Stendhal
150 L'ARIEGE, IVe PARTIE [suite et fin), CHAP. II.
site de tableaux, déplaçant constamment la perspective par la succession mobile des noms et des souvenirs, des critiques l'ont signalée ', mais elle est inhérente à ce genre de travail et n'en détruit point la portée salutaire. Du reste, cette question de l'uniformité dans la variété du récit est distincte de celle de l'alliance de l'érudition et de la piété. L'on n'en sent pas moins un esprit alerte, un narrateur fécond et primesautier dans celui qui nous conduit, guide très informé, à travers tous les sanctuaires de France dédiés à la Mère de Dieu. Comment ne pas remarquer cette flexibilité d'organisation intellectuelle qui permet à M. Martial Séré de s'appliquer à des sujets si divers, en gardant toujours son tour particulier d'esprit et de langage? Chacun aimera dans ses livres une débonnaireté communicative, une modestie attirante et un accent de piété ouverte, qui semble compter plus sur une dizaine de chapelet dite d'un cœur fervent que sur tous les étalages de la pensée . On ne peut donc que faire bon accueil à ce nouveau moraliste qui sait aider à guérir la disposition maladive de nos contemporains, la disposition au pessimisme. Ne doiton pas remercier aujourd'hui tout écrivain de morale qui travaille à la placidité intellectuelle?
Cette placidité du moraliste de Loubières se retrouve dans les velléités dernières, par lesquelles notre auteur s'essaye à la littérature patoise, à l'idiome des montagnes. Nous avons dit, dans un autre chapitre, les efforts tentés par M. Louis Garaud pour montrer les titres de noblesse de notre vieux patois, le patois languedocien de Pamiers. Tandis que le philologue de Pamiers a formulé les lois de transformation du latin populaire, et déterminé scientifiquement l'origine et l'histoire du patois de l'Ariège, l'écri-