TRAVAIL SUR L'APOCALYPSE
cité des interprètes en bien des sens1. Ne nous a-t-on pas dit que « toutes les fois que la scène du monde était ébranlée par de grandes commotions, toutes les fois surtout que la persécution sévissait, l'Apocalypse retrouvait son prestige? Chaque siècle croyait s'y reconnaître, et les âmes ardentes y lisaient ce qu'elles espéraient 2. »
XXI. — L'ouvrage savant de M. l'abbé Lafont de Sentenac est frappant à deux titres: J° par l'exemple, par l'énergie de labeur intellectuel dont le solitaire de la Bastide a fait preuve ; 2° par la valeur intrinsèque des idées et des perspectives qu'il a ouvertes sur une partie du monument biblique, la plus difficile à pénétrer 3.
Ce sont d'abord la hardiesse et la ténacité de bénédictin qui plaisent dans l'exégète ariégeois.
Plusieurs des docteurs de l'Église dirigèrent leurs méditations sur l'Apocalypse et sur ses prophéties, depuis saint Augustin, depuis le vénérable Bède, depuis André de Césarée jusqu'à Bossuet, La Chétardie, dom Calmet, le B. Holzhauser et de Bovet. Tous se sont bornés à des essais d'interprétation timide, en reconnaissant l'impossibilité
1. A côté de l'école de Tubingue, on a lu les Scholten, les Renan, les A. Réville, etc., parmi les exégètes rationalistes.