Grimberghen, de Dilighem et de Forest furent dévastées et leurs dépouilles vendues publiquement. Dans le même temps, Olivier Vandentympel sortit de la ville avec une partie de la garnison et se dirigea sur Maliues, pour se rendre maître de cette ville, entreprise dans laquelle il réussit{3).

Dans son absence, une partie des soldats qu'il avait laissés à Bruxelles, s'ameutèrent et, renforcés par la populace, ils coururent à Sainte -Gudule (19 avril). C'en était fait de cette imposante basilique, si le

(1) Le prêtre Hanwaert avait sauvé la croix d'or qui renfermait les trois Hosties miraculeuses. Le précieux trésor fut ensuite mis en lieu sûr par le doyen Hauchin et le pléban Fabri. (Mann, ibid, p. 127).

(2) Henné et Wauters, HUioire de Bruxelles, I, 507.

(3) Mann, ouvrage eilé, I, 133.

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