‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 15 sur 498 · AVANT PROPOS. \VU · texte numérisé non relu

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une seule astronomie, et que, pour cela, on préfère les mathématiques et l'astronomie au catéchisme; il semble que, conviction à part, on devrait chevaleresquement descendre dans l'arène pour barrer le passage à quiconque fait de la science un instrument de parti et de haine. (Voir la solide étude de M. À. de Lapparent sur la certitude dans les sciences, parue dans les Annales de philosophie chrétienne; 1886.)

On a dit que dans l'article que nous avons consacré à Bayle, on avait été frappé de la haute impartialité qui régnait dans notre travail. Bayle ne partageait pas nos croyances ; néanmoins nous lui avons rendu pleine et entière justice. Il n'en a pas été de même, ajoutet-on, pour M. A. d'Assier, libre penseur. Il est pour nous l'ennemi, l'incrédule, le maudit. Aussi n'avonsnous pas été — pure hypothèse — équitable pour ses essais scientifiques. Si quelque esprit prévenu a pu se représenter l'état des choses sous un pareil jour, nous nous hâtons d'affirmer qu'il s'est trompé absolument; car il suffit de se reporter aux pages consacrées par nous à M. d'Assier, pour constater notre haute considération pour ses talents. Quant au rapprochement qu'on a fait de notre manière d'écrire sur Bayle et de notre manière envers M. d'Assier, toutes choses égales d'ailleurs, nous devons faire remarquer que nous sommes tenu à plus de sévérité pour un vivant que pour un mort, dans le cas où l'un et l'autre

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nous sembleraient enseigner des doctrines erronées et pernicieuses, antiphilosophiques et antisociales. Pourquoi? pour la raison très simple que la mauvaise influence d'un mort finit par s'affaiblir à la longue, tandis que la pression d'un vivant, si elle émane d'un esprit aventureux, allant trop de l'avant, exerce actuellement ses ravages avec toute la vivacité d'une force à son début, sans qu'on puisse prévoir où elle s'arrêtera.

Alphonse Daudet semble indiquer quelque parties conditions de l'impartialité moderne, qui seraient, selon lui, d'être « un indépendant », de « n'être d'aucune paroisse ». Mais ces formules sonores en théorie n'aboutissent pas pratiquement à une situation logique. Pas de système, dit-on, pas d'école, ni surtout de critérium trop inflexible. M. Daudet, en poète, nous cite l'ingénieux outillage des marins qui font tout flotter sur leurs navires, les feux dans les suspensions, les cristaux dans les encoches des tablettes et même la boussole au milieu du pont, sous les étoiles. « Ainsi, dit-il, doivent aller nos jugements sur les hommes, l'art, la vie. Toute stabilité est impossible, toute inflexibilité absurde et dangereuse à bord de notre grand bateau qui roule et qui tangue éternellement, en route vers l'inconnu. » — Soit ! mais un libre penseur n'est-ii d'aucune paroisse? N'en fait-il pas une à son tour? Est-ce que M. d'Assier, qui aborde les origines de notre monde, la formalion de la terre, les origines de la vie d'après les récentes découvertes de la chimie organique, la question de la vie sur les planètes, les phénomènes

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