III. MATUIAS U0VIT7S. 23S
trois hommes dont le nom mérite d'être conservé dans ITiistoire de notre diocèse. On arriva à un accord, et rincorporation fut actée, à la maison communale, le 7 novembre 1595.
Au hameau de Calfort, près de Puers, il y avait eu un hospice {gasthuis) de religieuses de Tordre de saint Augustin. De cette communauté, violemment supprimée en 1580 par les sectaires, il ne restait que quatre sœurs. L'archevêque, usant du droit reconnu par le concile de Trente, unit au séminaire les biens et revenus de cet hospice, mais en laissant aux survivantes une pension viagère (i) . Il confia la présidence de l'établissement au bachelier Michel Schamelaert, zellarien, 1613-1616, et, après la mort de celui-ci, à Jean Van der Sluys, zellarien, 1617-1633.
Le troisième concile provincial de Malines (1607) ordonna ce qui suit : » Afin que la fondation des séminaires puisse se faire commodément eu égard au temps présent, on y appliquera, dans chaque diocèse, le 60* denier des biens ecclésiastiques ; chaque évoque, s'il le juge à propos, après avoir consulté les curateurs que le concile de Trente prescrit, pourra augmenter ou diminuer cette taxe (2). "
Au synode diocésain de 1609, on nomma les premiers curateurs du nouvel établissement. Après avoir établi quelques conditions d'admission. Ho vins renouvela la taxe imposée par le concile provincial de 1607. Il voulut que le soixantième denier, ou environ, de chaque bénéfice ecclésiastique fût remis annuellement jusqu'à
(1) Voir la Gazet van MeeheUn, 3e anaée, 1859-60, no 49. (S) S^n. Belg. I, 398, tit. XXI, c. I.
Tépoque où il serait suffisamment pourvu d^une autre manière à la stabilité du séminaire (i) .
Le vigilant archevôque attachait un si haut prix à l'éducation du clergé qu'à lexception de certains legs particuliers, il laissa tous ses biens, meubles et immeubles, à la maison dont il était le fondateur. Il eut soin d'ajouter que dans le cas où son séminaire fût transféré à un usage autre que celui auquel le concile de Trente le destine, ces biens passeraient moitié à ses héritiers légitimes, moitié à la mense des pauvres de la paroisse de Saint-Rombaut. A raison de cette libéralité, il chargea spécialement la conscience de son successeur et du chapitre métropolitain, afin, dit-il, qu'ils s'efforcent de diriger et de gouverner le séminaire de la manière qu'ils jugeront la plus convenable pour en £eiire sortir un grand nombre de bons pasteurs, chargés de travailler au salut des âmes, nommément dans les paroisses des campagnes (2).
Parmi les legs on remarque une somme de mille florins une fois donnée aux moines d'Afflighem pour les ornements de l'église abbatiale, et une pitance annuelle de 20 florins pour une messe à chanter annuellement au jour de son décès. » Je ne sache pas, ajoutait-il « dans son testament, que j'aie à me reprocher la n moindre injustice à l'égard de mon monastère; mais If j'aurais pu certainement lui demander beaucoup plus, » selon la convention qui a été faite entre moi et u l'abbaye avec l'approbation du Pape et de nos " souverains. « Ces dernières paroles font allusion
(1) Syn, belg, t. II, p. 2él et 242.
(8) Voir Tappendioe sous le no yi, pag. 250.
m. KATHIAS HOVIUS. 236
à un contrat personnel moyennant lequel Tarche* yéque-abbé se contentait d'une somme de quinze mille florins qui lui serait payée annuellement des biens de Tabbaye (i). On s'étonne à bon droit, dit le ciianoine Van Helmont, qu'avec ces revenus si mo« diques Hovius ait pu faire de si grandes choses pour les besoins des pauvres, la dotation du séminaire, le paiement de ses vicaires-généraux et secrétaires, la splendeur du culte dans la métropole, etc.
Il eut la consolation de combler en grande partie les vides du sanctuaire. Nous trouvons en effet dans les archives de Tarchevôché qu'il promut au sacerdoce 2482 sujets, au diaconat 2777, au sous-diaconat 2790, aux ordres mineurs 2713. Il sacra 12 évéques et con fera la bénédiction et la mitre à 15 prélats d*abbayes.
Mathias Hovius, presque octogénaire, termina par une mort sainte une vie dignement remplie. Il trépassa le 30 mai 1620 au milieu des moines d'Afflighem. Son ancien officiai, Jacques Boouen, alors évêque de Gand, lui avait administré le très-saint Viatique et TExtrôme- Onction.
