‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 139 sur 498 · V Éducation virile, p. 248 et · texte numérisé non relu

V Éducation virile, p. 248 et

16C L'ARIEGE, IV0 PARTIE [mite el fin), CHAP. II.

On doit savoir gré à M. Doumenjou d'avoir joint sa voix à d'autres voix, et d'avoir montré que l'Ariège n'est pas indifférente à ce grand problème de l'éducation des générations nouvelles. C'est l'ambition de l'école moderne de cultiver l'esprit et de former l'homme. Mais le peut-elle et le pourra-l-elle jamais, si elle ne modifie pas ses tendances séparatistes, si elle ne tempère pas le caractère absorbant de l'enseignement secondaire spécial vis-à-vis de renseignement classique traditionnel? — Sans doute, il faut préparer les jeunes gens à la vie commune ; mais est-ce tout? Oui, les conditions de la vie moderne sont devenues plus difficiles; les nécessités de la vie pèsent d'un poids bien lourd; le besoin d'apprendre vite un métier, d'entrer vite dans une carrière, dans une profession pour gagner le pain du jour, constitue une nouveauté qui ne permet pas de languir. Mais M. Doumenjou demande qu'en élaguant du passé ce qui ne peut continuer à vivre, on prenne garde de toucher à ce qui est vital et impérissable. Assurément, il permettra de tempérer la culture classique en faisant, selon les nécessités, quelque brèche à l'unité de l'éducation intellectuelle. Mais sous prétexte de préparer plus immédiatement aux luttes industrielles et commerciales, qui sont le grand phénomène économique de notre temps, faut-il absolument briser le vieux moule où l'on coulait la jeunesse française?

Nous ne disconvenons pas que l'étude du grec et du latin, le culte du beau langage et de la haute philosophie, les « humanités, » comme on disait autrefois, n'assurent point infailliblement la moralité individuelle, ni le progrès social. Mais il ne paraît pas davantage que Justinien et Cujas commentés par l'Université laïque, ni que le code moderne éclairci par la morale scientifique, l'économie politique et la politique puissent suffire de leur cAté, avec quelques

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