AVANT-PROPOS. XV
Portant plus loin ses investigations, notre philosophe naturaliste se demande s'il existe des humanités supérieures qui aient inauguré l'ère de la science et fondé le règne de la justice. Ici ses conclusions sont sagement dubitatives, car le contrôle fait forcément défaut; le chercheur ne peut avoir pour guide, en l'espèce, que le calcul des probabilités.
Après quoi la Justice conclut que, selon elle, selon le critique du moins, le livre de M. d'Assier fera époque. En même temps que la Justice ,1e Progrès libéral de Toulouse par la plume si autorisée du docteur Félix Garrigou, faisait un exposé brillant des travaux du savant penseur de la Bastide.
Mais nous avons dit, nous-même, à peu près toutes ces choses de M. Adolphe d'Assier; nous lui avons attribué « la précision d'analyse d'un savant, la vigueur de conjecture d'un philosophe et la puissance de vision d'un poète. » Mais qui contestera que si, dans le goût des innovations, on trouve l'instinct du progrès, il y a aussi les témérités fatales? Or, c'est surtout dans les questions transcendantes de la philosophie naturelle, dans celles de la formation de l'univers, des évolutions successives des espèces animales dans l'échelle des êtres, depuis le protoplasma du fond des mers jusqu'aux vertébrés supérieurs, clans celle des origines de l'homme, que se rencontrent ces périls des témérités, du fantastique et de l'arbitraire. Nous avons, il est vrai, soulevé avec quelques savants, au sujet de la théorie de l'éther, des interrogations qui pouvaient n'être pas à l'unisson des doctrines épousées par M. d'Assier, mais qu'est-ce que cela prouve? M. d'Assier connaît,