Jean-François-Lazare Maurel était originaire de Bélesta
3. .M. Maure! composa quelque autrepetit ouvrage m111' nous n'avons pu nous procurer.
4. On conserve, à Belesta, le souvenir de L'inépuisable charité de M. Maurel envers les pauvivs.
LE MALAISE SOCTAL. 123
S'il n'y avait pour chacun la mission de faire le bien dans le pays où la Providence divine l'a placé, nous regretterions que François Maurel, comme d'autres Ariégeois, n'ait point été transplanté dans la capitale de la France, parce que, sur un théâtre où tout ce qui s'élève est aperçu, les remarquables facultés du moraliste de Bélesta se seraient imposées d'elles-mêmes à l'appréciation, et par conséquent à la connaissance publique. Nous sommes sûr qu'il eût laissé une trace plus vive, plus profonde dans l'opinion contemporaine. Or, qui sait, dans le Nord, le nom de François Maurel ? Et cependant, s'il n'a pas l'élévation des grands moralistes qui ont illustré le commencement du dix-neuvième siècle, nous croyons que la critique juste et équitable lui aurait trouvé une place honorable parmi les moralistes philosophes qui ont une renommée dans notre temps. Avec les qualités qui s'annoncent dans Le malaise social, à quels sommets intellectuels le moraliste ariégeois ne serait-il point monté, si la littérature parisienne lui eût ouvert ses portes ? Mais le talent de ce travailleur fut enseveli au pied des montagnes de l'Ariège. Sujet de regret; car les grandes causes ont besoin de tous les travailleurs ; et si Dieu met dans nos carquois toutes sortes de flèches pour traverser les cœurs , un publiciste demande, à bon droit, si la flèche du talent
Lorsqu'en 1855, on fit la nouvelle inauguration de l'église du Vald' Amour, qu'un incendie avait en partie détruite en 1822, chacun contribua à la restauration du pieux édifice; le duc d'Angoulême envoya à Notre-Dame de Bélesta un don de 500 francs. On fondit, à Toulouse1, une nouvelle cloche qu'on baptisa du nom de Dauphine, à cause du don du Dauphin, et on lisait à la partie inférieure de la cloche, en lettres majuscules : Parrain, Jean-François- Lazare Maurel, de Bélesta, juge de paix de Lavelanet. Maurel donna aussi à Notre-Dame du Val-d' Amour un tableau représentant la Sainte-Vierge enlevée dans les cieux par quatre anges; tableau qui avait été peint par un artiste du terroir, Rouch, de Limoux.
12i I/ARIÊGE, IVe PARTIE (suite afin), CHAP. II.
ne pénètre pas encore, même après les plus perçantes, qui sont, dit-il, la prière et la charité.
IX. — Quarante ans après sa publication et bien que tout ait changé, en France, les hommes, les choses, les institutions, les philosophies, la politique, les mœurs, le langage, les préoccupations, les intérêts et les goûts, Le malaise social instruit, captive et fait penser. Dans la préface, Maurel demande que nous cessions de nous traîner à la remorque des « théories britanniques. » « Jusqu'à quand, dit-il, esclaves des conceptions d'autrui, différerons-nous notre émancipation intellectuelle ? » Hélas ! le prophète de Bélesta avait-il deviné que les esprits les plus libres de notre pays céderaient à un engouement outré pour le système de Darwin ?
Posant, dès les premiers chapitres, quelques faits qui deviennent des principes, notre moraliste distingue trois sociétés : 1° celle de l'homme pris en lui-même, ou société individuelle formée par l'assemblage de l'esprit et du corps ; 2° la société domestique, résultat de l'association de l'homme et de la femme ; 3° la société politicoreligieuse, ou universelle, produite par l'agrégation du sacerdoce et du pouvoir temporel; société mixte, ayant deux agents, la société civile et la société religieuse. Il y aura perturbation dans ces trois sociétés, toutes les fois que la hiérarchie ne sera pas observée entre les deux facteurs de chacune de ces trois sociétés, qui sont le spirituel et le matériel. On devine déjà que François Maurel n'aurait point partagé les idées mises à la mode, dans le dernier tiers de ce siècle, sur les rapports de l'Église et de l'État.
Suivent des considérations ingénieuses sur l'affectation spéciale et attributive des éléments sociaux, sur la constitution de l'homme, sur le lien hiérarchique qui doit réunir