X* AVANT-PROPOS
et nos rivières, qu'Ariège vienne d'Aurigera, Foix de Fuxum, etc. Bayle, et après lui M. Adolphe Garrigou, ont démontré qu'Aurigera ne se rencontre dans aucune charte du moyen âge, et que ce mot n'a été mis en circulation qu'au seizième siècle, dans une histoire des comtes de Foix. M. d'Assier est descendu à son tour dans l'arène, et généralisant la question, il essaye d'établir que les noms de nos rivières sont celtiques. Il reviendra, croyons-nous, sur ce sujet lorsqu'il aura terminé son livre la Terre. Les Romains n'ont jamais envoyé des instituteurs à Ercé, à Aulus, à Ustou, et leur domination toute superficielle — c'est M. d'Assier qui parle — n'a pu opérer le prodige de changer la langue d'une population qui, depuis quatorze siècles, résiste aux étreintes de la centralisation française la plus formidable qui fût jamais. Ce n'est pas dans les Pyrénées qu'étaient cantonnées les légions romaines, mais sur les bords du Rhin. On continua à parler allemand après leur départ comme avant leur arrivée, tant leur passage laissa peu de traces au point de vue de la linguistique. Du reste, les légionnaires ne pouvaient enseigner le latin, les neuf dixièmes n'ayant jamais mis le pied dans le Latiuro Ceux du Latium même ne parlaient que la linyua rusticu.
Ainsi procède M. d'Assier, se dégageant facilement des opinions reçues, fécond en aperçus nouveaux, intelligence chercheuse et divinatrice, fièrement affirmatif, et dont plusieurs étrangers ont proclamé, comme nous, la haute envergure de philosophe. Plusieurs membres de l'Institut lui ont adressé les lettres