ln-8°, par Louis il»1 Besson; Paris, Pion
•2. ln-12, par M. l'abbé Démange, directeur de l'école Saint-Léopold ; Nancy, 1883.
ÉDUCATION VIRILE. PATRIOTISME. 16î>
pour le livre sur V Éducation virile, l'auteur eût moins multiplié les paragraphes n'ayant souvent que deux, trois ou quatre lignes, ce qui donne trop, à un ouvrage de longue haleine, les airs d'un recueil de pensées détachées ou d'une série de versets, à l'instar des sentences orientales. Quoi qu'il en soit de ces réserves qui ne concernent que l'extérieur des choses, on ne peut que remercier le moraliste de qui émanent les lignes suivantes, si patriotiques et si creusées dans le vif :
Il est des heures fatales, dit M. Doumenjou, où le découragement grandit clans toutes les classes sociales et, en particulier, dans celles qui sont le point de mire, et qui devraient être le modèle des autres. 11 n'arrive que trop que les hommes, qui pourraient le mieux retenir la société penchée au bord des abîmes, perdent leur courage et leur virilité. On ne trouve, bien souvent, que faiblesse et inertie chez ceux qui, par leurs vertus, leurs travaux, leur fortune et leur condition sociale, seraient les plus aptes à nous relever.
Les uns, incapables de tout effort personnel, voudraient être sauvés par un homme de leur choix. Les autres attendent, dans le silence et l'inaction, l'intervention directe de la Providence; le plus grand nombre refusent de s'unir, les uns les autres se paralysent par leurs funestes divisions, et encouragent les cupides violencjs de ceux qui s'entendent si bien pour le mal.
C'est ainsi que, par leurs dégradantes faiblesses, les gens de bien deviennent les complices de leur propre ruine, et perdent toute influence sur les masses, fatalement livrées à la perversion.
Le plus souvent ils unissent par se retirer sous leur tente, en disant : Le combat est impossible; la lutte est inégale; je ne ferai plus rien que me défendre si on m'attaque; le reste à la garde de Dieu.
Triste égoïsme ! Désolante faiblesse! ! Déplorable aveuglement!!!
Non, mille fois non! la lutte et le succès ne sont pas impossibles; avec la foi, le courage et la patience, on peut encore réparer le passé, rassurer le présent et sauver l'avenir.
Dans toutes les grandes affaires de la vie, il faut se conduire suivant cette maxime, qu'un grand saint appelle la plus sûre des règles : « Mettez votre confiance en Dieu, comme si vous aviez tout à attendre de lui, et agissez toujours comme si vous n'aviez rien à attendre que de vous-même. »
Comme les Hébreux, au retour de la captivité, rebâtissaient leur temple en ouvriers et en soldats, la truelle dans une main et le glaive dans l'autre, nous devons rebâtir la gloire de la patrie, en édifiant, dans les nouvelles générations, des temples vivants de force physique et de vigueur morale.
L'éducation virile doit ranimer tous les courages, affermir le? âmes des jeunes hommes, pour raffermir l'âme de la patrie. Elle doit pousser énergiquement la jeunesse vers la voie rédemptrice du progrès et de la liberté, former les disciples ardents et dévoués du devoir religieux et patriotique, qui nous prépareront un meilleur avenir *.