‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 168 sur 498 · FIN DU ROMAN DE M. ANDRÉ ARTAUT · texte numérisé non relu

FIN DU ROMAN DE M. ANDRÉ ARTAUT

entre 1rs mains de la justice. Mademoiselle Landry, qui ne connaît ni Dieu, ni bien, ni mal, ni conscience, qui ne voit dans la vie que ses jouissances, et dans la morale que le code, sentant crouler tous ses projets et son infamie se découvrir, se résout, selon son langage, à se réfugier dans le néant et entend y entraîner son amant. À la suite d'une orgie en tête-à-tête, elle se couche dans un cercueil entouré de réchauds allumés et force Hector à partager son sort.

Revenue à Paris après la catastrophe, Geneviève assiste à la ruine de sa maison, heureuse de sauver du moins, par le sacrifice de sa fortune et le dévouement généreux de la baronne, l'honneur de son nom et celui de son fils. Le château de Constansac est vendu, les créanciers désintéressés, et, après avoir réuni les épaves de leur fortune, les deux femmes et l'enfant se retirent dans un coin éloigné de Paris, où le travail de Geneviève les fait vivre tous les trois.

Soeur Marie, qui n'a pas oublié M. Maugard, et qui voudrait assurer l'avenir de son amie, tente un rapprochement ; mais Geneviève, respectant une fois encore les volontés de sa grand'mère dont elle ne veut pas troubler les dernières années, s'y refuse. La vieille baronne s'affaiblit graduellement et va mourir. M. Maugard, appelé par sœur Marie, assiste à ses derniers moments, dans l'espoir qu'à cette heure suprême la vieille dame, désabusée, accueillera le protecteur que la Providence ménage à son enfant. Mais la baronne ne Fa pas reconnu, elle n'a rien dit; Dieu ne l'a pas voulu. Geneviève confie son fils à Pierre Maugard pour qu'il lui serve de père et fasse de lui un homme, et suit sœur Marie au couvent.

XYI. — Tel est ce petit roman où perce, comme nous l'avons dit, avec quelque inexpérience de pensée et quelques

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négligences de style S le reflet des croyances incertaines et mal définies de notre époque. A part ces légères imperfections, inséparables d'un début, c'est une œuvre honnête, animée d'un sentiment poétique, qui deviendra de plus en plus correcte dans son expression; esquisse, hélas! trop vraie de si nombreuses vies gaspillées sur les pavés de Paris, abîmées dans ce gouffre qui dévore tôt ou tard ceux qu'un, âme ferme, et des convictions fortes ne réussissent pas à dérober à son infernale attraction .Mais, quant au roman luimême, ne sommes-nous pas en droit de prédire à ce premier essai, quand il verra le jour, un bon accueil du public? Que l'auteur continue de suivre sa marche, qu'il creuse ses sujets, qu'il étudie ses caractères, affermisse sa pensée, épure son style, et nous compterons un romancier de plus.

Sans doute, si le roman élaboré dans les montagnes du Couserans, le Cahier de Geneviève, avait été livré à la publicité, — la Revue des Deux-Mondes lui aurait probablement'fait une place — la critique réclamerait le docile assujettissement à certaines routines du métier. Mais à ceux qui n'auraient trouvé le sujet du roman ni assez original, ni assez neuf, nous aurions fait observer l'esprit général de l'œuvre, franchement et loyalement accentuée, que beaucoup même regarderaient comme trop religieuse et trop républicaine pour être présentée avec chance de succès aux lecteurs de certains journaux et revues. En d'autres termes, nous aurions signalé le Cahier de Geneviève comme un bel acte de courage, avec le droit de dire que son auteur est un tempérament. C'est que le roman est, de toutes les formes de la

1 Evidemment, si Ton voulait éplucher, en puriste, chacune -les trois loques parties du roman, on y relèverail certain nombre de tours et de locutions non usitées, propres uniquement au. idiomes méridionaux. On v di1 paT exemple : « tel que je le connais de toujours » pour « tel que je L'ai connu toujours, . etc.. etc. - On y .lit : « Esl ce que mes lunettes ont la berlue? » Etc., etc.

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