Le 13 juin, l'évoque de Gand écrivit à l'archiduc Albert : " Il n'y a mémoire d'homme présentement » vivant que la mort d'aucun prélat, en ces Pays-Bas, « ayt autant et si généralement esté regrettée que celle « de l'arche vesque de Malines, lequel vrayment a servy, * et quoyque mort, servira encores longtemps de pa-
(1) A l'avénemeiit d'Hovins, Tabbaye d'Afflighem n'avait ploa qu'un petit nombre de religieux ; il s'agit un moment d'en faire des chanoines séculiers, et de partager les biens monastiques entre le chapitre métro* tropolitain et la mense archiépiscopale .
236 PREMIÈEE PÉRIODE.
u tron à tous évesques , de zèle envers Dieu , fidélité if envers Votre Altesse Sérénissime, et charité indéfati- « gable envers son prochain (i). «
Le corps du défunt a été déposé dans le caveau sépulcral de Saint-Rombaut , à la réserve du cœur et des entrailles qui sont demeurés sous la garde des religieux d'Afflighem.
Deux oraisons funèbres ont été prononcées en l'honneur du vénéré pontife, Tune à Malines, le 16 juin, par le docteur Jacques Jansonius, doyen de Saint-Pierre à Louvain ; Tautre à l'église abbatiale d'Afflighem, par le licencié Laurent Beyerlinck, archiprétre d'Anvers, le 7 juillet, lors des obsèques célébrées par Jacques Booonen, évéque de Gand (2).
Le 2 juin 1620 le chapitre confia les pouvoirs de vicaire-général sede vacante à l'archidiacre Pierre Van de Wiele, de Malines, et ceux d'official à Jean De Semet, de Bruxelles. L'année suivante, l'autorité diocésaine pria Florent Conrius, archevêque de Tuam (Irlande), proscrit de sa patrie , d'exercer les pontificalia durant la vacance du siège (3).
(1) Analeeiet, I, 219.
(2) Oratio funebris in obitum Illmi ae Rmi Mathia Roviit iebiU per D, Jaeobum Janssonium, p. 30, in-éo, Louvain, chez Gérard Rivias. — Laurentii Beyerlinck Oratio in funere Mathia Hovii, p. 46, in-4«> imprimerie planiimenoe à An?er8, 1620.
(3) Voir Tappeadice soas le no V, pag. 249.
APPENDICE
Serment priié par les arcAiducs Albert et Isabelle dans V église métropolitaine le 6 décembre 1599.
V Albert ende Isabel Clara Eugenia^ Infante van Spaignien, by der gratie Godts Eertzhertogen van Oistenryck^... heere ende vrouwe van Yrieslandt, van Salins^ ende van Mechelen, enz. Doen kondt ende bekennen^ dat om te voldoen ende Tolbringen 't gène dat den 21»^ dach van Aagasto 1598 beloeft ende gezworen is geweest by ons Eertzhertoch, in naem ende van wegen van ons beyden aen de generaele Staten van herwertzover^ ende bezunder aen dien van onse Stadt van Mechelen, alsdoen vergadert in onse Stadt van Brusele, in de groole sale van onss pnldis aldaerj wy hebben op huyden vyff* den van dese jegenwoirdige maent van Decembri 1599 gedaen dea particnlieren eedt aen de metropoliteyne Kerke van Sintefiomboat in dese onse Stadt van Mechelen in gewoonlycker manieren^ gelyck hier naer volght van woirde te woirde :
ff Nos Albertus et Mizabetk Clara Eugenia, Hispaniarum In/ans, Dei gratia archiduces Austriœ... Domini Frizia, Satinarum,et Meehliniœ cioitatum,oppidorum... Videlicet ego Archidux tanquam maritus, et legitimus tutor prœ/ata Sef^ In/antis, et ego Infans tanquam Prineeps proprietaria supranominatarum
