XIV AVANT-PROPOS
de rotation, etc? Un des chapitres les plus instructifs à ce sujet est celui du monde de Jupiter. Toutes les particularités que présente la colossale planète dans sa physionomie et son parcours, découlent, comme autant de corollaires, de son énorme masse et de la formidable quantité de mouvement qui l'anime. L'auteur arrive à cette conclusion assez inattendue, mais basée sur d'excellentes raisons, que Jupiter, protégé contre le refroidissement par son volume et une épaisse atmosphère, est moins une planète qu'une petite étoile arrivée au dernier terme de son extinction, et émettant encore une certaine lumière.
Le critique de la Justice, abordant ensuite les deux derniers chapitres consacrés au stade organique des corps célestes, ajoute qu'ils constituent un autre nouveau sujet d'étude pour lequel il croit devoir encore féliciter l'auteur. Ce n'est pas, il est vrai, la première fois qu'on agite la question de la pluralité des mondes, même depuis Huyghens et Fontenelle. M. Adolphe d'Assier entrant ici dans les obscurités des régions de la simple conjecture, l'écrivain de la Justice ajoute, avec des approbations que nous n'avons pas à sanctionner :
Se disant avec raison que le problème de la pluralité des mondes est, avant tout, une question d'histoire naturelle, il recherche les conditions que doit remplir un astre éteint pour devenir habitable, en se basant exclusivement sur ce qui s'est passé aux premiers âges géologiques du globe et sur ce qui a lieu, de nos jours, dans les laboratoires des physiologistes, où Ton obtient des infusoires par voie de génération spontanée. Il ressort de son analyse que tous les corps célestes sans exception offrent, à un moment donné de leur parcours, la température que réclament les êtres organisés et que la plupart possèdent, en outre, un liquide générateur et une atmosphère qui, il est vrai, n'est pas toujours respirable.