LE CHEVALIER DE ROUSSILLOU
la littérature, nous voulons dire Emile Souvestre. Soulié s'est trop complu dans la peinture de quelques passions que l'on doit réprouver; il y a dans ses écrits trop de tableaux qui donnent, avec le plaisir qu'on aurait à lire.; le trouble et le remords. Qui dira que les œuvres de Frédéric Soulié ont assez de moralité pour en faire le fondement d'une bibliothèque de famille?
Il convient de reconnaître que Frédéric Soulié valait encore mieux comme homme que comme écrivain : la portion de sa correspondance avec Jules Janin ' et d'autres personnages , témoigne que le poète de Mirepoix était heureux de faire du bien et de s'employer pour les autres.
Maintenant, qu'en est-il depuis Frédéric Soulié? Pouvons-nous dire que nous aurons encore, en Àriège, de ces écrivains de romans et de drames, qui deviendront « des remueurs de foules » ? Assurément, « un colossal amuseur » comme F. Soulié, comme Alexandre Dumas, n'est pas ce qui se rencontre chaque jour. Mais ne pourra-t-on toucher au roman avec des prétentions plus modestes ?
VI. — Dès 1822, FAriège comptait un romancier dans la littérature moderne, M. le chevalier de Roussillou, viguier français d'Andorre, qui écrivit un roman sans le savoir. Ce roman se trouve inséré, comme épisode accidentel, dans le travail historique sur l'Andorre qui parut en 18232. En voici le fond :
Une affection était née entre deux jeunes Andorrans3,
1. Les lettres de F. Soulié à Jules Janin, que je possède, ont constam ment pour objet quelque bonne œuvre. Je citerai uniquement une lettre du 10 octobre 18J0, dans laquelle Soulié intercédait pour une dame Lambert, de Strasbourg, auteur d'un livre d'éducation.