238 FKEMIÈRB PÉRIODE.
Provineiarum , ut saiisfaciamuê atque exequamur ea qua 21 Auguêti anni 1598 per Nos et ex nostra parte promma et jurata fuere eingulis Ordinibus hujus Belgii Infenoris tune £ruxelliê existentibus et cançregatiê in majori auda no%ij% Palatii ibidem, juramus et promittimne vd iac eaerosaneta Evangelia quod semper erimus fidelee Eceleeùs nostra metropolUanœ Sancti Rumoldi, cœterisque Eccleeiis diêtrietus et diœcesif MecAliniensie , et observabimus fademueque observari jura , privilégia, statuta, consuetudines, poêsessiones et libertates dietarum Ecclesiarum. Ita noe Deus adjuvet, et omnee eaneti ejus." Il Waervan ons hebbende den Eerweerdichsten Yader m Gode Heer Matbys Van den Hove Eertzbisschop van Mechelen, mîtgaders den Deken ende Gappittel van de voirsz. metropo liteyne Eerke van Sinte Bombont versocht hen te willen verleenen ende doen geven acte^ hebben wy ben vergant^ende doen despecheren dese onse jegenwoirdige briefven by ons geteekend; ende is ai ^t zelffde geschiet in de voira. roetropoUteyne Kercke van Sinte-Bomboat tôt Mechelen voir den hoogen autaer^ den voirsz. vyffden dach van Decembri 1599, daer bj zynde ende assisterende den eerweerdichsten Vader in Gode den Biascbop van Tricario Nuncins Apostolyck, don Balthasar van Cnniga Ambassadeur van Spaignien, den Hertog van Animale, den Hertog van Croy, ende van Arschot, den Prinoe van Orangnien, den grave van Berge , end Marcgreve van Bergen- op-Zom, Stadtholder ende Gapiteyn gnral onses Landts ende furstendoms Gheire, ende graeffschaps Zntphen, hee; Jan Bichardot Bidder, heer van Barly, Hooft Président van onsen secreten Bade, ende van onsen Bade vau State, de béer van Bailleal, ende noch meer andere personnagien ende officieren. — Bich. V. Al^ekt — et Isabelle. Duer ordinancie van banne hoochbeden, Yerreycken. n
m. MATHIAS HOVIUS. — APPENDICE. 239
Note sur le CatéchUme de Maiinee,
Avant le milieu du 16» siècle^ ^autorité n'avait prescrit ancan formalaire commun pour l'instruction religieuse des enfants et du peuple. Ce n'est que par le décret donné à Bruxelles le 16 décembre 1557, que Philippe II, roi d'Espagne et souverain de nos provinces, prescrivit l'usage exclusif de Tabrégé de la doctrine chrétienne que le vénérable P. Canisius avait rédigé sur les ordres de Ferdinand, roi des Romains, dont il était le prédicateur. Cet excellent abrégé était connu sons le nom de CaUcAisme du roi Ferdinand (1). Nous en avons In une traduction flamande faite par le P. Nicolas Zegerus, frère-minear . du monastère de Boetendael, portant en titre : Catechismue ofi die Somme der CArietelijcier ondenoijsinçàefi... iwelei nu veriaelt synde in die nederlantsche eprake bevolen Mjordt uit ie gheven ende over al te leeren door H gebot des Can. Ma. van Spagnen,,* Ohedruckt tôt Lueven by Merten Ver^ hasêeltg 1558.
^Néanmoins, il ne parait pas que le décret royal de 1557 ait été généralement observé , puisqu'au commencement du 17^ siècle, on se servait, dans nos diocèses, de livres différents du Catéchisme du roi Ferdinand.
Cette diversité avait de graves inconvénients auxquels le troisième concile provincial de Malines, tenu en juin 1607, crut important de remédier. Nos évéques statuèrent, en conséquence, qu'à partir de la prochaine fête de Noël, tous les curés et les catéchistes de la province de Malines se serviraient, pour l'enseignement de la doctrine chrétienne, u du
(1) Voir Dierexsens, Antverpia Christo natcens et creicens, t. IT, pag. 166.170.
240 PSEMIÈKE PÉRIODE.
il petit livre qni sera, disaient-ils, prochainement mis an jour M par Tantorité da présent concile (1). u
Ce formalaire comman, qui devait devenir obligatoire, à la fin de la même année 1607, dans tons les diocèses de la province, était soit le catéchisme composé par le cardinal Bellar* min snr Tordre de Clément YIII et traduit en flamand (2), soit plutôt, ce semble, le catéchisme que le docteur Cuyckins, deuxième évéque de Auremonde, avait déjà préparé. Havensius {De ereeiione navorum in Belgio Ilpiseopatuum) atteste en effet que /' Cuyckius écrivit un excellent catéchisme par commission du concile provincial de Malines. » Quoi qu'il en soit, il est certain que ni le catéchisme de Bellarmin ni celai de Cuyckius n'avait paru à l'époque annoncée en 1607 par l'épiscopat belge.
