‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 11 sur 498 · AVANT-PROPOS. XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XIII

teur est un fervent adepte de l'illustre continuateur de Lamarck.

Le premier chapitre débute par une exposition magistrale des grands facteurs de l'univers, l'espace, le temps, la mathématique. Cette synthèse, aussi neuve que hardie, donnera le vertige a plus d'un lecteur, tant les hauteurs vers lesquelles elle nous entraîne paraissent inaccessibles et nous éloignent de nos habitudes classiques. Familiarisé avec les abstractions de l'analyse mathématique, l'auteur ahorde en algébriste le problème de la création, qu'il fait découler du temps et de l'espace fécondés par l'infini, sous la conduite des lois immuables de la géométrie et de la mécanique. On dirait la démonstration du vieil adage pythagoricien : Omnia reguntur numéro, pondère et mensura.

Toute transformation, dit-il, est mouvement et se présente comme une conséquence de la force vive qui anime les molécules de la matière. L'atome éthéré et le mouvement sont les manifestations éternelles du temps et de l'espace. Du choc de deux masses d'éther jaillit la nébuleuse. De celle dernière naît l'étoile; de l'étoile, la planète; de la planète, la vie. Ainsi s'engendrent par transformations successives tous les aspects de l'univers visible, depuis la nébuleuse jusqu'à la cellule organique et la pensée, « miroir sublime dans lequel la nature reflète ses magnificences ».

Après l'élude des astres incandescents, vient celle des astres éteints ou planètes. Ici, nous devons signaler une innovation heureuse qu'on ne saurait, croyons-nous, trop louer. D'ordinaire, les traités d'astronomie et de cosmographie se contentent de décrire, avec plus ou moins de détails, les globes de noire système, sans s'occuper des rapports qui les unissent. Se rappelant que les planètes, qu'on a si judicieusement appelées nos sœurs de l'espace, ont pour commune origine la nébuleuse solaire, d'Assier a soin de terminer la monographie de chacune d'elles par l'énumération des liens qui la rattachent à ses voisines; il complète ainsi l'étude de l'une par l'étude de l'autre. Pour ne citer qu'un exemple, pourrions-nous deviner les phénomènes dont la surface d'Uranus ou de Neptune est le siège, si nous ne les rapprochions de ceux que nous offre la météorologie terrestre, en tenant compte des différences de température, de volume, de vitesse

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