‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 112 sur 498 · EXPOSÉ DU LIVRE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DU LIVRE

les éléments sociaux; d'où il résulte que, l'homme étant une société dont la hiérarchie se trouve fondée sur la prééminence de l'élément spirituel et raisonnable, il faut que le même ordre, sous peine de trouble, règne dans toute société plus étendue.

Après ces prémisses, le moraliste s'engage dans les chapitres suivants : Analogie constitutionnelle des trois sociétés ; mouvements sociaux déduits de l'organisation de l'homme ; classement des hommes et du siècle qui en est la conséquence ; classification du siècle actuel et de la révolution dans la société individuelle ; de la révolution dans la société domestique ; de la révolution dans la société politico-religieuse ; origine du mouvement révolutionnaire, ses causes, son état et son issue probable ; des résultats qu'entraînerait la victoire des sens ; origine de nos erreurs ; moyens et remèdes ; de l'éducation ; ce qu'elle fut; ce qu'elle est; ce qu'elle devrait être; etc., etc.; du droit et de la justice ; de la loi; des juges.

Sur ce thème, François Maurel a écrit de belles pages, des développements originaux, saisissants. Que de morceaux pittoresques, dans ce volume consacré à dépeindre le malaise social en France dès 1839, et à en indiquer le remède! Quelques notes nous paraîtraient aujourd'hui exagérées ; mais Maurel avait en lui le feu de l'apôtre ; on dirait un Ozanam, avec la véhémence qu'inspirent les roches abruptes et le soleil des vallées de Bélesta et de LavelaneL

S'il est vrai qu'à quarante ans de distance, les préoccupations et les nécessités logiques des esprits ne peuvent être les mêmes, si les livres dépourvus dès leur naissance de ce caractère d'universalité dans les idées qui s'imposent à toutes les générations , finissent par devenir indifférents au public, après un certain laps de temps, nous osons croire toutefois qu'on pourrait signaler dans ce manifeste

121» L'ARIEGE, IV0 PARTIE (suite et /in), CHAP. II.

sur le malaise social plusieurs passages qui ont vraiment du ton, comme dirait Sainte-Beuve, et conviennent à toutes les époques. Combien la dernière page de Y Avant-propos aurait aujourd'hui son opportunité ! Notre Ariégeois y exprime ses vœux : « Si d'un côté je les exprime (ces vœux) avec chaleur, parce que j'attache à leur accomplissement la paix et le bonheur du monde, la dignité de l'homme, son intelligence et les vertus qui doivent le distinguer du loup et du chacal ; si je ne garde pas toujours dans ma discussion le sang-froid de ceux qui ne voient dans l'aphélie et le périhélie de l'orbite révolutionnaire que république et monarchie, parce que, plus ou moins prévenu, plus ou moins clairvoyant, je vois ou crois entrevoir toute l'élévation de l'humanité ou toute la dégradation de la brute dans la ligne des apsides ; de l'autre, comme ces vœux sont le résultat de ma foi en l'indissolubilité du christianisme, en l'immortalité de l'esprit, en l'immutabilité de l'Église, je le répète,/ 'attends... »

Ne devons-nous pas tous attendre?

Le chapitre vi, Classification du siècle actuel et révolution dans la société individuelle , offre des réflexions bonnes à méditer en tout temps. Le moraliste ariégeois fait le procès à la prédominance du principe matériel dans les sociétés modernes ; il ne voit qu'une seule et même impulsion dans le mouvement sensuel, révolutionnaire, inconstitutionnel, antisocial; il trouve profondément défectueuse la manière dont on expliquait, dans la période de 1830 à 1840, les événements de 1790, 1814, 1830. On lira des aperçus ingénieux dans le chapitre vin, De la révolution dans la société politico-religieuse, où il est dit que pour le peuple, comme pour l'individu, la constitution est la loi mystérieuse qui réunit l'esprit à la matière, pour ne faire qu'un seul même corps. Sur-

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