En 1609 parut à Anvers, chez Joachim Trognesius, un abrégé de la doctrine chrétienne en 49 leçons, sous ce titre : Cat£CHISMUS dot ta de chriêieliicke leeringhen pAedeyU in neghen-en-veeriich Lessen voor de catholijcke Jonekheydt van de pravincie des ArleôiêcAdomê van MecAelen, acitervolghende éPordannancie van het Concilie Provincial ghehouden anno 1607. Nous n'avons pas eu à notre disposition l'édition de 1609. En revanche nous avons trouvé, dans la riche bibliothèque du séminaire de Malines, une édition de 1611 et une autre de 1614, renfermant chacune 64. pages in-18 et imprimées t* Hanitoerpefi hy Joachim Trognesius , op onser lieve vrouwe ierciào/, in H gulden Cruys, Ces deux éditions sont parfaite^ ment identiques en tout, sauf la date ; elles portent le privilège d'impression, aceordé à Trognesius par les archiducs Albert et Isabelle sous la date du 1^ octobre 1609, et une approbation ecclésiastique formulée en ces termes : u Wy " ondergeschreven hebben desen Catechismum wel doen door-
(1) 8gn. Bélg. I, 38.
(2) iS>/i.Ji?^. 1,261.
m. MATHIAS HOVIUS. — APFENDICB. 241
1» lesen, ende vinden den âelven goedt ende profijtich om « ghedruckt te worden^ ende aller der jonckheydt van de 0 Provincie des Ârtsbiscbdoms van Mechelen voor te hoaden^ a ende te doen leeren^ naar d'ordonnancie van het Concilie a Provinciael van Mechelen. — MatthiaSs Ârtsbischop van a Mechelen. "
Noas avons feuilleté en ontre nne édition publiée sous le même titre à Bruxelles by Jan Mommaerû, gkestooren Boeckirucker der prinselijcke atadt van Brussel, woonende in de SloelsûraeC, sans date.
Du reste^ il est certain que ce manuel avait été composé, à la demande de l'archevêque Hovius, par le P. Louis Makeblyde, natif de Poperinghue, prêtre de la Compagnie de Jésus et habitant alors la maison des Jésuites à Anvers. En 1610, le même religieux fît imprimer à Anvers, chez Joachim Trognesius, un catéchisme pour les maîtres, sous ce titre : Ben êckal der chrUtelicker Leeringhe tôt verklaringhe van den Caieekistnus uytgiegheven voor de catholijke Jonckheyt van de provinde des ArtihUchdoms van Mechelen. Boor Ludovieum Makebliidef priester der Societeit Jesu, in -18, pp. 381. Cet ouvrage est dédié par Vauteur à ^archevêque Hovius ; la dédicace est signée à Gand le 24 juillet 1610 (1).
Le P. Makeblyde partage la doctrine chrétienne en cinq chapitres ou parties : foi, espérance, charité, sacrements et juHiee chrétienne, division empruntée, de même que plusieurs définitions, au catéchisme de Canisius. Nous faisons suivre la série des leçons, avec la transcription exacte des intitulés :
tt lyeerste Lesse. Van den Mensch. — De Il« Lesse. Van 's menschen eynde, ende den christen mensche. — III. Van het teeken des christen mensche. — IV. Van het selve teeken. — V. Van het Gheloove, ende den reghel des Gheloofs. — VI. Van de heylighe Kercke. — VII. Van de ketters. —
(1) Dierxsens, Jniverpia, VII, 4-6.
Tin. Van de scbatten der beylighe Kerke. — IX, Van de Traditieù^ ende hulpe des heylighen GeesU. — X. Van de dinghen die men nooet gelooven. — XI. Van den Credo, enà^ van Godi. — XII. Van de H. Dryvuldichhejt, ende van Godt den Vader. — XIII. Van Godt den Sone. — XIV. Van hefc werk onzer verlossinghe. — XV. Van Godt den Heylighen Gheest. — XVI. Van de plaetsen der orverledene. — XVII. Van de Hope^ ende het Ghebedt des Heeren. — XVIU. Van de Engelsche groetenisse. — XIX. Van het morghen -Ghebedt. — XX. Van den dach deuchdelyk over te brengen, — XXI. Van het avendt-Ghebedt. — NXII. Van de Liefde. — XXIII. Van Godts Gheboden. — XXIV. Van de beelden der Heylighen. — XXV. Van de Eeliquien der Heylighen. — XXVI. Van het 1. 2. 3. ende 4. Ghebedt. — XXVII. Van het 5. 6. ende 7. Ghebodt. — XXVIII. Van het 8. 9. ende 10. Ghebodt. — XXIX, Van de Gheboden dsr H. Kercke, ende besonderlijck van het 1. ende 2. —